Par Christophe Pinheiro
La ville de Brest, bien qu’éloignée d’à peu près tout, regorge de groupes de qualité. Le groupe que je vous propose de découvrir aujourd’hui s’appelle BLOWN. Inconnu pour certains, un peu moins par les « locaux », le groupe nous offre un nouvel EP « Beneath The Surface » comme pour rappeler qu’au-delà des groupes mainstream, il est toujours important d’apporter une écoute attentive à tout ce que proposent nos scènes locales. Car c’est bel et bien les pieds SUR terre que nos amis brestois se bougent pour faire vivre la musique que nous affectionnons tant.
Mon premier concert de BLOWN remonte à avril 2022 à la salle de spectacle La Carène à Brest. Le groupe ouvrait pour PHIL CAMPBELL AND THE BASTARD SONS. C’est posé à la terrasse d’un bar qui fait face à cette salle que j’ai eu l’occasion d’échanger avec Gildas COADOU (chant), Yves PERROT (guitare) et François MAHÉ (basse). Et qui plus est, sous un magnifique soleil. Qui a dit qu’il ne faisait jamais beau à Brest ?
Crédit photos : Seb COTTEL
Pourriez-vous vous présenter ?
Gildas : On s’appelle BLOWN, on vient de Brest, on s’est créé en 2018 et on fait du rock / metal alternatif, un peu fusion, je ne sais pas trop comment définir notre son.
Yves : Oui c’est ça c’est un peu un crossover avec des influences des nineties à nos débuts. On aime bien les guitares qui envoient du bois avec un chant rap, mais pas que ça. Il y a des passages plus mélodiques au niveau des refrains. L’idée c’est d’avoir quelque chose qui groove quand même pas mal.
François : Ce sont de multiples influences. Avec des références dans les nineties où on va puiser ce qui nous plait. On tente des choses sans avoir un style clairement affirmé. Même si on peut rentrer dans une fusion metal.
Gildas : Moi qui m’occupe de la communication, parfois on me demande quel est notre style. C’est difficile de définir le style. On a déjà mis hardcore, mais on n’est pas un groupe de hardcore non plus.
Yves : Il y a tellement de courants musicaux qui se mélangent dans notre style, qu’il est difficile de s’inscrire dans un genre.
Je n’aime pas trop rentrer dans une comparaison, mais dans votre musique j’entend parfois des sonorités à la RAGE AGAINST THE MACHINE, DOWNSET ou encore URBAN DANCE SQUAD. C’est vraiment lié à une époque, celle des années 90.
Yves : Je pense qu’effectivement le côté groovy vient un peu de là, de cette époque-là avec un son un peu plus musclé, un peu plus moderne. Effectivement il y a ces influences là mais avec un côté un peu plus punchy.
Gildas : C’est rigolo que tu dises ça, car lorsqu’on a commencé à jouer des reprises, il y avait des morceaux de RAGE AGAINST THE MACHINE, DOWNSET et URBAN DANCE SQUAD.
Yves : C’est parti de là, en effet, car Gildas avait un chant beaucoup plus porté sur le rap. Depuis, on essaie de varier, d’évoluer sur les parties de chant. Apporter un peu plus de mélodies sur les refrains tout en gardant ce côté groovy.
D’où vient l’idée du nom du groupe ? Quelle en est sa signification ?
Yves : On est à Brest et ça souffle. Donc, on s’est dit que souffler, ce n’est pas mal. On a une musique un peu énergique. Donc ça match plutôt bien.
Gildas : On voulait quelque chose d’assez court qui soit direct.
Votre démo “Paradox” est sortie en 2019 puis il y a eu l’épisode de la Covid qui est venu perturber tout le monde. Et puis vous êtes revenu encore plus fort en 2023 avec l’excellent EP “Scream from Depth”. Cet EP a reçu un très bon accueil.
