Formé en 2015 à Aarhus, Baest (initialement écrit Bæst, signifiant « bête » ou « brute » en danois) est un groupe de death metal qui a su se faire une place sur la scène musicale grâce à son approche brutale et intense. Depuis leur signature avec Century Media Records en mars 2018, le quintet a publié trois albums studio — Danse Macabre (2018), Venenum (2019), et Necro Sapiens (2021) — ainsi qu’un EP JUSTITIA en 2022. Leur quatrième album, Colossal, sortira le 15 août 2023 et marque une évolution notable dans leur son.
Entre 2018 et 2021, Baest a su captiver les fans avec sa brutalité distinctive. Cependant, la pandémie de COVID-19 a entraîné un long hiatus créatif. Ce temps de réflexion a conduit le groupe à explorer de nouveaux horizons sonores. Colossal représente une transformation audacieuse, ancrée dans les éléments fondamentaux du death metal, mais enrichie de riffs de métal classique et d’éléments de rock ‘n’ roll.
Svend Karlsson, guitariste du groupe nous en parle..
**Cidalia :** Ravi de te rencontrer.
**Svend :** Enchanté également.
**Cidalia :** C’est un plaisir et je te remercie de m’accorder ton temps pour cette interview. Comme tu as dû le voir, l’autre journaliste à eu un contretemps et me voilà.
J’ai entendu parler de vous pour la première fois en 2019, lorsque vous avez tourné avec Decapitated..
**Svend :** Ah Oui ? Cool.
**Cidalia :** Decapitated fait partie de mes groupes préférés, et j’étais ravie que vous ayez eu l’opportunité de tourner avec eux. Pour en revenir à BAEST, le groupe a été formé en 2015, et pour commencer cette interview, peux-tu nous donner un peu de contexte ? Par exemple, comment avez-vous trouvé le nom du groupe, le line up..juste les bases..
**Svend :** Oui, bien sûr. « Baest » signifie « bête » en danois, et c’était en fait une idée de notre autre guitariste Lasse et de notre bassiste Mattias, qui en parlaient déjà au lycée. C’est toujours la même formation depuis le début : Simon au chant, moi aux guitares, Sebastian à la batterie, Lasse à la guitare, et Mattias à la basse. Ce sont toujours les mêmes gars.
**Cidalia :** Top ! Vous y voilà, dix ans plus tard avec déjà trois albums à votre actif, et vous êtes sur le point de sortir le quatrième avec Century Media. En écoutant votre registre, notamment « Colossal » aujourd’hui, j’ai ressenti une évolution dans votre son. Peux-tu nous en dire plus ?
**Svend :** L’évolution de notre son… Je ne sais pas vraiment comment la décrire. La différence entre \ »Necro Sapiens\ » et \ »Colossal\ » est incontestablement évidente; il y a beaucoup plus d’influences heavy metal et rock dans l’écriture des chansons et les riffs, c’est certain. Je pense que cela provient de notre désir de créer quelque chose d’agréable. Nous avons découvert que certains riffs étaient issus de notre adolescence — certains des miens et d’autres de Lasse — et ont trouvé leur place dans le son de BAEST. C’était tout simplement le moment pour nous d’expérimenter quelque chose de nouveau, et tout s’est fait naturellement. Ce n’était pas du tout prévu. Nous avons simplement commencé à partager ces riffs de dingue entre nous, et tout le monde a aimé. Donc, nous avons travaillé dur pour incorporer ces idées dans le son de BAEST. On pense que ce nouvel album est une réflexion honnête et une excellente représentation de qui nous sommes en tant qu’individus et en tant que groupe.
**Cidalia :** Il me semble que ce nouvel album a commencé à prendre forme autour de 2022. Comment le processus créatif a-t-il démarré ?
**Svend :** On à travaillé sur notre dernier album, \ »Necro Sapiens,\ » pendant une période où on pouvait se retrouver, puisque nous sommes un petit groupe. Nous avons donc pu aller aux répéts tandis que personne d’autre ne pouvait vraiment faire grand-chose. On à profité de ce temps pour créer le dernier album. Après ça, on à commencé à travailler sur du nouveau matériel et l’EP “Justitia”, qui intègre davantage une ambiance des années 80. On à trouvé ça incroyablement plaisant, de travailler avec ce style, alors nous avons essayé de l’intégrer davantage dans nos morceaux. Ensuite, nous avons sorti les deux premiers singles de \ »Colossal\ » en 2024. À l’époque, on pensait avoir terminé l’album, mais ce n’était pas le cas. Nous avons enregistré ces deux morceaux et les avons sortis, ce qui, avec le recul, aurait peut-être dû attendre.. Mais maintenant qu’ils sont là, ils font partie de l’album..
