Vecteur Magazine

Avalanche, l’électricité brute du hard rock australien

Formé à Sydney en 2018 autour du couple Steven et Veronica Campbell, Avalanche s’est imposé comme l’un des nouveaux visages du pub rock australien. Entre héritage AC/DC, énergie Airbourne et sens du riff sans concession, le quatuor complété par Blake Poulton à la guitare rythmique et Bon Lowe à la batterie a d’abord bâti sa réputation sur scène avant de la cristalliser sur son premier album, *Armed to the Teeth*, sorti en février 2026.

Leur ligne est simple : pas de ballades, pas de fioritures, juste du rock’n’roll frontal, taillé pour les clubs, les pubs et les grandes salles. C’est exactement ce que racontent ces deux rencontres, dont la seconde, enregistrée au Dr Feelgood, montre à quel point Avalanche a conservé la même intensité malgré la montée en puissance.

Une histoire de famille

Avalanche s’est construit autour d’un noyau familial porté par Steven Campbell, au chant et à la basse, et Veronica Campbell, à la guitare lead. Leur histoire commence à Sydney, dans une scène où les groupes doivent d’abord convaincre en live, avant de penser à autre chose. Avant l’album, Avalanche avait déjà publié des singles et des EP, et avait surtout forgé son identité sur les routes, les pubs et les concerts à répétition.

Le groupe a ensuite pris une autre dimension en remportant Passport to Airlie en 2023, ce qui a accéléré sa visibilité et confirmé son statut de formation montante du hard rock australien. L’idée revient sans cesse : Avalanche ne cherche pas à réinventer la roue, mais à lui donner sa propre secousse.

De Sydney à Paris

Le lien avec Airbourne a joué un rôle déterminant dans l’ascension du groupe. Veronica avait déjà appris des morceaux d’Airbourne à ses débuts, et Joel O’Keeffe a ensuite soutenu Avalanche jusqu’à orienter le groupe sur le titre de son album. Cette filiation assumée donne à Avalanche une place logique dans la grande famille du hard rock australien : un son direct, un esprit de fête, et une foi absolue dans la scène.

La première tournée européenne du groupe, avec Airbourne en tête d’affiche, a aussi servi de révélateur. À Paris comme à Cologne, Avalanche a joué devant des salles pleines très tôt, avec un public déjà chauffé à blanc avant même le début du set. C’est dans ce contexte que j’ai eu le plaisir de pouvoir les rencontrer deux fois, et les deux interviews prennent tout leur sens : elles racontent un groupe encore jeune, mais déjà solidement armé.

Interview par Cidàlia Païs

Credit Photo Interview : b4tdigital

Credit Photo Paris: Raphaël Gellé

 Deux interviews, une seule Énergie

Ma première rencontre se fait avec Steve Campbell, le bassiste, et Bon Lowe, le batteur, au Zénith.

L’énergie et l’adrénaline qu’ils ressentent est palpable.

 

* : Salut !  

Ravie de vous rencontrer.  

Steven : Nous aussi.  

* : C’est super cool. Je me dois d’être sincère, je ne connaissais pas Avalanche avant qu’Olivier ne parle de vous. Donc, je suis enthousiaste — vous êtes encore assez jeunes !  

Bon : T’inquiètes, les gens nous découvrent peu à peu.  

Les débuts du groupe

* : Plutôt old school, vous avez ces vibes à la AC/DC, AIRBOURNE, ce qui est plaisant pour mon oreille. Avalanche s’est formé en 2018, c’est bien ça ? Racontez-nous.  

Steven : La première version du groupe a en fait commencé avec Veronica, quand elle était encore au lycée, à jouer seule des reprises d’AC/DC. Elle a trouvé un batteur juste après ses études, puis elle m’a trouvé. Et ces deux dernières années, on a travaillé avec Bon et Blake : la formation est devenue absolument phénoménale depuis. Et d’abord, merci beaucoup pour ce moment aujourd’hui. On apprécie vraiment. Tu ne nous connaissais peut-être pas avant, mais maintenant, c’est fait. 

