Crédits : Charlotte Schneider
* Salut Niko, comment vas-tu ?
Niko : Ça va super et toi ?
* Super aussi, merci beaucoup de m’accorder une interview !
Niko : C’est avec plaisir !
* Avant d’attaquer dans le dur de l’album, c’est un plaisir de vous voir de retour. Je me doute que ça doit faire quelque chose de revenir après une longue pause, mais bien méritée ?
Nikos : Oui, ça fait du bien d’être enfin de retour ! C’est génial de pouvoir de nouveau sortir des morceaux. Je tiens avant tout à clarifier les choses sur cette pause : c’était à des fins musicales. Ce n’était pas une pause pour faire de la musique, mais plutôt pour arrêter pendant un moment d’être en tournée et d’enchaîner les opérations de communication. On avait besoin de se retrouver autour de la musique plutôt que d’en faire. Il y avait cette volonté d’explorer plus en détail ce dont on voulait et ce dont on était capable. Avant de faire ce choix, on a travaillé à fond pendant plusieurs années. Au total, en l’espace de trois ans environ, on a fait plus de 300 concerts partout dans le monde. Quand tu travailles dans un domaine où tu as constamment des deadlines, que tu as des contraintes parce que tu dois sortir des albums à une date précise, puis une tournée, tout le travail fait en studio devient redondant. On savait comment construire nos morceaux, donc on les enchaînait, surtout parce qu’il le fallait. On s’est rendu compte que ce n’est pas le but de départ quand tu vis de la musique, et ce n’est pas ce qu’on voulait. Notre but en tant que musiciens est de voir chaque chanson comme une quête, une opportunité pour mieux nous connaître intérieurement. C’est pour cette raison précise qu’on a pris la décision de faire cette pause. On pense que c’est une décision dramatique de faire une pause aussi longue, mais ce n’est pas vraiment le cas. C’est d’ailleurs tout le contraire, je dirais. Au final, on s’est pris des petites vacances, mais dès le mois de janvier 2025, on était de retour en studio. Le but était de pouvoir revenir avec quelque chose, même si on ne savait pas exactement comment. C’est venu tout doucement, et on a vraiment repris goût à faire de la musique.
* Pour entrer dans le vif du sujet, “Painstream”, parle, comme son nom l’indique, de la souffrance mais sous plusieurs aspects différents. Chacun d’entre nous, à un certain moment, expérimente la douleur de manière plus ou moins forte, et elle est extrêmement importante dans le processus de guérison. Est-ce ce que toi, ainsi que le groupe, a vécu pendant cette pause ?
Niko : Oui tout à fait, et comme je l’ai dit, le fait de faire une pause n’était pas du tout voulu. On n’a pas non plus eu cette idée précise de parler de tout ça. On a d’abord travaillé sur les morceaux, et l’idée du titre est venue après. On a laissé la musique nous guider. Que ce soit avant ou pendant la pause, chacun d’entre nous a traversé des moments plus ou moins difficiles, que ce soit d’un point de vue personnel ou en tant que groupe. En n’étant plus en tournée ou en studio, ça nous a permis de prendre plus de temps pour se tenir au courant de ce qu’il pouvait se passer dans le monde. Malheureusement, on a vu énormément de choses affreuses se dérouler un peu partout. Évidemment, il s’est toujours passé ce genre de choses, mais cette fois-ci, on avait vraiment le temps de se renseigner et d’en entendre assez parler pour comprendre l’ampleur des catastrophes. On se rend plus facilement compte à quel point le monde est un endroit sombre et effrayant. On a eu de longues conversations sur tout ça, et ça a été l’une de nos sources principales derrière l’écriture de certains de ces morceaux. Une chose très importante qu’on s’est dite dès le départ est de savoir concrètement ce qu’on voulait faire pour ce nouvel album, et surtout pourquoi est-ce qu’on continue de faire tout ça. Une autre chose, c’était de faire des morceaux qui avaient du sens, qu’on avait une bonne raison de les sortir. Il y avait ce besoin d’importance. Tous les morceaux de l’album ont leur importance, que ce soit sur comment on perçoit le monde, ou bien sur la manière dont tout cela nous affecte. Quand on a su qu’on avait écrit les bons morceaux pour ça. On a