Ça a été un processus assez différent — on est partis en studio cinq fois pour enregistrer des morceaux, mais nous n’en avons officiellement sorti qu’un seul. Ça a été un parcours passionnant, et je pense que c’est pourquoi les chansons paraissent si différentes; nous avons passé plus d’un an et demi, peut-être même deux ans à enregistrer.
**Cidalia :** Le résultat est vraiment génial !
Lorsque j’ai entendu parler de la collaboration avec Jesper Binzer, de D-A-D, j’étais vraiment intriguée par ce qui serait le résultat, et cela s’est avéré être un morceau incroyable !
Il y a tant d’influences dans votre musique que je me suis demandé quelle direction prendrait le nouvel album. Quand j’ai appris ce matin que j’allais réaliser cette interview avec toi, j’étais ravie! En écoutant l’album, l’adrénaline est montée ! L’hommage au heavy metal est bien présent dans votre travail, mais il contient également bien plus. J’entends bien les influences d’Ozzy Osbourne, de Dokken, d’Iron Maiden… tout semble s’harmoniser à merveille.
Même si tu penses avoir dû attendre pour sortir certains morceaux, je pense que c’était un moment parfait. Vous nous avez donné un avant-goût de ce qui nous attend.
**Svend :** Ohh c’est top, merci !
**Cidalia :** Avec plaisir !
**Svend :** En fait, c’est le premier album que nous avons créé qui n’est pas un concept album. \ »Colossal\ » parle de la liberté d’explorer tout ce que nous avons envie, sans être trop restreints dans notre création. Au niveau des paroles, la gamme des sujets est également beaucoup plus large. Il n’y a pas beaucoup de paroles de death metal traditionnelles—l’accent a changé. Notre chanteur a plongé dans de nombreux thèmes philosophiques sur la vie, ce qui a significativement modifié son processus d’écriture. Je peux principalement parler de l’écriture des chansons, qui a été beaucoup plus libératrice cette fois-ci. Nous avons vraiment expérimenté avec diverses idées, réalisé beaucoup de démos et étions ouverts à essayer des choses différentes. Par exemple, nous avons intégré des voix claires avec Jesper dans l’une des chansons. Nous ne l’avons jamais fait auparavant, donc c’était un grand pas pour nous ! Mais nous pensons que cela s’accorde bien tant à la chanson qu’au son global, nous en sommes donc très contents. Dans l’ensemble, l’album incarne la liberté créative. Cependant, il rend toujours hommage à tout ce que représente le heavy metal et le rock. Lorsqu’on envisage de sortir quelque chose de différent, cela peut être un peu intimidant. Mais tu vois, si quelqu’un critique l’intro à la sauce AC/DC de \ »Stormbringer,\ » alors je ne comprends pas vraiment ce qu’il fait dans la scène heavy metal, car tout le monde adore ça. Pareille, beaucoup apprécient aussi le son Maiden ou le mood Ozzy. Il y a quelque chose pour tout le monde dans le heavy metal. C’est ce que nous aimons, et c’est tout ce qui est intégré dans cet album.
**Cidalia :** Je suis d’accord, et c’est pourquoi il est si bon. Je suis fan de death metal, mais j’ai trouvé cela vraiment intéressant car il y a tant de couches différentes… J’entends des touches de black… un peu de power metal également..
**Svend :** Tout à fait !
**Cidalia :** Tout s’harmonise — les voix, les riffs, les instrumentaux, et même la surprise de l’interlude dans \ »Light the Beacons\ » C’est tellement beau !
Pour moi, cela s’aligne également avec le voyage lyrique. J’ai ressenti qu’au milieu de cette brutalité requise dans le death, vous ne manquez pas d’insuffler un sentiment de résilience. Également, et si je comprends bien, il y a une personnification de certaines entités, et je pense qu’il y a une dualité présente dans certains morceaux, comme l’autorité contre la liberté..
