03.10.2025
Live Report de Cidàlia Païs
Une Étoile Montante du Metal Mélodique
Originaires des îles Féroé, ce groupe a su captiver l’audience en bousculant les conventions de la scène metal parisienne. Loin d’être un simple groupe d’ouverture, Iotunn se présente comme une étoile montante promettant de laisser une empreinte indélébile dans le milieu du death mélodique et progressif.
Une Musicalité Élaborée et Ambitieuse
Ce soir-là, Iotunn a offert une parenthèse musicale intrigante avec seulement trois morceaux, mais chaque note démontrait leur capacité à tisser des morceaux complexes et engageants. Leur son combine des mélodies riches et des progressions dynamiques avec un fond solide de death mélodique scandinave. Les transitions fluides entre des rythmiques massives et des envolées plus progressives ont permis de créer une atmosphère envoûtante, captivant un public curieux et attentif.
Le manque de Jón Aldará, leur chanteur charismatique, a été un léger frein dans leur présentation. Pourtant, Morten Bering Bryld a brillamment pris le relais, offrant des performances vocales qui, bien que différentes, ont su préserver l’essence des compositions originales. Sa capacité à porter les compositions avec une solennité touchante a fait de lui un atout précieux pour le groupe.
Captivation et Émotion sur Scène
Chaque membre de la formation a fait preuve d’un engagement indéniable. Les cinq musiciens ont fait preuve d’une synchronisation parfaite, leur prestation étant accompagnée d’un éclairage d’ambiance qui ajoutait à l’expérience immersive. « The Tower Of Cosmic Nihility » a particulièrement été un point fort du set, où les guitares puissantes et les riffs élancés s’entremêlaient parfaitement tandis que les cheveux bouclés des membres du groupe tourbillonnaient avec passion.
Un Avenir Prometteur
Bien que Iotunn n’ait pu offrir qu’un aperçu limité de leur potentiel en raison de leur courte setlist, chaque morceau a été interprété avec une authenticité et une émotion admirables. La qualité de leur performance live atteste de leur capacité à transcender le studio, promettant une aventure sonore à l’avenir. Leur intégration dans la scène metal contemporaine s’annonce prometteuse, et les fans espèrent que ces talents émergents auront l’opportunité de s’affirmer sur une tournée en tête d’affiche dans un futur proche.
Il est indéniable qu’Iotunn a marqué les esprits cette soirée, laissant entrevoir à quel point ils pourraient devenir une référence dans le metal mélodique. Leur aptitude à fusionner composants techniques et émotions brutes constitue une base solide pour un avenir radieux dans le monde de la musique metal. La communauté des fans de metal attend avec impatience de revoir ce groupe prometteur sur scène. Bravo à Iotunn, et merci pour ce moment de découverte audacieuse au Bataclan!
Setlist :
– Mistland
– Kinship Elegiac
– The Tower of Cosmic Nihility
Un Voyage à Travers l’Évolution du Folk Metal
Equilibrium s’est produit au Bataclan, mêlant musique et art visuel dans une mise en scène chatoyante qui aurait pu inspirer un magazine de décoration. Les cloisons marron faisant office de fond, accompagnées d’accessoires ethniques et de percussions, ont mis en place une ambiance visuelle intrigante. Mais cette esthétique visuelle, séduisante au premier abord, cache une performance qui se situe à la croisée de l’énergie et des controverses.
Une Ouverture Énergique
La soirée a débuté fort avec « Born To Be Epic », un morceau qui promettait une expérience à la fois explosive et festive. Fabian Getto, le frontman du groupe, a su insuffler une énergie palpable sur scène. Son style vocal moderne, agrémenté d’influences metalcore, a apporté un nouveau souffle à l’interprétation de cette pièce emblématique. Cependant, la popularité de ce titre a divisé les avis, certains le critiquant pour sa légèreté et son caractère kitch, tandis que d’autres y trouvaient une part d’authenticité.
Un Enthousiasme Débordant
Des titres comme « Renegades » ont engendré une réaction aussi vive que leur classique « Blut im Auge », fédérant la foule créant une énergie bien palpable. Une belle atmosphère.
Equilibrium a tenté d’atteindre un nouvel équilibre entre ses anciens succès épiques et les sonorités plus récentes, parfois controversées. Alors que le public a pu apprécier leur dernier single « Bloodwood », beaucoup attendaient également des classiques plus en phase avec leur histoire. Une nouvelle composition, « Nexus », a été proposée, mais certains ont déploré qu’elle n’ait pas été suffisamment puissante pour clôturer le set avec l’impact escompté.
