Vecteur Magazine

INSTINCT ANIMAL

Par Christophe Pinheiro

Bark est un combo belge qui ne prend pas de gants pour faire passer un message. C’est direct, féroce, tel un chien qui vous prend à la gorge et ne vous lâche plus. Vient de sortir ‘The Time Has Come’, cinquième album du groupe. J’ai eu l’occasion d’échanger quelques mots avec Martin FURIA, guitariste et producteur du groupe.

Photos : Christophe Brysse

‘The Time Has Come’ sortira le 25 avril. Comment te sens-tu à l’approche de cette sortie ? 

Oh, je suis impatient. L’album reçoit de très bonnes critiques. L’accueil a été excellent. Certains magazines et sites web donnent déjà leur avis. Ils sont tous très sympas. On l’a envoyé avec nous en tournée, on a pu jouer le premier single. Il a été très bien accueilli. Donc, j’ai hâte que ce soit enfin disponible, que les gens puissent l’écouter en entier et pas seulement quelques chansons ici et là. Je pense que mercredi, dans deux jours, sortira le deuxième single. Donc je veux juste jouer ces nouveaux morceaux dont on est contents à un maximum de concerts. 

Et comment avez-vous travaillé sur le processus créatif de cet album ? 

On a procédé comme on l’a toujours fait. On a notre propre studio. Il change de lieu, de temps en temps. Mais tu sais, je suis producteur de disques. Donc, j’ai mon studio et j’y compose les morceaux. Je compose généralement quelques morceaux dans lesquels je pense que le groupe peut aller en termes de direction musicale. Ensuite, je commence à les faire écouter aux gars pour voir ce qu’ils en pensent. Et je continue jusqu’à avoir un bon nombre de morceaux, généralement quinze, vingt, et on commence à choisir. C’est essentiellement à partir de là qu’on commence à travailler ensemble. Les démos sonnent déjà bien, car elles ont déjà la qualité d’un album. Mais le métier est très rude, et j’essaie de m’en débarrasser très vite, car je crois en cette façon de s’inspirer. Si je revisite une chanson plusieurs fois, je commence à la perdre. Donc généralement, j’essaie de faire des chansons complètes. Le jour où je travaille sur une chanson, il faut qu’elle soit complète. Je peux modifier des choses ici et là, mais la plupart du temps, les 80 % doivent être prêts. Le seul problème avec cet album, c’est qu’on allait dans une direction qu’on a ensuite changée, car on était vraiment mid-tempo, très lents. On est allés ailleurs. C’était très sombre. Et c’est à ce moment-là qu’on s’est dit : « Oh, ça devient vraiment, vraiment, trop profond. » Et d’habitude, on a ce genre de chansons lentes, à tempo moyen. Mais 90 % de l’album était comme ça. On a donc recalculé un peu, mais la date de sortie approchait. Et comme j’avais dix jours de libre, je me suis pleinement concentré sur la création, pour équilibrer l’album de manière plus créative. C’était un grand moment. C’était comme un sprint final, et je crois que j’ai écrit cinq chansons. Et ce sont celles qu’on apprécie le plus, comme “Wanted Man” ou “Shaman”, toutes ces chansons sont arrivées un peu plus tard. Et j’avais le sentiment qu’elles étaient arrivées exactement au bon moment, dans ces derniers instants. Nous aimons faire des albums qui sont une sorte de voyage à écouter, mais qu’on aime écouter du début à la fin, comme les vieux albums. On est des vieux. On écoutait la musique différemment, pas avec des playlists ou quoi que ce soit du genre. On avait des cassettes, on en mettait une, on l’écoutait jusqu’au bout, puis on la retournait. Et voilà. C’est un peu notre façon de travailler avec les morceaux en vrac. On aime faire des albums, de vrais albums. Donc, c’était plus ou moins le processus. Mais ça a toujours été pareil. On a toujours cette série de chansons et on se dit : « OK, voilà l’album. » Et une fois terminé, il y en a toujours une autre qui arrive. Mais cette fois, c’était genre quatre ou cinq chansons de dernière minute. Mais c’était génial, tu sais ? Au fil du temps et des albums, on devient de meilleurs musiciens et on comprend mieux ce que le groupe représente, le message qu’on veut transmettre, et on espère aussi devenir de meilleurs auteurs-compositeurs. 

Avec Bark, on est habitués à être frappés de plein fouet par ces sons massifs. Cet album reste fidèle à ce principe. Aucun compromis. Est-ce le message du groupe ? 