Gildas : Oui, ça fait 2 ans et ce week-end, on a vendu les derniers vinyles de cet EP. On avait fait 150 vinyles et 400 CD et on a tout vendu sur le merch de nos différents concerts. et c’est vrai que dès le début on a eu des retours qui étaient plutôt bons parce qu’il y avait, je pense, une bonne marge de progression par rapport à la première maquette qu’on avait fait ici à la Carène. C’est surtout Yves qui va pouvoir en parler car c’est lui qui a pris en charge le son du groupe et qui a fait monter le level en plus des compositions. C’est surtout la qualité de d’enregistrement et de mix.
François : Et le son du live aussi. D’ailleurs on a tous soit nos pédales board ou du matériel de Yves. Il faut dire qu’il est dealer officiel du groupe. (rires)
Yves : Je me suis mis au son parce que ça m’a toujours intéressé. Mais je n’avais jamais franchi le pas. Et j’ai commencé en autodidacte. C’était aussi un bon prétexte d’avoir un groupe pour me lancer sur le sujet et puis de fil en aiguille c’est devenu de mon côté, un virus. Au fil des quelques années qu’on a passés ensemble, en parallèle du travail de l’instrument je me suis collé au son et ça continue. Pour le dernier EP, c’est pareil. On va essayer de faire évoluer le studio parce que maintenant j’ai un studio.
Gildas : Le High wave studio à Brest
Vous avez partagé l’affiche avec quelques pointures, je pense à MASS HYSTERIA ou encore PHIL CAMPBELL AND THE BASTARD SONS. Mais aussi de belles scènes comme le Kreiz Y Fest ou encore le week-end dernier au Draig Fest. Que retenez-vous de toutes ces expériences scéniques ?
François : Moi clairement le live c’est ce qui me plaît le plus. Et justement tous ces groupes là avec qui on a joué nous a mis de la pression pour aller se défoncer sur scène. À devenir meilleurs de live en live et je pense que ça nous ça nous fait progresser de partager des grosses affiches. J’ai l’impression que ça nous tire vers le haut. C’est un bonheur de partager des scènes avec des pointures comme ça. Comme avec des groupes locaux. On en connaît beaucoup maintenant et c’est top de partager des plateaux sur des festivals. On prend un pied fou.
Yves : C’est aussi un moyen de grandir en termes d’expérience. Au début, on ne savait pas trop comment gérer ça. On jouait dans des bars, on bricolait nous-mêmes. Et là, on passe à un autre niveau. Ça nous permet de nous rendre compte à la fois des aspects techniques, mais aussi de comment ça s’organise. Comment il faut être positionné pour que ça fonctionne. Ça nous permet évidemment de prendre confiance quand ça marche et de progresser au fil des concerts. D’être un peu plus à l’aise ensemble pour communiquer avec le public. Je pense que ce sont ces expériences-là qui font grandir
Vous avez également été sélectionné pour participer au “Road To Midem”. C’est une sorte de concrétisation pour tous les efforts et le travail fourni. Mais aussi de la reconnaissance ?
Gildas : C’est Gaël DURO du Kreiz Y Fest qui nous a inscrit et on le remercie beaucoup. Mais c’est tombé un peu comme ça, car on ne connaissait pas le truc. Limite si on ne se sentait pas légitime. Et on a été sélectionné, ça fait plaisir.
François : Après, il n’y avait pas d’attente ou de pression particulière. C’était une belle cerise sur le gâteau. Et quand on a vu les autres groupes on s’est dit qu’il y avait un super niveau.
Le 13 juin prochain va sortir votre nouvel EP “Beneath The Surface”. Dans quel état d’esprit êtes-vous à quelques jours de sa sortie ?
Yves : Le fait d’avoir réussi à terminer ce projet, c’est cool. Je pense qu’on a donné le meilleur qu’on pouvait à l’instant T. On se projette pour la suite. On est content que cet EP sorte avec des chansons qui changent un peu par rapport au précédent EP. Donc on est content de proposer ça, de montrer qu’on a une diversité de titres, même s’il reste dans la même soupe, on va dire.