vite compris que chacun des titres parlait d’une manière ou d’une autre de la douleur. On parlait soit, de la douleur qu’on peut ressentir personnellement parlant, soit d’un point de vue universel. On parlait aussi de la douleur physique, comme émotionnelle. Ça a encore plus de sens pour nous, parce que la musique a toujours été thérapeutique. C’est l’une des raisons principales pour lesquelles on continue d’aller en studio : c’est pour extérioriser tout ce qu’on ressent et éprouve. Si quelque chose nous cause du souci, ou nous peine, ça va être un moteur pour créer une chanson. C’est comme ça qu’on fonctionne. On a aussi réalisé que la douleur a d’ailleurs toujours été présente. On ne s’était jamais fait cette réflexion avant. Pendant toutes ces années, j’ai même gardé une note sur mon téléphone avec le mot ‘painstream’, mais je voyais ça plus comme une blague. À un moment donné, surtout ici en Finlande, beaucoup de personnes nous disaient que BLIND CHANNEL n’était pas du vrai rock, ni du metal, mais qu’on faisait de la chanson commerciale et mainstream. J’avais trouvé la réplique de dire qu’on faisait de la painstream music en réponse à ces remarques. On trouvait ça très drôle. Mais quand on a commencé à écrire un album entier sur les différentes douleurs qu’on peut ressentir, on ne trouvait plus ce mot si drôle. Il est apparu comme une vérité. Ça pose de vraies questions sur ce que sont concrètement toutes les sources de douleur dont on peut être victime. Est-ce qu’on stream de la douleur en créant des titres comme ceux-là ? Est-ce que, quand je ne me sens pas bien et que j’écoute de la musique, je contribue à cette chaîne de douleur ? Quand on est sur scène et qu’on joue des morceaux qui parlent de la douleur, et que les personnes qui s’y retrouvent se sentent tristes, est-ce qu’on ne crée pas une connexion basée sur la douleur ? Ce mot, qui était donc une blague au départ, a pris un tout autre sens très important. On s’est donc tous mis d’accord pour appeler cet album ainsi.
*J’aime beaucoup cette manière de voir les choses. Je te rejoins aussi sur le titre, parce que quand je l’ai lu pour la première fois, j’ai de suite pensé au mot “mainstream” et à quel point c’est simple, comme tu le disais, de consommer de la musique, ou quoi que ce soit d’autres, encore plus quand tout va mal. J’image qu’en tant que musicien, c’est peut-être un récit que tu peux entendre de la part de vos fans ‘Merci pour votre musique, elle m’aide au quotidien’. Est-ce aussi pour ça que le thème de la douleur est abordé sous le point de vue de l’unité, parce qu’on la ressent tous et toutes ?
Niko : Oui, cette idée d’unité est plus tournée comme une question qui réside tout le long de l’album. On était déjà assez loin dans le processus de l’album quand on a réalisé à quel point la douleur est universelle. L’album est une exploration à entreprendre pour comprendre ce que toute cette douleur signifie, et sur ce que ça signifie d’être un être humain. Tout le monde passe par là à un moment donné. On est aussi habitué à voir les gens se détruire en causant de la douleur. La vraie question derrière tout ça est : est-ce que la douleur peut, au contraire, nous rassembler ? L’album n’y répond pas, on ne peut pas y répondre non plus, mais c’est ce qui fait de nous des humains. On oublie facilement que l’on coexiste tous et toutes ensemble, et ce n’est pas toujours simple. Je pense aussi que c’est une question très compliquée à répondre, notamment parce que ça passe au-delà de notre manière de concevoir et de comprendre le monde. Réfléchir à tout cela m’a aussi fait réfléchir sur l’art de manière générale. L’art est fait pour te questionner, et les bonnes œuvres d’art te font réfléchir. Tandis que le divertissement t’encourage à faire le contraire, pas que ce soit nécessairement mauvais. Quand tu regardes ou que tu écoutes des choses que tu aimes, tu ne réfléchis pas autant que si tu regardais ou écoutais une œuvre d’art. C’est pour ça que je vois l’art comme s’il y avait plusieurs étapes, parce que ça te permet de te poser différentes questions sur différents sujets. C’est vraiment ce qu’on voulait faire avec cet album : faire réfléchir les gens.
