Vecteur Magazine

ATLAS ASHES - Et des cendres naît le titan

Par Gwen Flégeau

Le jeune quintet suisse Atlas Ashes dévoile son tout premier album le 14 février prochain. La formation, née en 2022 de l’association de ses deux guitaristes, Nicolas Gendreau et Nathan Storni, et de son batteur Yann Baumberger, rejoints rapidement par son bassiste Vincent Pautu et sa chanteuse Chloé Eigenmann, a déjà l’EP Dead End à son actif. Ce nouveau projet, baptisé New World, nous plonge dans un univers musical death mélodique saisissant, ponctué de riffs dynamiques, de mélodies envoûtantes et de textes impactants portés par une voix puissante. Influencé par les grands noms du genre, Atlas Ashes nous propose un premier album énergique à la production bien ficelée.

Chloé et Nicolas, ont accepté de m’accorder un peu de leur temps pour répondre à quelques questions et nous présenter leur groupe, et New World.

Comment est né le projet ATLAS ASHES ?

  • Nicolas : ça date de plusieurs années on peut dire, on a essayé de monter plusieurs projets, dont un petit groupe qui s’appelait Babylone, où on mélangeait un peu de metal, un peu de black, et j’ai rencontré Chloé comme ça à l’époque.
  • Chloé : avec Nicolas on avait un autre projet il y a quelques années où on a essayé de faire quelques petites compos mais c’était plutôt tourné black & death. Finalement, les membres du groupe n’étaient pas très stables et le projet est un peu mort dans l’œuf, donc on s’est arrêtés là. Quelques mois plus tard Nicolas m’a recontactée en me disant qu’il avait des musiciens, des nouvelles compos, et il m’a demandé si ça me tentait de refaire quelque chose. J’ai écouté les compos et j’ai directement aimé ce côté plus death melo, un peu plus Parkway Drive, Arch Enemy, etc. Je suis une grande fan d’Arch Enemy donc ça m’a automatiquement plu. C’est là qu’on a commencé le projet Atlas Ashes. Depuis on a composé, beaucoup répété, et là ça commence à se lancer.

 

Comment décririez-vous votre musique ?

  • Chloé : c’est un mélange de plusieurs choses !
  • Nicolas : je ne sais pas si on peut la décrire en un style.
  • Chloé : on a beaucoup d’influences, comme je disais. Moi au niveau chant, j’ai beaucoup pratiqué sur du Arch Enemy, l’ancien Arch Enemy avec Angela Gossow. C’est une de mes inspirations principales, mais j’écoute aussi beaucoup de Lorna Shore, de tous ces groupes un petit peu deathcore etc, et puis dans les riffs de guitare ce sera beaucoup de Parkway Drive, Trivium…
  • Nicolas : Musicalement, on partait du principe qu’on a tous des styles un peu différents, même si ça se regroupait toujours, mais des groupes favoris différents. On a décidé d’assembler tout ce qu’on aimait dans ces groupes-là pour créer un mélange de styles, autant passer du Parkway Drive que du In Flames à du Arch Enemy, essayer de prendre tout ce qu’on aime et de faire un petit cocktail de tout ça.
  • Chloé : c’est pour ça, quand on doit se situer, on dit « death melo mais avec plein d’influences » !

 

Justement, vous avez commencé à pas mal en parler, mais pouvez-vous préciser vos influences ?