Gildas : Impatient de montrer le bébé aux gens. Après, on verra comment il sera perçu. Mais c’est avec une certaine fierté parce qu’au début on était partagé dans le groupe, on voulait faire un album, et malheureusement, comme beaucoup de groupes aussi, nos emplois du temps professionnels respectifs font que c’est difficile de faire plus de 4, 5 titres. On est rapidement revenu à un EP. On s’est dit qu’il valait mieux faire 4 titres qu’on apprécie, sur lesquels on a passé, mine de rien, beaucoup de temps. On n’est pas très rapides dans la pré-production. On a voulu faire une bonne pré-prod avant, avec Yves. Réfléchir un peu avant, on a travaillé sur plein de sujets musicaux, dans l’histoire de cet EP, les textes, etc. En tout cas, ça a été plus travaillé que celui d’avant. Et ça demande du temps tout ça. Et au-delà de l’impatience de le sortir, nous sommes fiers de nous. On a travaillé sur un temps assez court parce qu’on a commencé ça au mois de novembre l’année dernière. Et l’idée c’est aussi ça, celle de sortir quelque chose pour avoir de l’actualité puisqu’on voit que ce qui marche le plus, c’est de proposer de l’actualité aux gens. Et comme disait Yves, c’est aussi de montrer des choses différentes. Il y a moins ce côté fusion, je pense. En tout cas, je suis impatient de voir comment les gens vont le percevoir.
Avec cet EP, vous proposez des expérimentations plus modernes avec un son plus massif, plus rentre dedans. Je ressens une véritable énergie dans cet EP. Visiblement, il y avait une volonté d’aller sur quelque chose de différent. Visiblement, c’est ce que vous vouliez ?
Yves : Oui, un peu sur les compositions. Puisqu’il y avait des idées, des arrangements qui venaient de tout le monde. Ça s’est fait un peu au fil de l’eau, c’est-à-dire qu’on a une banque de riffs, on se rassemble et on se met d’accord sur ce qu’on a envie de conserver. Et avec ça on essaie de faire les titres. Finalement on avait beaucoup de riffs et on a fait ces chansons. Après, au niveau du son, l’idée c’était de continuer à progresser aussi et à travailler en gardant le côté dynamique. Que ce soit bien produit, c’est important. Et qui se différencie, peut-être, un petit peu plus des productions très modernes qu’on peut voir aujourd’hui. Le côté dynamique, ça on voulait vraiment le conserver. Mais en même temps avec le punch et un peu de production moderne au niveau du son.
Quelque chose qui se rapproche un peu de l’aspect du live ?
Yves : Ouais, dans le son, exactement. C’est le groupe de rock qu’on enregistre.
François : Dans le groupe, il y a plusieurs influences qui contribuent à faire ça. Il y a des propositions qui ne sont pas les mêmes en fonction des uns et des autres. Je trouve ça intéressant. Il n’y a rien qui soit évident lorsqu’on compose. On va, parfois, avoir des propositions qui sont plus thrash, plus punk, plus rock ou des trucs plus planants. Et dans tout ça, il y a des choix à faire.Alors, c’est collégial, on prend le temps de choisir ensemble. Mais il y a déjà cette pluralité dans le style qui est évident. Je trouve ça intéressant quand on mélange les idées de chacun. Sur le son de la production je trouve ça important ce que dit Yves, ce côté organique. Là, je parle pour moi, ce qui sort aujourd’hui dans le métal moderne, le son ne me convient plus, c’est trop beaucoup trop homogène. C’est les mêmes plugins, c’est les mêmes façons de trier les batteries, c’est ultra bodybuildé. Tu perds la couleur naturelle des instruments avec ce côté froid et clinique. Et ce qu’a fait Yves sur la dernière production, c’est de garder la même puissance des riffs, la violence, la couleur et le côté vivant et organique.
Yves : C’est un peu dans le cahier des charges qu’on s’est donné. Et c’est vrai que de ce point de vue là on se rejoint au niveau du groupe. L’idée c’est un groupe de rock qui essaie de faire transparaître ça avec de vrais amplis, de la vraie batterie qui est un peu triée aussi (rires).