Une Performance Hétéroclite
La diversité musicale d’Equilibrium leur a souvent permis d’explorer des territoires variés, et ce soir, le fuselage entre le folk metal et les influences modernes est apparu comme une énigme. Certaines guitares leads ont révélé un potentiel plaisant, les riffs massifs contribuant à la puissance brute de leur set.
En somme, le concert d’Equilibrium au Bataclan a été une expérience contrastée. Si la performance a été marquée par des moments d’énergie contagieuse, le chemin parcouru par le groupe à travers les styles musicaux a suscité des sentiments mitigés parmi les fans, cela ne privant nullement l’énergie dégagée tout le long.
Avec des éléments de leur histoire musicale et une touche de modernité, ils restent un groupe qui mérite d’être suivi de près. En espérant qu’ils trouveront un juste équilibre à l’avenir, pour ravir un public qui ne demande qu’à être conquis. Ce soir, Equilibrium a montré que, dans le métal, tout évolue, mais certaines luttes pour l’identité artistique demeurent.
Setlist :
– Born to be Epic
– Renegades – A Lost Generation
– Bloodwood
– Blut im Auge
– Cerulean Skies
– Shelter
– Nexus
Une Performance qui Éveille les Sens
Dès son arrivée sur scène, Soen a instantanément captivé le public avec son ambiance profonde et émotive. Les drapeaux noirs ornant la batterie ajoutaient non seulement une dimension visuelle saisissante, mais évoquaient aussi le thème de leur performance. En prime, le poème de Dylan Thomas, « Do Not Go Gentle Into That Good Night », a résonné dans la salle, posant d’emblée une atmosphère de gravité et de réflexion.
Un Public Engagé et Passionné
Sous les lumières, le groupe suédois s’est mis en avant tout en se connectant avec une foule avide d’émotions. Joel Ekelöf, le chanteur, a oscillé entre élégance et passion brute, tandis que son guitariste, Cody Lee Ford, apportait sa touche de dynamisme avec un sourire constant. La connexion avec le public était palpable, surtout lors des interprétations puissantes de morceaux comme « Antagonist » et « Unbreakable », où les fans chantaient en chœur, créant une communion sonore.
Une Expérience Captivante et Riche en Détails
La mise en scène de Soen, surréaliste à certains moments, a su capturer l’attention. Avec des motifs visuels évoquant une noirceur oppressante, notamment lors de la transition vers « Memorial », le groupe a su se démarquer par une exécution précise et émotive. Martin Lopez, avec ses compétences de batteur hors pair, a fourni une base solide sur laquelle les autres musiciens ont brillamment construit leur son.
Les titres tels que « Modesty », « Martyrs », et le sublime « Lotus » ont révélé un éventail d’émotions. Ekelöf, bien que parfois reliant son regard au prompteur, a su transmettre une passion authentique qui engloutissait la salle. Les moments intenses sur scène, surtout lors de « Violence », ont laissé les spectateurs sur leur faim, espérant un rappel qui ne viendra malheureusement pas.
Alors que le groupe a proposé un répertoire solide de huit titres, la surprenante absence de « Deceiver », un morceau acclamé, a été notée. La sélection proposée, mettant en avant plusieurs morceaux récents comme « Sincere » et « Memorial », a ravi les esprits ouverts, mais a aussi pu désorienter quelque peu les fans de metal plus traditionnel, habitués à des tempos plus rapides.
Un Son Parfaitible, Mais des Musiciens Dévoués
Le son, souvent sujet à caution dans le Bataclan, a parfois manqué de mordant, rendant certaines nuances difficiles à saisir.
Je tenais à souligner le présence du nouveau bassiste, Oleksii Kobel, dont l’énergie qu’il dégage en live était appréciée. Toutefois, la performance de Soen a transcendé comme à leur habitude, prouvant qu’ils avaient toujours ce « petit truc en plus » qui les distingue sur la scène métal.
Un Instant de Grâce dans le Métal Progressif
Soen a réussi à offrir une performance touchante et mémorable, confirmant leur place parmi les géants du metal progressif. Leur capacité à mêler des riffs puissants à des émotions profondes a transporté le public dans un univers musical riche et complexe. La soirée, bien que parfois marquée par des choix de setlist discutables et des résultats sonores inégaux, a fortifié l’idée que Soen continuera à briller sur la scène du metal mondial. Une chose est certaine : rendez-vous est pris pour les prochaines aventures scéniques de ce groupe exceptionnel !