La rencontre avec Joel O’Keeffe

* : De vos EP aux singles, quelle décharge d’énergie ! Un jour vous jouez dans des pubs, et maintenant vous voilà là. Comment ça s’est passé avec Joel ?  

Steven : Histoire de fou ! C’était il y a environ deux ans. On jouait dans ce petit bar miteux à Brunswick — en fait, The Beast. C’est plus un restaurant qu’une salle de concert, mais on y a fait un show avec peut-être vingt personnes dans le public. Et l’un d’eux était Joel O’Keeffe.  

* : Sans blague !  

Steven : Oui. Depuis, il nous soutient énormément. Il nous a vraiment poussés. Veronica a appris beaucoup de morceaux d’Airbourne quand elle a commencé la guitare, donc il a été une énorme source d’inspiration pour elle.  

* : C’est tellement cool. 

Steven : Oui, c’était dans un petit bar à Melbourne, et Joel était simplement là. Il a récupéré nos contacts ensuite. On lui a envoyé l’album une fois mixé et masterisé — il a été l’un des premiers à l’écouter. Au début, on pensait l’appeler *A.V. Lynch*, en mode album éponyme, mais Joel nous a dit : “*Teeth* est l’un des meilleurs morceaux rock’n’roll que j’aie entendus depuis longtemps — vous devez appeler l’album comme ça.” Et quand Joel O’Keeffe te dit comment nommer ton album, tu écoutes la légende, forcément !  

* : Il sait de quoi il parle ! 

L’énergie et l’identité sonore

* : Ce qui m’impressionne, c’est que vous apportez cette énergie 70s–80s : c’est comme un rêve rock qui devient réel. Vous avez cette vibe de rock classique, mais avec une vraie claque moderne. Tout ce que vous sortez rend vraiment bien à l’écoute.  

Steven : C’est vraiment plaisant de l’entendre. Merci beaucoup ! 

*Armed to the Teeth* : du pur rock’n’roll

* : Sur *Armed to the Teeth*, ce que j’adore, c’est qu’il n’y a aucun morceau de remplissage. Tout sonne juste, tout a sa place.  

Steven : Merci beaucoup ! C’était le but. Comme Airbourne le dit si bien : pas de ballades, pas de bullshit. Juste du rock’n’roll. C’est notre ligne : un rock franc, festif, sans politique, sans drame. On veut juste que les gens viennent au concert, oublient leurs soucis et passent un bon moment. Mon père chantait dans un groupe de la scène de Sydney dans les années 70 — son groupe s’appelait aussi *Avalanche*. Donc quand on galérait à trouver un nom, j’ai proposé de reprendre celui de son groupe. Tout le monde a adoré. C’est lui qui m’a appris à chanter et à jouer du rock’n’roll, donc ça paraissait juste. 

L’esprit de rébellion et la jeunesse du groupe

* : Sans balades, vos chansons ont quelque chose de rebelle, de jeune, d’éruptif.  

Steven : Absolument. Beaucoup de morceaux ont été écrits quand Veronica avait environ seize ans. Voir Angus Young jouer à Sydney a complètement changé sa vie — elle s’est dit : “C’est ça que je veux faire.”  

* : Et elle est incroyable !  

Steven : Elle est formidable — et tu sais qu’elle n’a jamais pris un seul cours !  

* : Sérieusement ? Wow. Et c’est ça que j’aime : vous êtes jeunes, mais l’expérience et la technique donnent l’impression que vous êtes là depuis un moment. Il y a quelque chose d’intemporel dans votre son.  

Steven : Merci. Je dois aussi rendre hommage à notre guitariste rythmique, Blake Poulton. C’est de loin le plus technique d’entre nous — un des meilleurs à Sydney, peut-être même en Australie. La guitare rythmique peut sembler simple, mais des gens comme Malcolm Young ou James Hetfield prouvent que c’est l’épine dorsale du rock. Et Blake en est la preuve chez Avalanche. 