Gildas : Cette fusion, comme l’a dit François, vient des 2 personnes qui proposent les riffs, parce que forcément ça part souvent de riffs de guitares. Ça vient de François qui est bassiste mais qui est guitariste aussi et Yves qui est guitariste. Et donc c’est surtout les 2 qui proposent. Alors François a peut-être plus ce côté death, plus punk, plus métal on va dire. Et Yves qui a ce côté metal alternatif mais aussi rock alternatif et avec ce mélange des 2, on voit que des fois ça marche bien, des fois on ne garde que les riffs d’un pour un titre, que les riffs de l’autre pour un autre titre. On voit aussi qu’en mélangeant les 2, ça nous permet de garder cette cohérence, cette ligne directive qui est comme on l’a dit au début quelque chose de puissant et organique.
Ce disque est une autoproduction. J’imagine que le projet d’un EP représente beaucoup de travail pour vous. Au-delà de la musique, vous apportez votre pierre à l’édifice ?
Gildas : Oui carrément on apporte tous notre pierre à l’édifice puisque chacun gère un pôle où on est responsable. Il y a un responsable com, un responsable live pour gérer avec les organisateurs, un responsable marketing, un responsable gestion des répétitions à la Carène, et caetera. Donc on se partage le travail. Cette fois-ci, pour l’artwork, j’ai travaillé en autodidacte pur. Et j’avais un peu la pression parce que l’artiste dans le groupe c’est quand même François qui nous avait fait le dernier EP qui en plus de son métier de bassiste, est dessinateur et peintre. C’est lui qui nous avait fait l’artwork de “Scream From Depth ». J’ai des idées mais je ne sais pas faire. Du coup pour “Scream From Depth”, je lui ai dit : Tu me fais un truc avec un cri. Je lui ai dessiné un croquis dégueulasse et il m’a fait l’artwork qui a super bien marché. On a eu de très bons retours là-dessus. Et cette fois-ci, François étant un peu speed avec le travail, il ne pouvait pas le faire. Donc, j’ai dû m’y coller. Je ne sais combien de versions j’ai fait. Je voulais qu’on retrouve le logo qui définit le groupe avec les triangles qui forment le “W”. Je suis parti dans des délires avec des pyramides, à faire des maquettes en papier avec les enfants à la maison. Et puis au final, je suis venu à faire 2 triangles en 2D que j’ai collé sur une vieille coque qui est juste là à 50 mètres. C’est rigolo quand même le hasard. (Gildas pointe du doigt, une coque de bateau à une dizaine de mètres de nous.) On est sur le port de Brest avec des vieux gréements qui sont juste ici. Et là, il y a une vieille coque en bois qui est là depuis des années sur le port avec une espèce de bleu. Le bleu était une couleur qu’on définissait avec “Beneath The Surface”, donc, sous la surface, donc forcément étant de Brest en plus du ciel bleu qu’on a tous les jours… Il y a la mer donc forcément le bleu était était un des thèmes pour la profondeur des différents titres. Et donc en passant devant justement, car on répète à la Carène, tous les mercredis, j’ai vu cette vieille coque et je suis venu coller les 2 triangles en papier sur cette vieille coque. Et voilà. Bon, c’est une première, on verra, mais j’avais un peu la pression parce qu’il fallait arriver au niveau de François qui pour lui, c’est son métier.
François : Ce que dit Gildas montre ce qu’on disait tout à l’heure. Il y a de multiples compétences dans le groupe et chacun contribue avec son talent ou ses talents. Et Gildas, contrairement à ce qu’il dit, il sait très bien faire les choses. Il est talentueux. Comme Yves qui est extrêmement talentueux dans le son et la production. Chacun a son truc et apporte ça au groupe. Je pense que c’est une force. Et pour l’artwork, il a fait ça comme un pro.
Yves : Je pense qu’on s’est rendu compte qu’on avait la capacité à tout gérer de A à Z. Effectivement ça demande du boulot mais au final on est contents de le faire. Il y a aujourd’hui des super groupes comme LANDMVRKS par exemple, qui font tout quasiment eux-mêmes. On s’est rendu compte que c’était possible. C’était du boulot, mais c’est possible.