**Svend :** T’es en plein dedans !
**Cidalia :** J’ai fait de mon mieux pour saisir le tout. Par exemple, le morceau \ »In Loathe and Love\ » parle de l’équilibre entre l’amour et la haine, ou peut-être des thèmes de transformation et de renaissance (?)…
**Svend :** Encore plein dans le mille pour quelq’un qui vient à peine de l’écouter !
En fait, c’était un process collaboratif entre Lasse et Simon. Lasse voulait écrire une chanson d’amour, mais d’une perspective death metal. Donc, ce morceau représente leur tentative de créer une chanson d’amour à la sauce death metal.
**Cidalia :** Parfaitement réussi !
Cela transmet également un sentiment de tristesse..
**Svend :** Oui, mais c’est un joli morceau je trouve. Il a une base plus classique tout en intégrant une touche progressive. D’une manière unique, il s’inscrit dans l’album aux côtés des morceaux de death metal plus traditionnels et des influences des années 80. Quand nous jouons en live, par exemple, le passage de \ »King of the Sun\ » à \ »Meathook Massacre\ » ajouté à l’adrénaline et au plaisir de jouer en live pour nous.
**Cidalia :** Mais c’est chouette. Et en fait, \ »Meathook Massacre\ » est l’une de mes morceaux préférés de **Necro Sapiens**.
Mais j’en ai plusieurs favorites dans ce nouvel album ! J’aime bien \ »Loathe and Love,\ » mais aussi \ »Misfortunate Son\ ».
La collaboration de ORM sur ce morceau est exceptionnelle. Et \ »Mouth of the River\ » est un autre chef-d’œuvre pour moi ; l’album est vraiment très bon.
Je dois dire aussi que je suis impressionnée par la qualité de la production..
**Svend :** Mais c’est absolument génial de l’entendre !
C’est très organique tu sais; nous avons enregistré en live, jouant ensemble en temps réel. Pour nous, cela rend la musique plus authentique et réelle. C’est notre préférence.
**Cidalia :** Autre chose, peut tu me dire pourquoi vous avez choisi le titre \ »Colossal\ » pour l’album ?
**Svend :** En fait, ça part de la chanson qui s’intitule « Colossus ». Nous avons envisagé d’appeler l’album « Stormbringer », mais ce titre est déjà pris par Deep Purple. Nous avons aussi pensé à « Depraved World », mais ça ne matchait pas vraiment..
Finalement, « Colossal » était la meilleure solution pour nous. Nous ne voulions pas utiliser « Colossus » car je ne pense pas que ce soit la chanson la plus représentative de l’album. Honnêtement, c’est difficile de choisir une seule chanson, car elles sont toutes si différentes : certaines sont influencées par les années 80, tandis que d’autres s’orientent vers le death metal. C’est pourquoi nous avons choisi « Colossal », car elle englobe l’ensemble de l’album sous une même thématique.
** Cidalia :** Ça lui va bien « colossal », ça transmet ce qu’il doit, et l’album est impressionnant !
Comme je l’ai mentionné, l’équilibre entre agressivité et mélodie sur l’album est vraiment bien exécuté. Les précédents albums étaient assez agressifs, mais je suis ravie que vous ayez adopté cette approche pour le nouveau. Cela va surprendre plus d’un !
**Svend :** C’est le but !
**Cidalia:** Revenons à « King of the Sun », sorti il y a quelques jours, qui met en vedette Jesper. Quand j’ai entendu la chanson, j’ai été frappé par le contraste des voix ; cette collaboration est-elle née de votre tournée ensemble ?
**Svend :** Non, en fait, nous avons enregistré cette chanson avant la tournée. Je pense que nous nous sommes retrouvés sur cette tournée parce que Jasper avait entendu parler de nous, ayant pris le risque d’inclure un groupe de death metal dans un contexte plus rock ‘n’ roll.
C’était leur tournée du 40e anniversaire, donc leurs fans n’étaient pas nécessairement des passionnés de death metal. Mais nous avons eu l’opportunité, et cela s’est révélé être une excellente expérience. En fait, nous lui avons simplement envoyé un e-mail, et je crois que Simon a eu l’idée de l’inviter sur le morceau.