Premiers pas à Paris

* : Ce soir, c’est votre première date sur Paris — il y a des surprises au programme ? Des solos spéciaux, des pyros peut-être ?  

Steven : (rires) On joue des morceaux de l’album, évidemment, mais on aime prolonger certains passages, ajouter un peu d’improvisation… Vous verrez ! Il y a toujours une grosse fin chez nous. 

Trouver sa propre voix

* : Revenons à l’album : il y a un vrai travail sur les guitares, mais aussi du groove, de la basse, une vraie identité. Même avec vos influences, vous avez fait vôtre ce son.  

Steven : Oui, quand on commence, on imite forcément ses héros — c’est naturel. Pour Veronica et pour nous tous, c’était AC/DC. Mais avec le temps, tu développes ta propre voix. On ne réinvente pas la roue — on lui donne juste notre propre tournure.  

L’attitude rock’n’roll & L’écriture des textes

* : J’adore tout cet esprit “blood, sweat and beers” derrière votre groupe. On sent que vous vous amusez, mais il y a un vrai boulot derrière.  

Steven : Clairement. On dit que la chance, c’est la rencontre entre l’opportunité et la préparation. On a passé des années à bosser dur en Australie — plus de cent concerts par an — donc quand Joel nous a découverts, on était prêts. 

* : Pour les paroles, qui s’accorde l’écriture des textes ?  

Steven : J’écris environ 95 % des paroles. Le groupe me donne parfois des idées de titres, puis je construis les textes autour. J’y prête beaucoup d’attention, je fais attention aux rimes, aux syllabes, au flow. Ma mère est poète, tu sais ; elle m’a appris à écrire avant même d’aller à l’école. J’ai aussi écrit quelques petits romans. Je crois que l’écriture est vraiment dans mon sang. 

Du soleil australien à la neige européenne

* : Comment vous sentez-vous depuis le début de la tournée européenne ?  

Steven : Honnêtement, on n’a jamais vécu ça. On a déjà joué de grosses scènes chez nous, mais chaque soir ici est le plus gros concert qu’on ait jamais fait. Hier à Cologne, c’était énorme, et ce soir à Paris, encore complet. 

* : Je suis venue ici il y a quelques jours pour un autre groupe, et il n’y avait même pas autant de monde à cette heure-là. Les gens sont venus tôt aujourd’hui — c’est un très bon signe !  

Bon : Oui, c’est incroyable. Chez nous, la moitié du public arrive souvent en retard, mais ici, la salle est presque pleine avant même qu’on ne commence. 

* : Le Zénith va chauffer avec vous ! Même si vous avez peut-être amené la neige au lieu du soleil cette fois.  

Steven : (rire) Totalement ! On a quitté l’Australie après quatre vagues de chaleur — 41 degrés. Et maintenant, la neige nous suit partout. C’était la première fois qu’on en voyait ! 

Sur scène : un vrai chaos organisé

* : En voyant des vidéos sur le net, j’ai vu que vous êtes le genre de groupe qui met les gens en mode survie pendant les concerts. Un conseil de survie pour ce soir ?  

[Rires]  

Steven : Ça devient de plus en plus sauvage à chaque concert. Hier à Cologne, on a eu notre premier crowd surfer — jamais vu ça dans un concert d’Avalanche ! C’est pour ça qu’il y a des secours prêts à intervenir.  

[Rires]  

* : Je veux bien le croire ! 

L’accueil de l’album / Projets à venir et reconnaissance

* : L’album est sorti récemment : comment est-il accueilli ?  

Bon : Franchement, c’est incroyable. La plupart des critiques lui donnent autour de 9 ou 9,5 sur 10. Le plus bas qu’on ait vu, c’était 7,5. Donc oui, on est ravis.  

Steven : Honnêtement, c’est phénoménal. 

* : Je suis contente pour vous, c’est mérité. Je sais qu’on manque de temps, alors merci beaucoup pour ce moment !  

Steven : Un grand merci à toi !  