Vous avez fait appel à Thibault Chaumont pour le mastering. Il est connu pour son travail avec des groupes comme ULTRA VOMIT ou HORSKH. Comment êtes-vous venu à collaborer ensemble
Yves : En fait c’est avec Fred DUQUESNE que j’ai eu ce contact-là. Je l’ai contacté et on a eu de bons échanges. Nous sommes tous très contents de son travail. Mais aussi d’avoir un œil, une oreille extérieure une fois que les pistes sont mixées. Je trouve que c’est important d’avoir une petite touche finale avec une oreille extérieure. Et puis c’est quelqu’un qui a l’expérience, qui maîtrise son sujet.
Au niveau des paroles, Gildas, je retiens finalement, un message positif et plein d’espoir face à la noirceur des événements. Comment définis-tu le message de tes paroles ?
Gildas : C’est exactement ça, tu as défini en 10 secondes ce que je vais répéter en 3 minutes parce que je parle beaucoup. (rires) L’idée de l’enchaînement des 4 titres, c’est une descente et j’étais parti sur un principe puisque je suis ostéopathe dans la vie professionnelle. Et dans les manipulations d’ostéopathie, pour guérir les autres, il faut descendre pour avancer. Même nous, dans notre gestuelle, il faut descendre et lâcher dans la terre ou dans la mer. Donc il y a cette notion de descendre pour remonter. Comme par hasard si on ferme le truc ça fait un “V” , un triangle… Bref, je suis un peu obsédé par les triangles… (rires) en tout cas, l’idée c’était ça.
François : On l’appelle Pythagore
Gildas : On est tous un peu cartésien et scientifique dans le monde, c’est vrai. Mais en tout cas, l’idée c’est le meilleur reste à venir. Quoi qu’il se passe dans la vie, le meilleur reste à venir et l’idée sans faire un contre-pied au courant punk où ils disent “No Futur”, bien que j’adore le punk. L’idée c’était de faire un peu l’inverse de ça. Oui, il y a un futur et tout ce qu’on entend, tout ce qu’on voit, c’est tellement noir, même pour notre jeunesse, comme pour nous, car nous sommes tous parents, c’est quand même pas très gai tout ça. Donc l’idée c’est de garder à l’esprit que quoi qu’il se passe dans la vie, le meilleur est à venir.
J’ai vu ça dans votre bio, où vous dites que le meilleur est à venir. Vous n’êtes pas trop adepte du c’était mieux avant ?
François : Il y a une vision positive et optimiste quelque part dans notre projet. Surtout bien regarder ce qui va vers le futur. Dans l’univers du métal, il y a ce côté dark, pleins de groupes savent faire bien mieux que nous sur le sujet. Cultiver la graine de la noirceur. Et ça, ce n’est pas vraiment nous.
Yves : Je pense que c’est vraiment en live que ça se ressent. C’est le souci de faire passer un message positif, le faire véhiculer pour faire en sorte que les gens passent un bon moment. On pourrait dire que c’était mieux avant parce qu’il y a des inspirations de sons des années 90. Mais c’est juste un vecteur pour faire passer un message positif parce que c’est aussi dans dans ce son-là, du rock au sens large qu’on sent le plus à l’aise aussi pour faire passer notre message.
Gildas : C’est ça, mine de rien on a la même ligne directrice sans le vouloir. On voit tellement de groupes qui splittent parce que ça ne s’entend pas, ça n’a pas la même façon de penser. Nous, il n’y a jamais eu de tensions entre nous. En plus, nous sommes tous amis en dehors de la musique. On a la même façon de penser, de voir les choses et ça, ça aide, ça nous permet de ne faire qu’un.
François : Il y a aussi le côté ou la musique doit être fédératrice. Ça doit être une communion. La communion c’est la rencontre avec le public en live. La musique pour moi c’est un moment important pour fédérer. Quel que soit le propos ou le style de musique, tu t’en fous, c’est la même chose. Je ne comprends pas les limites entre classique, jazz, métal, on s’en branle. C’est un langage universel. Donc avec ça, tu peux parler à plein de monde.
Il y a des dates de concert à venir ?