Honnêtement, on ne s’attendait pas à ce qu’il réponde, encore moins à ce qu’il veuille faire partie de la chanson. Mais il nous a rapidement répondu en disant : « Pas de souci. » Il est allé en studio à Copenhague et a enregistré ça très rapidement. Cela a donné le résultat que nous imaginions—un grand moment pour nous, un véritable moment « Holy shit ».
[Rires]
**Cidalia:** Je te crois ! C’est incroyable ! Je voulais également parler du morceau « ORM ». J’adore cette chanson et sa touche black metal. Les voix sont incroyables !
**Svend :** Merci beaucoup !
Nous l’avons enregistré à l’automne de l’année dernière. Nous avons quelques versions démo qui n’incluent pas les parties de black metal, mais la chanson était essentiellement terminée. Ensuite, Theis et Simon ont apporté cette influence black metal, et on s’est dit que cela s’intégrait remarquablement bien dans le morceau, apportant un excellent contraste. Nous sommes en fait amis avec le groupe ORM depuis des années. Ils avaient un autre groupe auparavant appelé « By The Patient », qui a considérablement influencé ce que nous avons voulu faire quand nous avons commencé BAEST. On est vraiment de grands fans, donc avoir les deux sur ce morceau est incroyable pour nous.
**Cidalia :** Le résultat est top !
**Svend :** Oui, c’est une superbe collaboration.
**Cidalia :** Au sujet de « Colossal », l’enthousiasme de votre album réside dans le fait que nous pouvons englober le hard rock, le rock, le death metal et le black metal dans un seul projet. Cet album semble être une porte ouverte pour cette exploration.
**Svend :** Je suis content d’entendre ça ! C’est exactement ce que nous essayons de faire : rassembler toutes ces influences en un son unifié, car nous ne voulons pas nous limiter à un seul genre. Nous voulions la liberté de créer des morceaux comme « Light the Beacons », qui est essentiellement une interprétation de Lasse de « White Cliffs of Dover ». Il y a un effet de loupe là-dedans et une ambiance irlandaise générale que nous avons beaucoup appréciée. C’est un morceau étrange, mais dans le bon sens, et je suis content que nous l’ayons inclus dans l’album. C’est notre morceau d’introduction, celui que nous jouons lorsque nous montons sur scène. On utilise une chanson de Toto pour ça depuis des années, alors Lasse a décidé de créer notre propre morceau dans un style Toto-esque.
**Cidalia :** Ne te moque pas de moi, mais la première fois que j’ai entendu l’instru « Beacons », j’ai immédiatement pensé à Top Gun. Je sais que cela peut paraître étrange, mais je n’ai pas pu chasser cette image de mon esprit !
**Svend :** Je comprends pourquoi !
**Cidalia :** Vraiment ? Je veux dire, c’était déroutant pour moi ! Nous parlons de death metal, et puis soudain, je pense à des avions et à l’action militaire de Top Gun. C’était juste dans ma tête !
**Svend :** Ah mais encore une fois, t’es pas loin du truc ! Il y a certainement des éléments thématiques dans la chanson, et elle a aussi une certaine ambiance Guitar Hero, tu vois ? C’est surtout un solo de guitare qui la porte—c’est du rock ‘n’ roll. Donc ton interprétation est Cool.
**Cidalia :** Cool ! Pour revenir au processus de production, je me demandais si le retour à vos racines a été influencé par votre collaboration avec Tue Madsen ?
**Svend :** Oui. En fait, il est à peu près le producteur habituel pour nous. C’est une légende, compte tenu de tout le travail exceptionnel qu’il a réalisé et des Grammys qu’il a remportés pour ses projets. C’est un gars formidable avec une vaste expérience dans l’industrie.
Il n’a pas peur ! Il y a eu des moments où on s’est demandé si notre son n’était pas trop hard rock, et on ne savait pas comment avancer. Il nous a dit : « Ne vous inquiétez pas, les gars. Faites exactement ce que vous voulez. Oubliez les critiques et les attentes. C’est votre création—publiez-la comme vous le souhaitez ! »
Cela nous a vraiment aidé à prendre des décisions audacieuses pendant le processus. C’est un gars qui ne tourne pas autour du pot.