* : Écouter du bon rock est toujours un plaisir. Voulez-vous ajouter quelque chose avant de partir enflammer la salle ?  

Steven : On essaie au maximum de monter une autre tournée européenne. Si tout va bien. Et plus tard, on aimerait aussi faire une grosse tournée en Asie.  

* : En tout cas, ici, tu peux compter sur Olivier pour continuer à pousser.  

Steven : Il est absolument merveilleux avec nous.  

* : Il l’est toujours comme ça. Merci beaucoup pour votre temps les gars.  

Steven : Merci à toi. Honnêtement, on n’est que des inconnus de Sydney, donc avoir tout ce soutien, c’est irréel. C’est un bonheur pur.  

Deuxième rencontre, au Dr Feelgood

Quelques jours plus tard, je retrouve Veronica et Steve Campbell, ‘V’ étant membre fondateur du groupe dans un cadre plus intime, au Dr Feelgood. Le couple y retrouve la même spontanéité, mais aussi une vision plus précise de son parcours, de son écriture et de sa manière de transformer l’héritage AC/DC en identité propre.

Le Feelgood, Un lieu à l’énergie australienne

* : Ce lieu est trop cool, non ?  

Steven : Très cool. Oui, il a un vrai parfum de Sydney.  

* : Le décor est tellement cosy mais tellement rock’n’roll.  

Steven : À Sydney, on a une rue qui s’appelle Newtown, et il y a plein d’endroits comme ça, alignés les uns à côté des autres. On est contents de se retrouver dans cette ambiance. 

Retour sur les origines d’Avalanche

* : Allons au plus important, vous ! La dernière fois tu m’avais dit que la genèse d’Avalanche datait de 2018…  

Steven : Techniquement, c’est à ce moment-là qu’on a commencé, parce que c’est le moment où j’ai rejoint le groupe et où on a vraiment commencé à jouer ensemble. Mais Veronica faisait déjà vivre le projet depuis le lycée.  

Veronica : Ce n’était même pas vraiment un groupe au début. C’était juste moi avec une autre personne, puis Steven nous a rejoints. Au départ, il ne chantait que.  

Steven : Oui, jusqu’au jour où notre bassiste est parti et ne s’est plus présenté.  

Veronica : Et comme j’avais joué de la guitare toute ma vie, je me suis dit : “Oh, tu peux jouer de la basse, facile.” 

Les débuts de Veronica & son évolution naturelle et sincère

* : ‘V’, Steven m’a raconté que tu n’as jamais pris de cours de guitare. Tu as commencé à jouer à 16 ans…  

Veronica : Oui, j’ai commencé un peu tard, en fait. La plupart des gens commencent plus tôt. Tout a vraiment basculé après avoir vu AC/DC en live à Sydney. J’ai réalisé qu’ils venaient de l’ouest de Sydney, comme moi. Je me suis dit : “Je peux faire ça aussi.” À partir de là, je me suis mise à tout apprendre à l’oreille. Je joue surtout au feeling. 

* : J’ai découvert Avalanche grâce à Olivier, et dès la première écoute de *Armed to the Teeth*, j’ai su que ce groupe avait quelque chose de spécial. En te voyant ensuite sur scène, ton énergie, ta présence, cette intensité… c’était vraiment marquant. Comment tu vis tout ce chemin parcouru depuis tes 16 ans ?  

Veronica : Je pense que tout s’est fait naturellement. Beaucoup de choses n’étaient pas planifiées. Le show, la dynamique, l’énergie se sont construits au fil des années. Et puis Airbourne… j’ai toujours adoré Airbourne. On les a croisés plusieurs fois à Melbourne, et maintenant on est là avec eux.  

Steven : Et ça marche parce que c’est authentique. Le public voit qui on est vraiment. 

Le mur de guitares

* : Steven, ce mur de guitares, cette basse qui roule comme un tonnerre… On sent bien que vous avez votre propre son, loin de toute comparaison avec Airbourne. Déjà sur les démos, c’était clair, et là, sur le nouvel album, encore plus. Comment vous arrivez à verrouiller aussi bien la synchro entre les guitares et la rythmique sur scène ?  

