Muscadeath 2026 : deux jours pour conjuguer l’extrême au pluriel
18 & 19.09.2026
Article par Cidàlia Païs & avec des photos de Yannick Lachaire
Vallet, une destination à retenir
Un grand merci à Benoît Denis, Manue Denis et Ghislain Méchineau, de Carnage Asso Muscadeath, ainsi qu’à l’ensemble des bénévoles, et l’enceinte du Champilambart de Vallet, pour leur travail et l’organisation impeccable de cette édition. Merci également et surtout, à Alexandre Saba de M&O Office pour l’invitation, qui nous a permis de vivre et de couvrir ce rendez-vous pour Vecteur Magazine.
À celles et ceux qui n’ont encore jamais fait le déplacement, je recommande de prendre la direction de Vallet. Pour retrouver un groupe aimé ou en découvrir d’autres, le Muscadeath mérite sa place dans votre calendrier. Je suis venue pour DECAPITATED ; je repars avec un festival à recommander.
Entre les interviews de Vogg et de Tobias de VOMITORY, des quinze groupes, cinq prestations ont marqué mon édition plus particulièrement : GALIBOT, LES BÂTARDS DU ROI, BENIGHTED, VOMITORY et, bien sûr, DECAPITATED.
Cinq manières de faire vivre l’extrême, de l’intensité la plus sombre à la joie la plus communicative.
GALIBOT : une force qui vous traverse
Chez GALIBOT, l’énergie est palpable. Elle prend une dimension particulièrement physique à travers la force monstrueuse de la chanteuse, dont la présence donne au concert un impact qui dépasse la seule puissance musicale. L’intensité ne reste pas une promesse : elle s’incarne.
C’est cette force que je retiens avant tout. Pas seulement de la violence, mais une manière de porter le groupe et d’habiter sa musique qui place GALIBOT parmi les temps forts.
LES BÂTARDS DU ROI : prendre toute la place
LES BÂTARDS DU ROI impressionnent par leur capacité à occuper l’espace. Leur présence donne de l’ampleur à la prestation, sans rien sacrifier à la précision de l’exécution.
La rigueur ne refroidit pas l’ensemble ; l’intensité ne le fait pas déborder. C’est dans cet équilibre que le concert trouve sa force : une maîtrise qui soutient l’engagement plutôt qu’elle ne le retient.
BENIGHTED : la folie, avec le sourire
Folie, énergie, joie, technicité : chez BENIGHTED, ces quatre mots vont ensemble. La maîtrise n’assagit rien, et le débordement n’efface jamais la précision. Tout l’intérêt est là, dans cette capacité à faire cohabiter l’exigence musicale et la jubilation.
Je retiens autant cette joie que la performance elle-même. BENIGHTED m’offre l’une des plus belles décharges d’énergie du week-end, avec une folie qui ne s’oppose pas à la technique : elle s’appuie sur elle.
VOMITORY : les monstres de l’old-school
VOMITORY, ce sont les monstres de mon Muscadeath. L’old-school, le gore, la présence : une identité nette, dont la force tient autant à l’ensemble qu’aux individualités. Et derrière la batterie, Tobias occupe une place de choix dans mon souvenir.
L’avoir également interviewé pour Vecteur Magazine donne à ce passage à Vallet une dimension supplémentaire. Mais le concert n’a nul besoin de l’entretien pour figurer parmi mes favoris : VOMITORY s’y impose par sa présence et ce caractère old-school pleinement assumé.
DECAPITATED : la précision et la joie
Impossible de jouer les détachées : DECAPITATED est la raison de mon déplacement. Mais au-delà de l’attachement à mon groupe préféré, c’est la joie qui domine mon souvenir du concert, autant que la technicité.
Vogg en est évidemment l’un des artisans. Sa maîtrise me frappe, et l’avoir interviewé durant le festival réunit les deux dimensions de ce week-end : le travail de journaliste et le plaisir de retrouver un musicien dont j’aime profondément le groupe.
Pour autant, mon regard ne s’arrête pas à sa guitare. James Stuart est un monstre derrière la batterie, tandis que Paweł apporte le groove. Eemeli, lui, part à la conquête du public nantais : sa présence et sa volonté de l’embarquer donnent au concert toute sa dimension collective. Quatre musiciens, des forces différentes, et cette joie qui fait vivre la technique plutôt qu’elle ne la laisse devenir une fin en soi.
Grandir sans perdre son Âme
La conférence de presse permet aussi de regarder au-delà de la scène. Les organisateurs y défendent un festival à taille humaine, sans volonté de grossir à tout prix. Consacrer l’essentiel du budget à une tête d’affiche plus coûteuse n’est pas leur objectif : la priorité reste l’équilibre du projet, sa proximité avec le public et des tarifs raisonnables.
Cette réflexion traverse aussi la programmation. Faire cohabiter les références old-school et des courants plus récents doit permettre d’accueillir de nouvelles générations sans perdre le public historique. Le renouvellement ne se pense donc pas contre l’identité du Muscadeath, mais avec elle.
Enfin, l’esprit familial revendiqué par l’équipe repose sur un engagement concret : celui des bénévoles, de la billetterie à la restauration en passant par le merchandising. Derrière l’affiche, il y a un collectif qui fait vivre le festival.
Vous dites ‘mais, et les festivaliers ?’
Impossible de les oublier. J’ai vu des retrouvailles qui feraient rager les plus belles fêtes de famille, un esprit de solidarité qui est beau à voir. Les rencontres autour des artistes venus les saluer au Merchandising, ou autour des exposants, ou autour d’une petite fringale transbordaient d’excitation.
Les Fidèles étaient au RDV et nous racontaient suivre le fest depuis sa genèse. Présents dès la première et jusqu’à la dernière seconde, eux, les métalleux, ont offert cette ambiance de joie bien palpable. Mais je crois que les moments les plus fous, de ceux que j’ai vu, se sont déroulés pendant le set de BENIGHTED, mais quelle FOLIE ce pit !