Setlist :
– Sincere
– Antagonist
– Martyrs
– Lascivious
– Unbreakable
– Memorial
– Lotus
– Violence
Une Nuit de Nostalgie et d’Énergie
Le Bataclan a vibré au son du death metal mélodique grâce à l’emblématique groupe Dark Tranquillity. Préparés à célébrer les anniversaires des albums légendaires The Gallery (30 ans) et Character (20 ans), les Suédois ont su conquérir le public d’une manière qui a dissipé tous les doutes concernant leur performance.
Le Retours des Légendes
Dès l’ouverture avec « Punish My Heaven », il était évident que le groupe n’avait rien perdu de sa fougue. Le guitariste Johan Reinholdz, intégré depuis 2020, a régalé l’audience avec des solos dignes des sommets de leur carrière. Son interaction constante avec le public a contribué à créer une atmosphère électrique, imposant le respect que le public a toujours pour ce groupe incontournable de la scène métal.
Une Sélection Musicale Éblouissante
La setlist, un savant mélange de classiques, promettait une véritable odyssée sonore. Les cinq morceaux dédiés à The Gallery, joués d’une traite, ont transporté les fans dans le passé avec une émotion palpable. « Edenspring », pleine d’énergie, a fait rugir la fosse, tandis que « Lethe », doux et mélancolique avec ses sonorités de piano, a donné un moment de répit avant de replonger le public dans l’intensité avec « The New Build ».
Le moment le plus fort a sans doute été la première interprétation live de « The Emptiness From Which I Fed », une véritable surprise pour les fans. L’accueil réservé à ce morceau était la preuve que même des titres moins connus peuvent créer un émoi incroyable.
Une Performance de Haut Vol avec des Émotions Partagées
L’énergie de Mikael Stanne, charismatique et énergique, était ressentie dans chaque note. Sa capacité à transmettre des émotions à travers sa voix, combinée à son interaction chaleureuse avec le public, a créé un véritable lien. Les morceaux comme « One Thought » et « My Negation » ont fait vibrer les cœurs, prouvant que les années n’ont en rien atténué la force de leur message.
Le son, bien que puissant, a été critiqué pour ses imperfections. Certaines nuances s’ perdaient, notamment avec un mix parfois chaotique, mais cela n’a pas empêché le groupe de briller par sa présence scénique.
Des Classiques Qui Font Tonic
La seconde partie du concert s’est orientée vers des titres emblématiques tels que « Not Nothing », « Unforgivable », « Misery’s Crown », et « Terminus (Where Death is Most Alive) ». Le public, en ébullition, a chanté chaque refrain, se délectant des classiques qui ont fait la renommée de Dark Tranquillity. La magie opérait, chaque spectateur étant transporté par le pouvoir évocateur des mots et des riffs.
Une Conclusion avec des Attentes Partagées
La soirée a été une démonstration redoutable du talent intemporel de Dark Tranquillity. Les fans sont repartis avec des souvenirs gravés dans leurs esprits. Cependant, une petite déception subsiste : l’absence de rappels, un hommage imparfait à la formidable énergie d’une nuit d’exception. Les espoirs sont grands pour de futures tournées, où peut-être des titres plus rares pourraient se glisser dans le setlist.
Le groupe a réussi avec brio à maintenir sa réputation légendaire, laissant les fans affamés d’encore plus.
Les murmures d’un futur proche laissent entrevoir que ce n’est qu’un au revoir, et une promesse d’un nouveau chapitre à écrire dans l’hymne du melodeath et de nouvelles dates de concerts en France l’année prochaine.
Je termine en laissant Un grand merci à Garmonbozia pour l’accréditation, au Bataclan pour cet accueil toujours aussi chaleureux et aux groupes pour cette soirée inoubliable !
Setlist :
– Punish My Heaven
– Edenspring
– Lethe
– The Emptiness From Which I Fed
– The Dividing Line
– The New Build
– One Thought
– Through Smudged Lenses
– My Negation
– Lost to Apathy
– Not Nothing
– Atoma
– Unforgivable
– Terminus (Where Death Is Most Alive)
– Misery’s Crown