  • Chloé : au niveau de la voix, principalement Angela Gossow. C’est une des premières femmes que j’ai écouté dans le metal, et j’ai trouvé son travail tellement inspirant, tellement poignant… Le type de voix qu’elle a, l’énergie qu’elle arrive à mettre dans sa musique, les émotions qu’elle arrive à transmettre avec cette voix tellement puissante, l’énergie qu’elle a sur scène… C’est vraiment devenu mon modèle principal pour le chant. Evidemment, j’écoute plein d’autres femmes et plein d’autres chanteurs, mais les gens qui écouteront Atlas feront le lien, je pense, assez facilement. En tout cas on me l’a déjà dit en live, « on entend l’ancien Arch Enemy dans ta voix », et pour moi c’est un énorme compliment !
  • Nicolas : musicalement, je pourrais dire un mélange de Lamb of God suivant les riffs, on essaie de faire des sons impactants et mélodiques à la Parkway Drive, des mélodies clean à la In Flames, du Insomnium suivant les morceaux, vraiment un peu de tout, dès que c’est mélodique y’a pas vraiment de groupes en particulier, ça part dans tous les sens à ce niveau-là.
  • Chloé: Nicolas est le compositeur principal, mais y’a aussi notre autre guitariste Nathan, qui lui est hyper polyvalent et inventif dans tout ce qu’il fait, il peut nous sortir des mélodies en répète comme ça en deux secondes. Tout ça mélangé, ça crée Atlas Ashes.

 

Vous préparez la sortie de votre premier album NEW WORLD prévu le 14 février. Comment s’est passée son écriture ?

  • Chloé : oh alors c’était un peu long et fastidieux ! En tout cas dans ce que moi j’ai ressenti. Comment le processus de compo se faisait ? C’est que Nicolas et Nathan se mettaient ensemble pour brainstromer, ils passaient des après-midis voire des week-ends ensemble pour tout ce qui était structure globale des morceaux. Ensuite, quand ils avaient quelque chose de presque fini, ils l’envoyaient à notre batteur, Yann, qui lui posait sa batterie dessus, il aime bien faire des trucs qui ne sont pas forcément basiques, donc il complexifiait un petit peu l’ensemble. Quand tout ça était à peu près mélangé, ils me le tendaient en me demandant « est-ce que tu es inspirée par ça, est-ce que ça te plait, quelles paroles tu verrais dessus ? ». J’aime bien travailler quand quelque chose est déjà globalement fini, et en fonction de l’énergie du morceau, de la vibe à laquelle je pense sur le moment, j’essaie de développer des paroles. Ça a été un processus assez long, en tout cas les morceaux, ça venait au compte-goutte.
  • Nicolas : c’était long, mais c’était évident, je dirais. C’était long, mais il suffisait d’un déclencheur et le morceau pouvait être composé dans la journée, mais parfois il nous aura fallu trois semaines pour avoir ce déclencheur.
  • Chloé : certains morceaux de l’album, ça fait une année qu’on les joue en répète, et d’autres qu’on a que depuis un mois. C’est assez intéressant aussi parce que, cet album, on n’a pas forcément l’impression qu’il est nouveau presque. Certains morceaux existent déjà depuis un moment.
  • Nicolas : en gros, on est partis du principe qu’on crée chacun notre tour notre partie, on attend la validation de chacun, et si ça plait à tout le monde c’est parti. On ne va pas remettre en question le travail des autres. Nous, les musiciens, on n’y connait pas grand-chose question paroles, bien sûr on lit, on donne notre avis, mais en général Chloé nous balance des one shot. On a toujours été hyper contents de ce qu’elle a fait. On se connait bien, donc quand on compose, on sait exactement si ça va lui plaire ou pas, et on lui fait complètement confiance à ce niveau-là.
  • Chloé : des fois, Nicolas m’envoie des idées sur la façon de poser et j’essaie de coller à ce qu’il m’a proposé, ou alors j’essaie d’intégrer ses idées. Mais pour moi c’est très difficile de travailler sur rien, je ne suis pas quelqu’un qui va écrire un texte de A à Z et dire « voilà, j’aimerais faire une chanson avec ça », parce que sinon j’ai l’impression que ça va me frustrer si le texte ne rentre pas exactement comme je voulais où je voulais. Je préfère travailler sur la musique déjà quasi finie, comme ça je peux adapter mes tournures de phrases pour garder le sens de ce que je veux dire, et que ça suive avec la mélodie.

On peut parler d’une évolution rapide entre votre EP DEAD END sorti en 2023 et NEW WORLD en 2025. Est-ce grâce à une sorte de symbiose entre les membres du groupe ?