Steven : En réalité, Blake et Bon — le batteur et le guitariste rythmique — ne sont avec nous que depuis environ un an, un an et demi. Beaucoup de ces chansons avaient été écrites avec d’autres musiciens, et on les a jouées pendant environ huit ans à Sydney. Puis Bon et Blake sont arrivés et se sont vraiment verrouillés avec nous. En un an, on a fait d’énormes progrès. Ça montre que peu importe qui a écrit le morceau, tant que c’est la bonne personne, quelqu’un qui sait ce qu’il fait. *Bones* est la seule chanson qu’on ait vraiment écrite ensemble dans la même pièce. Et, à mon avis, c’est de loin le meilleur morceau de l’album. C’est aussi celui qui a eu le plus de presse, le plus de passages radio, et qui a vraiment décollé. Donc oui, on savait qu’on avait quelque chose, mais il a fallu que les dernières pièces s’ajustent pour que tout prenne forme. 

Veronica : Et il y a eu énormément de travail aussi. L’année et demie qui vient de s’écouler a probablement été celle où on a joué le plus de concerts de toute notre vie. On a enchaîné plusieurs dates par semaine presque toute l’année. On a fait deux tournées au Japon, à Taïwan, puis l’Europe et le Royaume-Uni. Donc oui : plus tu joues, plus tu répètes, plus tu deviens solide. 

L’expérience du Zénith de Paris

* : Quand je vous ai vus sur scène, j’ai su que vous alliez enflammer le Zénith. Et dès les premiers riffs, le public était en transe. Qu’est-ce que vous avez ressenti ?  

Steven : Même en Australie, on n’a jamais vécu ça. Jouer devant une foule déjà pleine avant même le premier morceau, c’est fou.  

Veronica : Oui, la foule était là dès le début. Paris, c’était la plus intense. Et le gars en costume de banane, incroyable !  

[Rires]  

La genèse du premier album

* : Revenons sur votre discographie. Depuis vos premiers EP jusqu’à cet album complet, qu’est-ce qui vous a poussé à l’enregistrer maintenant ?  

Steven : Comme je le disais, *Bones* est la seule chanson qu’on a vraiment écrite avec le line-up récent. Elle est arrivée à la dernière minute, parce que tout l’album était déjà fini et qu’on l’écoutait en se disant : “Il nous manque encore ce petit quelque chose, l’ouverture.” On est donc allés en studio pendant une journée avec ces gars-là, après avoir écrit la chanson, et on l’a enregistrée plus vite que tout ce qu’on avait fait avant. C’est arrivé d’un bloc. En écoutant le résultat final, on s’est dit que ça devait absolument être sur l’album, et que ce devait être l’intro. Le morceau principal. 

Veronica : Le reste de l’album s’est construit lentement sur deux ans. C’était notre première fois avec un producteur. Il avait été nommé aux Grammy Awards, il avait remporté des prix, et il venait du Royaume-Uni. Il a travaillé avec les Sex Pistols, les films Monty Python, et beaucoup de groupes australiens qu’on admire. Même Airbourne l’a déjà eu de son côté. C’est pour ça qu’on a voulu bosser avec lui. Entre l’argent, le temps et les moyens, tout s’est mis en place doucement, sur deux ans. On a testé les morceaux en live en même temps qu’on les enregistrait. Donc oui, vraiment, deux ans de fabrication. Et puis on ne voulait pas se précipiter pour sortir le disque. On voulait prendre le temps de le faire, puis de le sortir correctement. Quand on a eu cette tournée avec Airbourne, on s’est dit : “C’est le moment parfait.” Sortir l’album maintenant, avec cette tournée, c’était la meilleure façon de le présenter au plus grand nombre.     

Le son Avalanche : simple, brut, efficace

* : Est-ce qu’il y a une “philosophie” musicale que Steve [James] a apportée pendant l’enregistrement ?  