Oui. Quand il s’agit de s’exprimer et d’écouter ce qu’on veut entendre dans les enceintes. Je ne termine pas l’album tant qu’il ne me plaît pas vraiment. Dans la façon dont on prend le groupe parce qu’on ne se prend pas super au sérieux, on aime faire la fête. Quand il s’agit d’écouter notre propre musique, on veut qu’elle soit d’une certaine manière, et on ne s’arrêtera pas avant d’y être. Là, on prend ça très au sérieux, parce qu’on aime être fans de notre groupe. On veut appuyer sur lecture et en être fiers. Car c’est une image qui dure pour toujours. Et c’est quelque chose dont je suis vraiment fier dans tous nos albums. J’aime vraiment tous nos albums. Je ne pourrais rien changer. Cela dit, je pense que celui-ci est notre meilleur album. Et c’est venu très facilement. Ce n’était pas un processus douloureux ou quoi que ce soit du genre. 

Tu es responsable de la production de cet album. Travailles-tu selon un cahier des charges établi par les autres membres du groupe ? Comment se déroule ta participation ? Tu te considères producteur ou musicien lorsque tu travailles sur la production d’un album de BARK ? 

C’est une bonne question. Je compose les chansons. Du moins, j’ai le squelette et le cœur de la chanson. Ça vient toujours à moi. Ensuite, je le montre au groupe et ils sont libres. On a une sorte de… comment dire… un contrat tacite qui dit qu’il n’y a aucune pitié. À ce moment-là, je m’en fous, tu sais, si je passe trop de temps à composer une chanson et qu’elle ne plaît pas aux membres, la chanson est finie. Ensuite, on commence à travailler un peu plus ensemble sur les chansons. Et au moment de l’enregistrement, je suis uniquement producteur. Je fais mes parties ici et là, mais je ne joue pas. Je n’aime pas trop jouer quand je porte cette casquette. Peut-être juste pour une partie spécifique, à cause de mon style de jeu. Tu sais, en Amérique du Sud, on joue différemment des groupes ou des musiciens européens, même si ça peut paraître bizarre. Mais c’est vraiment comme ça. Il y a certaines choses qui méritent qu’on les regarde, ce qui est plus facile pour moi. Ensuite, je prends la guitare, je le fais, et on passe à autre chose. Mais pour cet album, je n’ai pas beaucoup joué. J’ai juste composé les chansons. Mon rôle, était quand j’écrivais les chansons. Au moment de l’enregistrement, je ne voulais pas enregistrer de guitares. Je voulais me concentrer uniquement sur l’écoute, la production et le son de la plupart des guitares, ce que j’aime beaucoup faire. Je n’ai pas de problème avec ça, parce que les chansons… je n’ai pas l’impression qu’elles m’appartiennent moins. J’ai l’impression de pouvoir me concentrer davantage sur l’écoute, et les gars apprécient mon style de production. On est une super équipe. Chacun connaît sa place et sait ce qu’on fait de mieux. On pourrait dire qu’on n’a pas de politique dans les conneries qu’on peut faire. On n’a pas d’ego. On ne fait juste aucun compromis sur le résultat final. On veut vraiment aimer ça, et peu importe comment on y arrive. On veut juste y arriver. Je me souviens, sur d’autres albums, par exemple, Jorn, le bassiste, qui est un guitariste fantastique. Il a toujours une idée de solo. Je produis beaucoup de groupes où un seul guitariste est capable de jouer. Et l’autre guitariste, tu sais, est très têtu. Il montre qu’il a envie de jouer, de montrer qu’il est là. Genre, le mec est parfait. L’autre peut le faire en trente secondes, alors qu’il galère depuis une heure. Laisse-le faire, et passe à autre chose. Apprends à la maison. C’est de l’égo débile. Ça, ça n’arrive jamais dans notre groupe. Cette situation que je viens de décrire en studio ne m’arrive plus depuis des années. Mais c’est un exemple de situation récurrente en studio. Parfois, quelqu’un est coincé. Si je peux le jouer, je joue et on passe à autre chose. Ça marche vraiment bien avec nous. Je suis vraiment heureux que le groupe ait cette dynamique, c’est quelque chose que nous avons acquis très tôt, car nous sommes amis depuis longtemps. Nous nous comprenons sans même en parler, de comment les choses doivent se passer dans le groupe. C’est pourquoi je te dis que ce n’est ni écrit ni dit. Il y a des choses, bien sûr, sur lesquelles nous devons nous mettre d’accord. Surtout, sur ce qui concerne l’aspect commercial du groupe. Mais c’est toujours avec beaucoup de respect, et nous sommes des frères. La priorité est le bien commun, et nous ne pensons jamais comme des individus. Nous sommes une meute. Bark est une meute de chiens qui se rassemblent, toujours avec le même objectif. 