  • Chloé : on est vraiment amis en-dehors du groupe, on fait des soirées ensemble, on va boire des verres… Je pense que pour avoir une symbiose de groupe, c’est important de ne pas juste se voir comme des « collègues de musique ». Donc oui, on est vraiment amis dans la vraie vie. Il y a eu un step entre l’EP et l’album, et je pense que ça vient aussi du fait que les morceaux de l’EP sont des morceaux qui existaient à la création d’Atlas, c’était des compos que Nicolas avait faites pour monter le groupe. On a évolué avec le groupe entier, on a commencé à composer des choses ensemble alors qu’avant, c’était Nicolas qui faisait tout le travail. Les inspirations ont évolué avec tous les membres du groupe.
  • Nicolas : on ne savait pas trop ce qu’on voulait faire, on voulait simplement faire de la musique ensemble. C’était le principal, jouer ensemble sur scène. On voulait créer quelque chose ensemble. Cet EP, c’était ce qui nous venait, ce qui nous inspirait à ce moment-là. En finissant l’EP, on a compris dans quelle direction on voulait aller. On a vu les styles sur lesquels on voulait vraiment se concentrer, et je pense qu’on a tous été d’accord sur le chemin musical qui a été empreinté. Je ne crois même pas qu’on en ait discuté en fait. C’est un peu une symbiose, c’était naturel.

 

NEW WORLD est clairement une pépite, qui propose 9 titres résolument death melodic dont « Ashes » qui apparait comme une intro épique et tonique qui met les pieds dans le plat d’entrée de jeu. Je suis incapable de choisir le morceau que j’ai préféré entre « New World » et « Promises are Lies ». Pouvez-vous nous parler de l’ambiance générale de NEW WORLD et les messages que vous souhaitez faire passer avec cet album ?

  • Nicolas : je ne sais pas si je peux me permettre de dire ça, parce que je vais parler au nom des autres musiciens, mais je pense qu’on avait envie de montrer de quoi on est capables, qu’on n’a pas vraiment de limites, de murs. Je ne sais pas vraiment comment expliquer ça, mais il y a des morceaux vraiment mélodiques, d’autres où on se prend un coup de pied dans la tête. Le but, c’était vraiment de mettre tout ce qu’on aime sur la table. Au niveau de tout ce que l’album veut retranscrire, c’est surtout Chloé qui a réussi à donner vie à ça, si je peux dire. C’est elle qui arrive à trouver les textes, les mots justes.
  • Chloé : pour ce qui est des textes, je suis vraiment contente de ce que j’ai réussi à transmettre, ils sont largement inspirés de mes convictions, je suis assez engagée. Justement, on parlait de « Promises are Lies », qui est un texte que j’ai écrit par rapport aux horreurs qui se passent à Gaza, et je trouve qu’il est hyper actuel comme texte, même encore maintenant avec toutes les horreurs aux États-Unis… J’ai essayé de donner une ambiance « le monde commence à partir en vrille » et de dénoncer ce qui se passe. Je pense que mon morceau préféré de l’album est « Women’s Venom », parce que j’ai une grosse part de féministe qui sommeille en moi. J’avais besoin, à un moment donné, de donner un coup de pied dans la fourmilière, genre « allez vous faire voir en fait », les femmes ont aussi leur voix, elles peuvent aussi s’émanciper de tout ça. Il y a plein de textes qui viennent du plus profond de mes tripes. Il y a aussi un texte qui parle de la maladie d’Alzheimer, ça me tient à cœur parce qu’un membre de ma famille est touché par ça. Toute cette ambiance un peu « c’est la merde » donne envie de crier en fait. On a envie de dire que le monde va mal, et si tu veux mettre toute ton énergie là-dedans et hurler tout ce que tu peux, vas-y. Je pense que New World est assez représentatif de ça, dans les textes en tout cas.

 

Préparez-vous une tournée pour présenter NEW WORLD sur scène ?