Gildas : Le 14 juin, on joue au Garden Bier à Landerneau avec un autre groupe de ska punk qui s’appelle BUTTER BEANS. C’est un concert gratuit organisé par l’Asso Trisk’Hell de nos copains de TESKA. Ils nous ont proposé ça et à l’époque on ne savait pas qu’on sortirait l’EP le vendredi 13, ça porte bonheur. En principe on n’aura pas encore les vinyles, mais on aura tous les CD et donc on fera la sortie de l’EP le 14 juin à Landerneau. Ensuite on joue le 21 juin pour la Fête de la Musique à 21h à l’esplanade de bas de Siam à Brest. Donc s’il fait ce temps-là ça devrait être un bon spot aussi.
Yves : On n’a pas trop cherché de concert et finalement les concerts arrivent un peu comme ça. On nous sollicite pour des concerts, c’est plutôt bon signe. À l’automne on va essayer de se dégager du temps pour faire une nouvelle pré-prod. Parce que ça nous semble important de continuer à agrémenter et à progresser pour une meilleure expérience avec le public.
Gildas : Je fais ça avec mes amis pour faire des rencontres. On fait tellement de belles rencontres à chaque fois. Et on a rencontré le sixième membre de BLOWN, il y a un an et demi. Stephane, qui nous a permis de franchir un palier au son live. Stéphane s’entend très bien avec Yves. Il y a ce mélange entre Yves qui fait le son du groupe en studio et Stéphane qui nous a vraiment poussé le son en live. On s’est rendu compte qu’en envoyant des mails ou quoi que ce soit, pour des concerts, on n’a pas de réponse. Donc tous les concerts qu’on a, c’est que du bouche à oreille. On repartira à l’automne, plus forts, avec l’idée c’est de faire une pré-prod, une V2, début septembre.
Le mot de la fin est pour vous.
Yves : Venez nous voir dès que vous voyez BLOWN passer en live près de chez vous. On passera un bon moment.
François : Moi je vais piquer ta phrase culte, Gildas, c’est que le meilleur est à venir. J’ai envie d’être optimiste, de regarder ce qui va bien et ne pas m’enfermer dans la morosité. Il y a de la beauté dans le monde.
Gildas : Il m’a piqué ma phrase, donc là je suis un peu coincé. Déjà, remercier tous ceux qui nous suivent parce que c’est grâce aux gens qui viennent nous voir en live qu’on en est là. Et pour reprendre l’histoire de tout à l’heure, quand on a commencé ici, on n’aurait jamais pensé faire tout ce qu’on a fait. Il y a plein de groupes qui ont largement plus de talent que nous et qui n’ont pas fait tout ça. Mais si on l’a fait, c’est grâce aux gens qui nous écoutent, qui nous font confiance et qui nous poussent à y aller. Donc merci à tous les passionnés qui font vivre ça. Grâce à qui on peut vous faire écouter notre musique, notamment vous, Vecteur, notamment toi Christophe. Merci. Parce que c’est des gens qui sont bénévoles, qui ne comptent pas leur temps et qui sont passionnés qui font tout ça. Et sans eux, il n’y a pas de vecteur et sans vecteur le message n’est pas transmis.
Notre avis :
Avec ce nouvel EP, autoproduit, “Beneath The Surface”, le groupe brestois BLOWN passe au niveau supérieur. La production de Yves PERROT est soignée. Chaque instrument est mis en avant avec précision. En termes de contenu, les 4 titres qui composent cet EP dégagent une véritable énergie. Une énergie que le groupe partage avec beaucoup de générosité face à son public, sur scène. Nous retrouvons donc cette même énergie sur disque dorénavant, pour notre plus grand bonheur. Le titre éponyme de cet EP “Beneath The Surface” sonne comme une arme de destruction massive de pits. Avec un joli clin d’œil sur ce petit solo de guitare de très bon goût en fin de morceau. “Can I Give It All Away” saura vraisemblablement ravir les fans de la première heure du quintette brestois. Mes deux coups de cœur de cet EP iront vers les deux autres titres qui sont “Membrane” et “Roll The Dice”. Le premier pour son énergie sans faille du début à la fin. Le deuxième pour sa structure et ce rythme parfaitement taillé pour le headbanging. Aucun répit ne nous sera laissé par BLOWN qui nous offre cet EP et qui aura pour seul défaut d’être trop court. On en veut encore !
Bravo les gars.