Tue n’est définitivement pas le genre de producteur à rester dans le studio pendant des jours à peaufiner chaque petit détail. Il croit qu’il faut jouer fort et vite—c’est comme ça que ça doit être en live. On ressent l’authenticité, je suppose.
**Cidalia :** N’est-ce pas merveilleux d’avoir un producteur qui croit en votre vision et vous donne la liberté de ce processus créatif ? Vous êtes des artistes, et c’est ce qui compte—créer de l’art.
**Svend :** Absolument ! Tue fait également de très bonnes suggestions ; par exemple, dans « Stormbringer », nous avons un couplet où il a suggéré de le jouer un demi-ton en dessous. C’est une astuce courante dans la pop qu’il a apprise en travaillant avec de grands artistes danois. C’est quelque chose que l’on n’envisagerait pas ou auquel on ne prêterait pas attention, mais cela a amené beaucoup d’inspiration puissante sur ce morceau.
Tue a eu l’idée, nous l’avons essayée, et cela a parfaitement fonctionné. Il a rapidement compris qu’on ne cherchait pas à créer simplement un autre album de death metal ; on voulait façonner un album BAEST qui englobe toutes ces influences. Donc, c’était fantastique de travailler avec lui.
**Cidalia :** En parlant de génial, il nous reste quelques minutes pour discuter de l’artwork. La Couv et ses couleurs capturent totalement l’ambiance de l’album. Je suis curieuse—comment cela s’est-il mis en place, et avec qui avez-vous travaillé pour le design ?
**Svend :** C’est Luca [Solo] Macello qui à fait la Couv. Il à été incroyablement rapide, efficace, et a fait un boulot superbe. J’ai proposé le concept de la couverture de l’album. Normalement, je m’en occupe parce que je suis le moins patient et que je veux juste voir quelque chose de finalisé, et les autres gars me font confiance sur ce point.
Cela dit, ce concept s’inspire de Judas Priest, ainsi que de « Chinatown » de Thin Lizzy, avec une touche d’orage et d’éclairs pour refléter « Stormbringer ».
**Cidalia :** Parfait !
**Svend :** Certaines personnes ont été un peu surprises et confuses par l’artwork, et je comprends pourquoi, mais je pense qu’une fois qu’elles écouteront l’album, tout prendra sens..
**Cidalia :** Exactement ! Cela match à merveille. Quand on lit le titre de l’album et qu’on regarde la pochette, cela véhicule fortement une sensation de retour à vos racines. C’est parfait, surtout avec toutes les couches que vous avez intégrées dans le son.
Autre chose. Vous revenez de votre première tournée nord-américaine. Quel a été le retour du public ?
**Svend :** Nous avons reçu d’excellents retours aux États-Unis ! Nous avons joué quelques nouvelles chansons, et le public aux États-Unis ainsi qu’au Canada semblait les apprécier. L’ambiance était fantastique puisque c’était notre première fois là-bas.
**Cidalia :** Top ! Votre tournée aidera l’album à se faire connaître là-bas. Et sinon, c’est pour quand une tournée passant par la France ?
**Svend :** Oui, absolument ! Alors, nous sommes encore en train de planifier; nous ne retournerons pas en France pour le moment car il n’y a pas de tournée prévue, mais il y aura de grandes tournées européennes et américaines à venir, sur lesquelles nous comptons pouvoir mettre un passage dessus.
**Cidalia :** Je croise les doigts. Je vois que vous avez quelques dates de festivals prévues..
**Svend :** Oui ! Cet été va être chargé pour nous. Nous avons déjà performé sur des festivals de films d’horreur et avons environ 11 à 12 dates de programmées.
**Cidalia :** Il y a du boulot ! J’ai hâte que le nouvel album sorte. C’est top que vous le publiiez en août, car c’est à ce moment-là que tout le monde célèbre et profite de l’été !
**Svend :** Exactement ! Nous le sortons au festival Summer Breeze, ce qui est spécial pour nous puisqu’on y a lancé notre album début 2017.
**Cidalia :** Excellent ! Eh bien, je ne vais pas prendre plus de ton temps. Y a-t-il autre chose que tu aimerais ajouter à l’interview ?