* J’aimerais qu’on se concentre un peu sur les paroles parce que votre manière d’écrire est quelque chose qui m’a toujours plu et intéressée. Dans le premier morceau de l’album, “Messiah”, j’ai beaucoup aimé une parole en particulier : ‘But you can’t spell martyr without art’ [‘Mais on ne peut écrire martyr sans art’]. Autre le fait que ça montre cette souffrance inévitable, je trouve ça beau de relier l’art à la peine parce que je trouve que l’art est quelque chose qui est connecté avec la passion. Dans la terminologie du mot passion, il est d’ailleurs dit qu’il faut souffrir pour arriver où on le désire. D’un point de vue plus personnel, comment trouves-tu un remède face au fait de souffrir pour ton propre art, si c’est le cas bien sûr ?
Niko : C’est une très bonne question, tu es déjà dans cette phase de réflexion plus poussée où on voulait amener les gens ! Même si les gens peuvent très bien écouter et adorer l’album sans avoir à creuser pour chercher les sens cachés. Mais j’aime le fait que tu creuses ça, c’est en pensant à tout ça que je travaille sur les paroles. Aucune parole n’est faite au hasard. J’ai fait la paix avec beaucoup de choses qui me sont arrivé. D’ailleurs, chaque personne du groupe apporte ses propres réflexions et expériences. Le but n’est pas de trouver une solution à tous ces problèmes, mais de les mettre en forme. Pour moi, un morceau n’est jamais aussi bien que quand je travaille dessus et qu’il naît entre mes mains. C’est la forme la plus parfaite. Pas qu’après c’est moins bien, pas du tout, mais en tant qu’auteur-compositeur, quand une chanson naît, elle est la chose la plus parfaite à mes yeux. Quand elle sort sur les plateformes et que tout le monde peut l’écouter, de notre côté, on l’a entendue des centaines de fois et sous différentes versions. Pour moi, l’artiste guérit l’art pour lui-même, et pour que d’autres personnes puissent profiter de cet art. On a la chance de pouvoir profiter de voir un morceau évoluer à travers les différentes étapes que sont la production, le mixage, le mastering etc. C’est donc nous qui choisissons la meilleure version du morceau pour l’auditeur. J’ai toujours trouvé le fait de voir une chanson changer beaucoup de fois avant qu’elle ne soit disponible à tout le monde très difficile. Au fur et à mesure, je m’y suis habitué, et j’ai appris à aimer tout ce processus aussi. C’est mon lot de souffrance à moi en tant qu’artiste. C’est pour ça que je suis un auteur-compositeur plutôt qu’un producteur, parce que ce dernier commence à travailler sur un titre quand il est presque fini. À ce moment-là, moi, je suis déjà passé à un autre morceau. Quand le temps passe, et quand l’album est sorti, je vais l’écouter une ou deux fois seulement avant d’y revenir des années plus tard. Ce sera à ce moment-là, peut-être dans cinq ou dix ans que ça me fera l’effet d’une machine temporelle. Je vais pouvoir me rappeler de tout, de ce qu’on a traversé à cette époque et le travail qu’on a fait en tant que groupe. Faire un album, et même une chanson, c’est comme concevoir une capsule temporelle. Et ça, ça rend l’art tellement beau. On voulait aussi que l’album représente tout le groupe, chacune de nos personnalités à ce moment précis. C’est le but de notre évolution artistique. On n’a jamais fait un album comme “Painstream”, et on n’en fera jamais un comme celui-là.
*C’est comme une catharsis au final. Pas forcément dans le sens où c’est la fin du groupe, mais comme le fait d’avoir pris une pause, vous tournez cette page pour finir un tout nouveau chapitre. Je ne sais pas si ça a été le cas pour “Painstream”, mais c’est peut-être pour vous une nouvelle opportunité pour le groupe de tester de nouvelles choses. Pour revenir sur quelque chose de très intéressant que tu as dit, sur le fait que tu chéris un morceau avant de devoir le laisser partir. Il y a-t-il un morceau en particulier de l’album pour lequel tu as eu un peu plus de mal à faire ça ?
