Le 7 mars dernier, le Zénith de Paris a viré au chaos contrôlé sous le chapiteau d’Avatar. En effet, la ‘In The Airwaves’ Tour était de passage sur la capitale, après avoir enflammé Lyon.
Derrière son maquillage de dandy possédé, Johannes Eckerström a mené deux heures de grand spectacle entre cabaret gothique, métal acrobatique et communion totale avec un public incandescent.
Avant le show principal, Witch Club Satan et Alien Weaponry avaient déjà retourné la salle à coups de rituels païens et d’hymnes tribaux, préparant le terrain à un concert conçu comme un véritable exorcisme collectif.
Sur scène, Avatar n’a pas seulement joué ses titres : ils ont orchestré un show total, théâtral et viscéral, où chaque morceau devenait une scène, chaque riff une explosion, et chaque minute une immersion dans leur univers démentiel. Paris a assisté à un triomphe – celui d’un groupe à la fois maître de son cirque et roi du métal moderne.
Un report par Cidàlia Païs avec des photos de Raphaël Gellé
Warm-up Diabolique par Witch Club Satan
Witch Club Satan, trio féminin suédois ultra-violent, a mis le Zénith à sac en première partie ce 7 mars, déversant un punk-metal occulte et crasseux dès 19h45 qui a fait exploser la fosse en sabbat punk incontrôlable. Ces sorcières scandinaves – aux riffs Motörhead/Bathory saupoudrés de Venom – ont cogné sans répit pendant 40 minutes, transformant les spectateurs en horde en transe.
Leur assaut rituel balançait des hymnes comme *Satan’s Bride*, *Black Mass* et *Witch Hammer* : batterie galopante façon bulldozer infernal, guitares distordues ras-du-sol, et les trois furie hurlant des incantations sataniques en chœur, peintures guerrières dégoulinantes de sueur sous les strobes impitoyables. Une énergie brute, animale, qui puait le vieux metal sale et les caves enfumées.
Parfaites avant le cirque théâtral d’Avatar, ces amazones occultes ont injecté la dose viscérale manquante : chaos organique, pogo démoniaque, hurlements qui griffent l’âme. Le Zénith scandait déjà leurs refrains à la fin, preuve que Witch Club Satan n’était pas qu’un échauffement – un shot de pur mal qui a rendu la transition vers Johannes Eckerström encore plus explosive.
Ces Suédoises confirment : elles sont l’avenir du metal noir et crade, prêtes à ravager les festivals.
Kai au cœur du métal mondial avec Alien Weaponry
Alien Weaponry a électrisé le Zénith en seconde première partie vers 19h50, apportant un thrash tribal maori d’une puissance brute qui a fait trembler les fondations avant l’entrée en scène d’Avatar. Ce trio néo-zélandais – Lewis de Jong (guitare/chant), Henry de Jong (batterie) et Tūranga Morgan-Edmonds (basse) – a ouvert par un haka rituel assourdissant, captant instantanément les spectateurs dans une énergie guerrière venue tout droit d’Aotearoa.
Leur set de 30 minutes, taillé dans *Te Rā* (2025) et les classiques, a balancé des uppercuts comme *Kai Tangata*, *Hate Forest* ou *Howling at the Waves* (au piano pour une respiration poignante), mêlant riffs thrash percutants, paroles en te reo maori et une groove ancestral qui fait headbanger autant que réfléchir. La fosse, déjà chauffée par Witch Club Satan, s’est muée en pogo tribal, le public reprenant en chœur ces hymnes engagés sur l’identité maorie et l’écologie.
Placés idéalement entre le chaos occulte des Suédoises et le cirque d’Avatar, Alien Weaponry ont injecté une dimension culturelle et viscérale unique : pas juste du métal, mais une déclaration d’identité qui transcende les scènes. À 15 ans de carrière, ces gamins prodiges (fondés à 8 et 10 ans !) confirment leur maturité live, solos flamboyants et présence magnétique – un lien parfait avec le théâtre des headliners.
Le Zénith les a ovationnés, preuve que leur message résonne fort en France.
Avatar – Le Grand Cirque du Métal
Avatar a mis le Zénith Paris à feu et à sang ce samedi 7 mars dans le cadre de sa tournée *In The Airwaves*, offrant un show théâtral et survolté qui restera gravé dans les annales du metal français. Deux heures de cirque infernal où Johannes Eckerström et sa bande ont transformé la gigantesque salle en arène intime, mêlant riffs assassins, mise en scène cinématographique et une énergie contagieuse qui a fait vibrer les âmes présentes jusqu’au bout du show.
Ouverture en fanfare
Dès 20h30, le rideau rouge de cirque s’écarte sur un décor de cabaret gothique : lanternes vacillantes, musiciens en ombres chinoises, et Johannes qui avance comme un prédicateur rock’n’roll, lanterne à la main. *Captain Goat* et *Silence in the Age of Apes* explosent d’entrée, avec un son massif et précis qui colle parfaitement à l’immense halle du Zénith, tandis que les flammes et les strobes plantent un décor à la fois baroque et apocalyptique.
Avatar ramène les dans dans une autre dimension : chaque chanson est un tableau vivant, entre poses théâtrales et headbangs collectifs.
Moment de tension réelle au milieu de *Silence in the Age of Apes* : panne technique, lumières qui s’éteignent, musiciens qui s’éclipsent…Ce petit incident technique retardant légèrement la suite du show s’est transformé en fièvre et suspense. La fosse était suppliante mais patiente.. par ci par là, des ballons rouges ornaient les airs..
Le public retient son souffle, mais le groupe transforme l’incident en coup de théâtre, revenant plus fort sur une scène en flammes pour une seconde moitié dévastatrice.
Carnaval métal et tubes imparables
Avatar excelle dans l’art de la transition fluide : du groovy *In the Airwaves* aux hymnes comme *Bloody Angel* et *Colossus*, le set équilibre à merveille les morceaux du nouvel album *Don’t Go In The Forest* et classiques indémodables. Johannes, cabotin génial, enchaîne les one-man-shows : sermons délirants, imitations absurdes, déclarations d’amour à Paris « ville de notre cœur », le tout sans jamais perdre le fil musical.
Climax et feu d’artifice
*Let It Burn* et *Tonight We Must Be Warriors* ferment le set principal dans un chaos organisé : moshpits en fusion, chœurs hurlés, confettis roses et gerbes de feu qui font hurler la salle.
Magique, un adjectif qui porte tout son avec Avatar. Et leur rappel, en trois actes, magistral !
*Don’t Go in the Forest*, *Smells Like a Freakshow*, *Hail the Apocalypse* qui laisse le Zénith pantelant, sous une pluie de pyro et de sourires complices.
Un Conte Avatarian
Ce n’était pas qu’un concert, c’était un conte Avatarian transformé en blockbuster métal : Avatar au sommet de son art, prêt à conquérir les arènes mondiales après ce triomphe parisien face à un public conquis d’avance.