Un mot sur la pochette de cet album. J’adore les pochettes de tous vos albums. Elles sont pleines de couleurs, et on retrouve ce personnage récurrent dans chaque album avec ce crâne dans la gueule d’une tête de chien. Quelle est son histoire ? 

C’est comme notre Eddie pour IRON MAIDEN. Nous sommes très old school. On aime avoir nos animaux de compagnie. Comme avant, FLOTSAM & JETSAM avait Flotzilla, MEGADETH avait Vic Rattlehead. On voulait quelque chose comme ça. Et pour le premier album, je me souviens être allé voir un artiste argentin, Juan MACHADO. J’ai vu son art que j’ai trouvé génial. Et je me souviens m’être dit : “OK. C’est lui”, parce que BARK commençait à peine à percer. On venait de terminer notre album. Je lui ai dit que je voulais un dieu qui ressemble à un chien, un vrai dur à cuire. C’est un dieu qui règne. Il a tout le pouvoir, mais il n’est pas cool. Il est très sombre et très animal… Puis il m’a envoyé la pochette du premier album, ‘Voice of Dog’. J’étais bluffé. Mais on n’a plus réussi à le faire travailler pour nous. Il a continué à travailler pour de très grands noms. Il n’avait pas le temps. Je suis très heureux qu’il ait réussi à un tel niveau. Ensuite, on a choisi Mario LOPEZ, connu pour ses nombreux travaux avec des groupes de thrash metal. Il est originaire du Guatemala. Je trouve que c’est un grand artiste. Il a fait la pochette de ‘Like Humans Do’. Il y a une photo que j’ai vue une fois, prise par un photographe dont je ne me souviens plus du nom. C’est un photographe brésilien. Il est allé dans une mine de charbon ou de diamants. Il y avait des milliers de gens qui travaillaient. C’est très puissant comme photo. Et je voulais quelque chose comme ça, qui montre du travail d’esclave, avec un chien dans la pierre, comme le Mont Rushmore, tu sais, celui avec les présidents. Et avec ses gardes qui sont des chiens… C’était comme si les animaux prenaient vraiment le dessus, ils feraient exactement la même chose. Ils vont nous bouffer et nous faire travailler comme des esclaves, comme le font les humains. Et puis après ça, on a rencontré Alcides BURN, qui depuis le troisième album jusqu’à maintenant, est chargé de nos pochettes d’albums. Et j’adore son style. C’est très impressionnant, très coloré, et il obtient très vite ce qu’on veut. Généralement, c’est juste un coup de fil, il me demande d’envoyer les chansons et il s’en occupe. Et depuis il a fait ‘Written in Stone’, ‘Rambler of Aeons’ et celui-ci. Et pour celui-ci, le concept de tout l’album, c’est que le temps est venu, c’est le moment de prendre des décisions, de se ressaisir, sans se soucier des conséquences. Fais exactement ce que tu ressens. Débarrasse-toi de tes conneries et, feu. Tu tues tout, brûle le passé et fonce droit au but, pour ce qui est là pour toi, quoi que ce soit, tu le sais. Mais arrête de blâmer les autres pour tes propres conneries. Le moment est venu de prendre des décisions, de faire ce qu’il faut et de prendre sa vie en main. Et je pense que ce personnage sera toujours dans nos armures, parce que c’est pour ça qu’il est notre Eddie, pour se sortir de ce pétrin. Tu sais, on l’a déjà engagé dans tellement de situations, ce personnage. Donc qu’est-ce qu’on fait avec lui cette fois-ci ? On l’a déjà envoyé marcher dans l’éternité. On l’a mis à terre. On l’a gravé dans la pierre. Maintenant, il était temps de le brûler, mais il réussit toujours à tenir jusqu’au prochain album. Il ne mourra jamais. 

Un morceau qui a particulièrement retenu mon attention c’est “Lord of the Skies”. J’aime cette expérimentation avec ces parties synthétiques. Peux-tu me parler de ce morceau ? 