Veronica : Je dirais que l’idée principale, c’était de simplifier les choses. Il nous faisait surtout des petites remarques, du genre : “Dans le deuxième couplet, garde l’énergie du refrain précédent au lieu de repartir comme au premier couplet,” ou “Baisse un peu ce morceau pour qu’il sonne plus lourd,” ou encore “Coupe cette section de trente secondes.” Des choses simples comme ça, mais qui ont vraiment amélioré les morceaux d’une manière à laquelle on n’aurait peut-être pas pensé seuls.   

Steven : C’est ça, le rock’n’roll. Parfois, le simple est meilleur. Il ne faut pas trop compliquer les choses, parce que les gens n’aiment pas les complications inutiles. Les morceaux les plus simples sont souvent ceux qui frappent le plus fort.  

Veronica : Et en studio aussi, il nous a dit qu’on avait droit à trois prises. Si on ne l’avait pas en trois prises, c’était mort. La plupart du temps, c’était surtout l’énergie du live, la passion des toutes premières prises. Si ça ne passait pas, on passait simplement à un autre morceau. 

 

L’esprit Avalanche : fête et rébellion

:* Pour les textes, l’attitude, il y a toujours cet esprit sang‑et‑bière, mais c’est plutôt une ambiance de pub, ou une vraie question de rébellion contre l’autorité ?   

Steven : C’est clairement plus lié à la rébellion. Surtout en Australie, et dans la façon dont on a grandi : “Il faut bosser, il faut aller à l’école, il faut faire ceci, faire cela.” Mais nous, on voulait juste jouer de la musique. Je joue depuis 13 ans, et presque tout le monde m’a dit que c’était une mauvaise idée. Donc oui, ça ressemble au fait de mordre la main qui te nourrit, en continuant à faire ce que tu aimes alors que les gens ne veulent pas que tu le fasses. Mais on a aussi voulu laisser la porte ouverte, pour que chacun y projette sa propre histoire. 

Veronica : On l’a laissé assez ouvert pour que chacun puisse y mettre sa propre rébellion, son propre conflit.

Un rock sans compromis

: *L’énergie du disque, c’est vraiment du pur headbang, du fun. Et en live, au Zénith, vous ne nous avez laissé aucun répit. Cette rébellion contre la politique ou l’autorité, elle était très nette. Peut-on s’attendre à ce que vous gardiez cette ligne ?  

Steven : Je pense, oui. C’est vraiment ce qu’est le rock australien : la fête, pas de balades. C’est ce que Airbourne fait, ce qu’AC/DC a fait, ce que tous nos groupes préférés ont fait, comme The Angels. Quand un album a une excellente chanson rock, puis tout le reste est rempli de balades ou d’autres styles, c’est décevant. Donc oui, on veut continuer comme ça. On ne réinvente rien, mais c’est ce qu’on aime faire.

Endorsements et première grande tournée mondiale

* : ‘V’, ton énergie, c’est vraiment du pur rock’n’roll — et encore plus impressionnant quand on sait que tu n’as jamais pris de cours. 

Maintenant que vous jouez un peu partout dans le monde, on sent que quelque chose de grand arrive. As-tu, voir tout le groupe, avez-vous eu des endorsements ?  

Veronica : Pour cette tournée, on a eu Marshall et Orange pour les amplis. Ils nous ont fourni tout le matériel.  

Steven : Ça nous a énormément aidés.  

Veronica : Oui, c’était énorme de ne pas avoir à dépenser des dizaines de milliers de dollars en location de matériel. On a toujours utilisé Marshall à la maison et Orange aussi, donc les avoir avec nous pour la plus grande tournée qu’on ait jamais faite, c’était incroyable.       

Et après, la suite ?

: * Steven, après des années de sang, de sueur et de bière — j’adore cette formule, vraiment — où vous emmène l’avenir ?   

Steven : J’ai clairement beaucoup plus de choses en réserve que ce que j’ai déjà sorti. Je dirais que la seule vraie chanson que j’ai écrite de A à Z, c’est *Open to Retaliation*. Et beaucoup de gens disent que c’est l’un des morceaux les plus percutants. J’en ai plein d’autres en stock pour le prochain album, et j’ai vraiment hâte de m’y remettre.   