**Svend :** Je pense que nous avons tout abordé, surtout pour quelqu’un qui a géré cette interview de dernière minute. Merci ! Et merci pour ton retour sur l’album.
**Cidalia :** Ohh, merci beaucoup !
TRACK LIST :
01Stormbringer (04:32)
02Colossus (04:23)
03In Loathe And Love (05:09)
04King Of The Sun (feat. Jesper Binzer of D-A-D) (04:09)
05Imp Of The Perverse (05:56)
06Misfortunate Son (feat. ORM) (04:02)
07Mouth Of The River (04:24)
08Light The Beacons (03:42)
09Depraved World (06:04)
En tant que fervente amatrice de death metal, Baest (ou Bæst pour les puristes), j’ai été plus que ravie quand j’ai appris que je devais plonger dans leur quatrième opus, et interviewer Svend quelques heures plus tard.
Et même si j’avais entendu les singles sorties précédemment, je n’étais pas prête pour ma première écoute de Colossal. Une Énergie Contagieuse !
Avec Colossal, Baest n’a pas totalement basculé vers un son death metal pur et dur, ils injectent une dose d’exubérance digne des plus grands stades, mêlée à une accroche redoutable. On à du heavy, du black, du thrash, même des pointes power metal & hard rock.
Pensez à des riffs entraînants et à des rythmes vertigineux, comme ceux de Colossus, qui empruntent autant à AC/DC qu’à des monstres du death metal comme Cannibal Corpse. C’est simplement une Nouvelle Dimension.
Ouvrant avec Stormbringer, le morceau déroule quatre minutes et demie de riffs accrocheurs, enveloppés autour d’un refrain monumental qui attire les foules, sans jamais oublier qu’il s’agit avant tout de death metal, grâce aux growls féroces de Simon Olsen. Ensuite, In Loathe and Love ne fait que approfondir l’hommage manifeste du groupe à Dismember, bénéficiant de la performance impressionnante du batteur Sebastian Abildsten.
L’incroyable King of the Sun—qui bénéficie d’un featuring mémorable avec la voix sableuse de Jesper Binzer de D-A-D. Cette combinaison inattendue fait sourire tout en rendant hommage à leur polyvalence.
D’un équilibre parfait et d’une production sans faille, l’album déborde d’énergie. Les morceaux Colossus et le mélodique mais implacable Imp of the Perverse transforment le quintette en une véritable machine à riffs et à accroches démoniaques sans répit. Cela dit, une “légère” accalmie dans l’intensité se fait sentir avec la touche black de l’opus, Misfortunate Son avec un incroyable feat de ORM.
Mouth of the River, reprend un tempo très headbanger, en live, ce morceau sera un bonheur pour les amateurs du circle pit.
Soudain, je me demande s’ils n’ont pas créé un nouveau générique pour Top Gun.. l’instrumental atmosphérique et cinématographique Light the Beacons est magnifique et surprenant. Ce morceau se suit du dernier morceau, l’exceptionnel Depraved World qui reste dans une continuité cinématographique.
Colossal s’impose comme l’un des albums de death metal les plus vivants de l’année, et taillé pour la magie du Live !
Baest a toujours été connu pour son approche décontractée lors des concerts, insufflant une énergie vivante à ses performances. Cette exubérance se ressent dans les compositions de Colossal, ancrant le disque dans la réalité d’un heavy metal jubilatoire. L’album n’hésite pas à s’inspirer des icônes du rock classique tout en restant fidèle à ses racines death metal.
L’album propulse Baest vers de nouveaux sommets, mariant une férocité inébranlable à une joie contagieuse. Une véritable célébration de la brutalité et du plaisir.
PLUS D’INFOS :
Album : Colossal
Date de Sortie : 15 Aout 2025
Label : Century Media
Sortie via Sony Music
Production : Tue Madsen
Photos Credit : Johan Nagstrup
Sites Officiels : https://baestband.com https://www.facebook.com/baestband https://www.instagram.com/baestband https://www.youtube.com/baestband https://linktr.ee/baestband
Lineup :
Svend Karlsson – Rhythm/Lead Guitar
Simon Olsen – Vocals
Lasse Revsbech – Rhythm/Lead Guitar
Sebastian Abildsten – Drums & Percussion
Mattias ‘Muddi’ Melchiorsen – Bass