J’adore vraiment cette chanson. Elle est inspirée d’un célèbre morceau de musique andine. Le riff principal est à la guitare. Je pense que j’ai mis du sample quelque part pour le rendre un peu plus chaud. Tu sais, comme l’orgue Hammond. Mais la partie est purement instrumentale. Je voulais faire quelque chose venant de mes origines. Je suis très attaché à mon pays. J’ai essayé des pistes de Tango, mais ça ne marche pas vraiment avec l’écorce de notre musique. Je pensais à ce rythme de musique andine, qu’ils utilisent avec une sorte de grosse caisse avec une peau. Et j’ai toujours voulu faire quelque chose avec ce rythme. Et j’ai cherché… cherché, cherché et je suis tombé sur une chanson dont le rythme, le riff, est essentiellement tiré de là. J’ai juste utilisé le rythme que j’aime beaucoup parce qu’il commence de manière très mystérieuse. C’est pourquoi j’aime beaucoup cette chanson, c’est qu’elle a cette ambiance un peu mystérieuse et chamanique. Et puis ça devient très joyeux. Donc je ne pouvais pas suivre ce rythme joyeux. J’ai donc retravaillé la chanson. En Amérique latine, il y a cette sorte de figure mythique, le seigneur des cieux. Ce trafiquant de drogue que personne ne connaît et qui règne sur tout. Et j’ai toujours eu cette idée de relier ces deux idées. Et je l’ai rendue un peu plus ésotérique ou plus religieuse. Et je pense que c’est l’une de mes chansons préférées. J’adore vraiment cette chanson parce qu’elle est très différente. Sur notre précédent album, le morceau d’ouverture à ce genre de guitare que j’aime beaucoup. Je trouve ça cool, cette ambiance qui révèle l’identité du groupe. C’est quelque chose qu’on fait et que je n’entends pas souvent chez d’autres groupes. J’aime à croire que c’est notre originalité. Même si je m’en fiche complètement d’être original, c’est une lecture animale, disons. C’est primitif et le son donne matière à réflexion. Et je suis vraiment content que tu l’apprécies, parce que c’est un de mes morceaux préférés. 

Tu es connu pour ton implication dans le groupe DESTRUCTION, mais aussi pour ton travail de production avec d’autres groupes. Comment parviens-tu à concilier tout ça ? 

Je ne sais pas. Je travaille beaucoup. Mais je suis très passionné par ce que je fais. J’aime jouer et produire. J’aime être entouré de musiciens et j’aime enregistrer des disques. J’adore quand je termine un nouvel album auquel j’ai participé, je vois que les groupes apprécient ce que je fais et qu’ils en sont heureux. Je les vois décrocher des contrats, faire de superbes vidéos et grandir en tant que groupe. J’adore ça. Mais la gestion du temps est un problème. Ce n’est pas facile car j’ai aussi une famille. Je fais aussi beaucoup de concerts. J’aime beaucoup tourner. Mais maintenant, avec DESTRUCTION, c’est le groupe principal. Du coup, je ne peux pas faire autant de tournées avec un autre groupe. Du coup, je commence à travailler davantage en studio. J’aime m’impliquer dans tous les aspects de la musique. Et quand je peux être à la maison ou en Belgique, je travaille en studio. J’étais beaucoup sur les routes cette année. Mais en janvier, j’étais beaucoup en studio. J’enregistrais CYCLONE, le groupe de thrash metal belge qui revient. Ils ont un album très réussi. On travaille dessus en ce moment, d’ailleurs. Donc, je suis toujours occupé. C’est mon boulot. Il faut travailler dur pour continuer à faire tourner les choses. Et j’aime vraiment ce que je fais, même si c’est épuisant. Parfois, j’ai besoin de prendre quelques jours de repos. Mais ce n’est pas le moment. 

Dernièrement, j’ai écouté le nouvel album de CHEMICIDE que tu as produit.

Oui. J’ai produit les deux derniers albums de CHEMICIDE. Supers albums, super groupe. Je les adore. C’est un super exemple d’épanouissement personnel pour moi aussi. Parce que c’est un super groupe, ils m’ont contacté. On a travaillé à distance. Je ne pouvais pas aller au Costa Rica pour les produire, mais j’étais très impliqué dans le processus. Et ‘Common Sense’ a été un gros succès pour eux, ils ont beaucoup tourné en Europe. Ils ont eu beaucoup de retours positifs. Et puis ils ont signé chez Listenable Records, qui est aussi notre maison de disques. Donc je suis super content de voir ça, bien sûr, je ne dis pas que c’est grâce à moi. Mais je suis heureux de les aider à développer leur son. Et c’est quelque chose auquel je prête vraiment attention, à ce que les artistes me disent, à ce qu’ils essaient de dire, parce que chaque artiste est différent. Ils vous disent tout ce qui leur vient, des choses comme ça que vous devez vraiment comprendre. Donc je suis vraiment heureux quand mon travail est de réaliser leurs rêves. C’est essentiellement ça le travail. Je choisis vraiment les groupes avec lesquels je travaille. Je ne veux pas travailler avec des groupes que je n’aime pas. Donc si c’est la meilleure façon de faire, oui. Parce que le groupe est très heureux d’avoir enfin le son qu’il veut. 