Veronica : Il écrit la majorité des paroles de notre répertoire. Et oui, on travaille déjà sur le deuxième album, et il y a beaucoup d’autres choses à venir, y compris plus de collaborations.

La flamme old school

* : J’ai grandi avec les débuts d’AC/DC. Vous rallumez vraiment cette flamme. Merci pour cette rébellion !  

Steven : Merci, ça veut dire beaucoup pour nous. 

Des pubs aux grandes salles & L’adrénaline et la rencontre avec le public

* : Aujourd’hui, vous jouez un peu partout. Passer des pubs à de grandes scènes, ça change quoi ?  

Steven : On rentrera bientôt en Australie pour des concerts plus petits, mais ça fait partie du jeu. 

* : Comment gérez-vous toute cette énergie ?  

Steven : On a été reconnus plusieurs fois dans la rue à Paris !  

Veronica : Et les fans sont incroyables. On adore traîner au merch après les concerts. On a même signé une banane !  

[Rires]   

* : Vous redescendez un peu sur terre, ou pas encore ?  

Veronica : Pas encore ! Mais on reviendra vite, alors pas de blues du retour.

Vers la suite du voyage

* : On a évoqué quelques projets futurs — sans tout dévoiler, évidemment — de quoi de plus peut-on déjà parler ?  

Steven : Soutenir l’album en Australie, revenir en Asie, et refaire une grande tournée européenne.  

Veronica : Avant la fin de l’année, on espère.   

* : En espérant quelques festivals en France ?  

Veronica : Oui, absolument. Ce serait génial.   

Steven : Beaucoup de gens nous disent que si on veut vraiment prendre ça au sérieux, il faut revenir deux ou trois fois par an, et c’est vers ça qu’on se dirige. Il y a un autre groupe australien assez populaire, The Southern River Band, qui fait ça depuis quelques années, donc on va sans doute suivre cette structure. Je pense que ça peut très bien marcher.

Lien fort avec le public français

Veronica : Merci d’être venus, de nous avoir accueillis et écoutés avec autant d’énergie.  

Steven : On reviendra, plus fort, plus bruyant.  

Veronica : Et plus fous ! Vous avez été notre mosh pit le plus déchaîné !  

Steven : Les Français sont incroyables. On vous adore.  

* : Merci beaucoup. Je suis tellement contente de vous revoir, merci pour l’interview.  

Steven & Veronica : Merci à toi ! 

ARMED TO THE TEETH, sortie le 13 Février

 

Ce que raconte *Armed to the Teeth* :

*Armed to the Teeth* est le premier album studio d’Avalanche, publié en février 2026, et il condense parfaitement leur esthétique : morceaux courts, riffs tendus, refrains immédiats et refus total des ballades. L’album a été enregistré sur une longue période, avec un vrai travail de maturation, avant d’être lancé au moment idéal, en pleine tournée avec Airbourne.  

Les morceaux cités dans l’interview, comme *Bones* et *Open to Retaliation*, résument bien le projet : une écriture directe, une énergie de groupe en mouvement, et une envie constante de faire du rock qui cogne sans se dérober. C’est aussi ce qui fait la force de leurs concerts : Avalanche ne joue pas seulement des chansons, il les lance comme des défis.

Pourquoi ce groupe compte

Avalanche a cette rare qualité de ne pas sonner comme un simple groupe “à la manière de”. Le groupe revendique ses influences, mais il les transforme en langage propre, avec un équilibre entre héritage et instinct personnel. Steven et Veronica Campbell portent cette identité avec naturel, tandis que Blake Poulton et Bon Lowe verrouillent la machine avec efficacité.

Au fond, ce qui ressort des deux interviews, c’est la même chose : Avalanche joue comme il vit, sans filtre et sans détour. Et c’est probablement pour ça que leur ascension paraît si logique.