  • Chloé : c’est compliqué ! Nous sommes en Suisse, et, en Suisse, il y a peu de salles de concerts qui acceptent les petits groupes. La Suisse est divisée entre la partie qui parle français et la partie qui parle suisse-allemand, et c’est très difficile de se frayer un chemin à travers la partie Suisse allemande. Ils ont beaucoup de réticences à inviter des groupes suisses romands, donc de la partie francophone. On essaye, on va y arriver. En attendant, on se concentre sur la Suisse romande, et puis peut-être potentiellement essayer d’aller en France puisqu’on n’est pas si loin.
  • Nicolas : on est en train effectivement de regarder en ce moment justement pour partir en France, pas trop loin de la Suisse, dans le secteur de Lyon et tout ça. C’est vrai que ce serait vraiment le top de partir en France, faire une petite tournée, c’est quand même le but de faire écouter notre album à tout le monde, mais c’est sûr que c’est une question d’organisation. Et comme tu l’as dit avant, c’est allé tellement vite qu’il y a des choses qu’on n’a pas vraiment eu le temps d’assimiler en fait. On a eu la chance de jouer dans un petit festival au mois de novembre, c’était notre quatrième concert. On ne s’attendait pas à ce qu’il y ait autant de monde ! Là, on a des dates qui arrivent prochainement, qui vont être annoncées bientôt, et on ne pensait pas jouer des dates pareilles !
  • Chloé : et puis c’est nous-même qui gérons tout ça, on n’a pas d’agent qui cherche des dates pour nous, on n’a personne qui nous aide. Faire ça en tant que membre de groupe, en plus on travaille tous à côté, c’est un peu compliqué.

 

Comme ça le message est passé, si jamais un agent passe par là… En tout cas je n’avais pas conscience de la difficulté que les groupes suisses peuvent rencontrer à se produire…

  • Chloé : c’est pas facile oui !
  • Nicolas : et pourtant, il y a énormément de groupes mine de rien sur la partie Suisse romande, beaucoup d’amis à nous très talentueux, mais c’est dur. J’ai l’impression qu’une fois qu’on a réussi à partir une fois en Suisse allemande, qu’on commence à se faire connaitre par exemple, là c’est bon, les portes sont ouvertes, mais il faut arriver à se faire cette place, c’est ça le plus compliqué.

 

Comment envisagez-vous le futur de ATLAS ASHES ? Quels sont les projets du groupe ?

  • Nicolas : premièrement que l’album plaise, que tout ce travail qu’on a fait, qu’on a donné, que ça plaise. On est contents parce que notre label M&O distribue ça comme il faut, donc ça nous permet d’avoir une bonne visibilité qu’on n’aurait pas pu avoir sans lui. Pour la suite, on a envie de jouer en live un maximum, de voir des gens, tout simplement. Et puis pour la suite à long terme, de grossir, avoir de plus en plus de personnes qui aiment notre musique, de se donner à fond, d’autres albums !
  • Chloé : oui et puis essayer d’avoir des dates plus grandes. Peut-être jouer en première partie avec des groupes plus gros que nous, pouvoir monter les échelons. Là, on participe à un concours qui a été lancé : en Suisse il y a un festival qui s’appelle le Summer Side Festival, et ils ont lancé un concours pour que des groupes suisses jouent là-bas, les gens peuvent voter pour nous, et si on a suffisamment de votes, on va pouvoir aller jouer sur leur scène. Les votes sont ouverts jusqu’en février, donc on essaie de faire de la pub pour qu’on ait l’opportunité d’aller jouer dans un grand festival à l’échelle suisse. Nicolas a aussi des contacts dans un autre festival, cette fois en Suisse romande, qui fait quand même venir des groupes pas mal. L’an dernier il y a eu Behemoth, il y avait des groupes assez intéressants, et assez gros dans la scène metal. Peut-être qu’en 2026, on aura l’opportunité de jouer là-bas, en fonction de si New World a bien marché, si on donne d’autres concerts qui auront été satisfaisants…
  • Nicolas : le plus dur ça va être ça, de prouver aux gens qu’on est capables, qu’on donne tout sur scène à chaque fois, qu’on a envie de réussir. On n’est pas là pour s’endormir, on est là vraiment pour donner un show aux gens, qu’ils ne soient pas déçus d’être venus, qu’ils nous connaissent ou qu’ils ne nous connaissent pas, qu’il y ait 10 ou 500 personnes dans la salle. Pour nous c’est égal, on veut juste jouer et donner tout ce qu’on a, c’est le principal.