Vous venez de terminer la tournée “The Great Belgian Trendkill”. C’est un hommage à l’excellent album de Pantera ? 

Eh bien, oui. Je ne peux pas dire non. Je ne me souviens plus qui a trouvé ce nom, mais on l’a tous adoré parce que c’est vraiment ça. Ce sont trois groupes qui se fichent de tout, et on est tous très différents. HIPPOTRAKTOR ont leur propre style. C’est très important et universel. COBRA THE IMPALER, c’est très important et intellectuel. Ils ont des chansons très soul, un peu plus brutes. Je pense que c’est un excellent package parce que ça représente bien la scène belge. Il y a beaucoup à offrir. La Belgique a une scène géniale et très active. Et on aime faire ça ensemble. On a aussi le même management, donc c’est plus facile de nous mettre tous sous la même bannière, disons. Et c’était génial, car on l’avait déjà fait en Belgique et aux Pays-Bas, avec un franc succès. On s’est dit : pourquoi ne pas aller dans le reste de l’Europe pour voir, vu qu’on est en pleine croissance ? On a toujours été à la recherche de l’esthétique. Mais avec Listenable Records, on a commencé à se développer un peu plus. COBRA THE IMPALER a été lancé avec Listenable et HIPPOTRAKTOR avec Pelagic Records, je crois. Ce sont donc des labels qui travaillent davantage sur le territoire européen. On faisait les choses à notre façon, sans aucune intention européenne. Mais, encore une fois, quand on est bon, qu’on sonne bien, que les intentions sont claires, les gens apprécient. Le patron du label nous a vus à l’Alcatraz Fest. Il a adoré. Il a adoré le groupe, l’énergie, et il a dit : « Je veux vous engager maintenant. » C’était vraiment comme dans les films. On a fini le concert, et il était là, à nous attendre, il nous a proposé le contrat juste après le concert. Donc là, on a commencé à réfléchir davantage au niveau européen, et c’est ce qu’on a fait. Et c’était une super tournée. On a touché des gens qui ne nous connaissaient pas. C’était très important de le faire pour sortir un peu de la Belgique, des Pays-Bas, qui sont nos pays. Et jouer en Allemagne où on a eu un accueil fantastique. On a aussi joué au Danemark. C’était génial. La Suisse, c’était la première fois. La République Tchèque était aussi vraiment bien. Donc c’était génial. L’expérience à tous les niveaux, au niveau humain, entre tous les groupes, on a passé de bons moments, et ça a aussi permis à la carrière du groupe de progresser un peu. 

On espère vous voir en France. 

Oh, putain, mec. On aimerait faire ça. 

C’est la fin de l’interview, le mot de la fin est pour toi.

Chris, merci beaucoup de m’avoir invité. Merci pour tout le soutien que nous recevons de tout le monde, pour le nouvel album. J’espère que les gens le trouveront aussi amusant à l’écouter qu’à le faire. Alors, j’espère, à bientôt. On est prêts à jouer partout où les gens veulent nous voir. On verra bien si ça se passe bientôt en France. 

Notre avis : 

‘The Time Has Come’ est le nouvel opus de BARK. Le cinquième en neuf ans, preuve que le groupe à des choses à dire et un message clair à faire passer. Aucun compromis ne sera passé, tout sera concis et féroce. Dès “Negativist”, on en prend immédiatement pour notre “pédigrée”. Inutile de fuir, il faut affronter la bête à la mâchoire solide, et “Shaman” nous donne du fil à retordre. Que ce soit sur des tempos rapides comme “Dodge The Bullet” ou “Whisky Rivers”, BARK s’amuse à nous contrer avec d’autres titres mid-tempo comme “Wildheart” ou l’excellent “The Curse From Above”. Et même si vous pensez l’avoir apprivoisé, il n’en est rien car le génial “Lord of the Skies” prouve que par surprise, BARK parviendra toujours à prendre le dessus. Pour conclure ‘The Time Has Come’ est un album qui aura raison de vous, à l’usure. Alors, lâchez les chiens et suivez la meute !

PLUS D'INFORMATIONS

  • Artiste : BARK
  • Album : The Time Has Come
  • Label : Listenable Records
  • Date de sortie : 25 avril 2025