Comment se sont passées les premières expériences scéniques de ATLAS ASHES ? Comment le public a accueilli votre projet ?

  • Chloé : le premier concert qu’on a fait avec Atlas, c’était dans un petit bar à Lausanne qui s’appelle le Barberousse, c’est un bar ambiance « cale de bateau », donc c’est une jauge minuscule, on avait l’impression que le bar était rempli à ras bord. On y a joué un mercredi soir, il y avait nos amis de Fallen Skies avant, et nous ensuite. La scène était toute petite, du coup moi qui aime beaucoup bouger, j’ai failli débrancher des trucs, débrancher des câbles 15 fois…
  • Nicolas : t’as éteint mon ampli !
  • Chloé : ah oui, j’ai éteint ton ampli sans faire exprès ! En marchant dessus… Mais c’était une très bonne expérience et le public était chaud bouillant, il était composé à 60-70% de nos amis, donc c’était aussi plus facile de jouer devant un public qui était intéressé. C’était les potes, donc ça nous a mis en confiance en fait. J’avais déjà fait de la scène avant avec mes anciens projets il y a quelques années, mais par exemple Nicolas, c’était la première fois qu’il jouait sur scène. Je pense que c’était la meilleure chose qu’il puisse avoir !
  • Nicolas : je n’ai jamais autant stressé de toute ma vie je crois ! J’ai oublié les morceaux 2min avant, mais au final c’était vraiment extraordinaire. Pour une première fois, je ne pensais pas avoir autant de monde, une aussi bonne ambiance, ça a motivé pour la suite en fait !
  • Chloé : et justement, ça a permis de montrer qu’on était capables de jouer tous ensemble, même si la scène était petite, même si on oublie nos morceaux, même si tout ça. Qu’on a la symbiose du groupe comme tu disais avant, et même s’il y a quelques erreurs au début, c’est pas grave tant que les gens kiffent, c’est ça de pris, c’est tout ce qui compte. Après, on a joué dans quelques petits bars, et la plus grosse expérience qu’on a eue, c’était le festival Nyon’s on Fire en Suisse, qui est sur une journée. On a ouvert le festival, et c’est la scène la plus grande sur laquelle on a pu jouer. Les scènes de bar c’est bien mais c’est petit, là ça nous a justement prouvé qu’on était capables d’occuper la scène et de jouer devant plus de gens que tout ce qu’on n’avait jamais fait. On attend de voir les prochaines, si on joue dans des petits bars, c’est cool, l’ambiance est plus « camarades », et si on joue devant une foule énorme c’est pas la même chose, mais c’est tout aussi bien tant qu’on est sur scène.
  • Nicolas : on ne va pas se mentir, le fait de jouer sur une scène plus grosse, ça donne quand même envie. Une fois qu’on a goûté à ça, on a qu’une envie, c’est d’y retourner, on a la place de marcher, c’est un kiff.

 

L’artwork de l’album est très évocateur, avec une petite touche SF, comment vous êtes-vous mis d’accord pour le choisir ?

  • Nicolas : ça a été assez rapide. J’ai contacté un ami qui bosse la 3D, je voulais absolument avoir une pochette faite par quelqu’un, pas une IA, pas une image, qu’il y ait autant de travail sur la pochette que dans la musique. J’ai fait appel à Alban (leon.neon.glow sur Instagram), il avait déjà travaillé avec Landmvarks, avec Bring Me. Vu que notre logo c’est la main d’une femme qui part en cendres dans un losange, cette idée représenterait un peu l’intouchable, l’espoir si je puis dire. La femme qui est représentée sur cette pochette serait aussi la femme qui est présente dans notre logo, qui essaierait d’atteindre, du bout de sa main, l’artéfact, le losange, mais qui serait toujours un but inatteignable. En gros. Si je peux imager ça. Ça s’est fait super facilement, même si l’idée était compliquée à expliquer.
  • Chloé : c’est vrai qu’au début, c’était un peu abstrait. Nicolas nous a présenté l’idée, mais on avait du mal à visualiser. Alban a fait des tests et nous a proposé plusieurs visuels, on a choisi à partir de l’idée que Nicolas avait proposée. Il en a fait plusieurs déclinaisons et on a choisi ce qui nous parlait le plus. Ça a donné cette femme qui essaie d’attraper l’artefact justement inatteignable. En fait on ne sait pas ce que c’est, c’est ça qui est mystérieux et intéressant, je trouve, dans ce visuel, parce qu’en fait ça pose plein de questions. On peut aussi laisser aux gens l’interprétation qu’ils en font avec les paroles de l’album.

 

Si vous pouviez travailler sur un futur morceau avec n’importe quel.le artiste, lequel ou laquelle serait-ce ?

  • Chloé : c’est facile pour moi ça ! Angela Gossow ! C’est la seule personne que je voudrais avoir à mes côtés si un jour je ne devais faire ne serait-ce qu’une seule collab.
  • Nicolas : Jeff Ling, le guitariste de Parkway Drive ! J’adore ce mec, j’adorerais être comme lui quand j’aurai 40 ans ! Sa façon de jouer, sa manière de jouer en live, sa façon de composer, tout.

 

Le mot de la fin est pour vous :

  • Chloé : j’aimerais parler du nom du groupe, pourquoi Atlas Ashes : on avait comme idée de partir du titan Atlas qui a cette malédiction de devoir tout porter, le monde, la misère du monde sur son dos, et Ashes parce que le monde est en train de se consumer et est en train de ruisseler sur le titan. Il est en train de porter ce monde qui brûle et qui se consume sur lui, avec les cendres. Les cendres d’Atlas, ça nous a paru assez évocateur comme nom de groupe.
  • Nicolas : c’est exactement ça. Sinon, que dire de plus, j’espère que l’album va plaire, j’espère que les gens vont pouvoir l’écouter, qu’il y aura des bons retours, et même autant des bons que des négatifs, tout est constructif de toute façon. J’espère que ça va tourner, que les gens vont se le partager. Et qu’on puisse venir jouer en France le plus vite possible, qu’on se développe au niveau du live, et de plus en plus de grosses scènes !

PLUS D'INFORMATIONS

  • Artiste : ATLAS ASHES
  • Album : NEW WORLD
  • Label : M&O Music Label
  • Date de sortie : 14 février 2025

En conclusion...

New World s’ouvre par « Ashes », intro nous laissant entre-apercevoir ce qui nous attend tout au long de ce premier album, aussitôt suivi par l’énergique « Promises are Lies ». Le ton est ainsi donné. Les influences scandinaves sont effectivement bien présentes et donneront le sourire à tout bon amateur du In Flames d’il y a 20 ans, l’interlude sur le titre éponyme « New World » et sur « Hope Will Return » faisant dresser les poils des nostalgiques. La voix de Chloé fait honneur à ses influences, c’est indéniable. Atlas Ashes, au-delà de ses inspirations, dépoussière le death mélo qu’on connait bien. Les jeux de guitares sont précis, et les touches de heavy voire de groove sont assumées pleinement, preuve avec « Women’s Venom » et le puissant « Talentless » notamment. Les sujets abordés sont certes classiques, à quelques exceptions près, mais l’ensemble est bien construit, la production est d’une très grande qualité et ravira à coup sûr les fans du genre. Atlas Ashes nous offre un premier album plus que convaincant, où l’énergie ne fait qu’un avec l’émotion dans une surprenante constance de la première à la dernière piste. Le date est calé le 14 février !