Niko : Très bonne question. Pour moi, aucune œuvre d’art n’est prête à être dévoilée au monde. Par exemple, pour un tableau, tu ne peux pas forcément le laisser partir parce que tu peux continuer de le modifier et de le perfectionner sans arrêt. Ma théorie c’est que quand tu fais de l’art, surtout pour les autres, et que tu mets tout ce que tu as en toi dans ton morceau, ton film, ta peinture ou tout ce que tu veux, ça représente 50% de l’œuvre. L’autre moitié, c’est l’auditeur ou le public. Quand tu sors un morceau, l’auditeur va se projeter dans la chanson selon ses propres expériences et ressentis, et ça, ce sont les 50% restants. Même moi, je me souviens de tout la première fois que j’ai découvert des chansons, qui sont maintenant mes chansons préférées. Je me souviens comment elles m’ont aidé quand j’ai vécu telle ou telle chose. Je suis quasi sûr que ce que j’ai ressenti quand j’ai écouté ces morceaux, n’était pas les mêmes émotions que l’auteurice ressentait quand iel travaillait dessus. Ça rejoint un peu ce que je disais avant d’ailleurs. Je ne pense pas avoir un morceau en particulier, le but est de faire confiance à ton instinct. Quand tu écoutes un morceau, tu sais quand il est fini. On peut toujours continuer de travailler sur un morceau encore et encore si on le voulait, et c’est là que les deadlines sont utiles. Il faut faire confiance à cette voix qui te dit ‘C’est bon, tout ce que tu ressens est transcrit et arrête toi là’.
*C’est tellement intéressant et important de comprendre le point de vue des musiciens. Surtout qu’en tant qu’artiste, écrire des morceaux lourds de sens fait renaître des traumatismes, et j’imagine que ça doit être aussi bien libérateur que difficile. Comme tu le disais, l’auditeur construit la moitié d’une chanson, donc j’imagine que, de par ce lien, ça doit unifier votre relation avec vos fans. Et j’imagine que c’est ce qui rend tout ça encore plus important pour toi ?
Niko : Oui, on recherche toujours cette connexion, et c’est ce qui rend le live encore meilleur. Quand on sort un titre, il y a plein d’intermédiaires entre nous, mais en live, la réponse est directe. On a toujours essayé de chercher ce lien, mais je pense qu’on n’a jamais réussi à le faire aussi bien qu’au travers de cet album. La musique, et surtout l’art en général, devrait uniquement être centré autour de ce lien, de cette connexion. Une autre chose très importante, notamment parce que la musique est un langage en elle-même, est la sensibilité. On a déjà essayé de travailler beaucoup dessus, mais on s’améliore de plus en plus. On ne veut pas faire des morceaux parfaits, personne ne veut entendre quelque chose de parfait, l’intelligence artificielle peut s’en occuper. Que ce soit en tant que musicien ou en tant que consommateur d’art, on ne recherche pas la perfection mais plutôt ce qui nous rend humain. C’est comme quand la voix se brise un peu, ce qui est le cas dans cet album. À certains moments, j’étais à deux doigts de fondre en larmes dans le studio. C’est cette imperfection, ce qui révèle qu’on est tout simplement humain, qu’on recherche. C’est comme cette petite tâche, ou une erreur sur un tableau ou un dessin que seul un humain peut exécuter qui rend le tout beau. Avant, pour nos précédents albums, on essayait toujours de laisser notre côté humain et imparfait prendre le dessus quand on le ressentait. Ça a été une des leçons les plus importantes pour nous, et on va toujours garder ça.
* Enfin, une belle tournée européenne commence très bientôt, avec quelques dates en Asie également. J’en suis sûre que vos fans seront ravis, tout comme vous, de vous retrouver dans les salles de concerts autour d’un album aussi concret et fort ?
Niko : Complètement ! C’est le dernier élément qui nous manque. On sort des morceaux, on fait des interviews, mais on n’est toujours pas retourné sur scène depuis deux ans. On a très très hâte. On a eu la chance de faire énormément de concerts jusqu’à maintenant, et pourtant je me souviens de certains visages qui étaient à la barricade à nos concerts. C’est une partie de ma vie. Revoir toutes ces personnes, jouer ces nouveaux morceaux, comme les anciens, c’est tellement magique. C’est cool de se reconnecter autour de la musique. C’est notre raison principale du pourquoi on fait ce métier.
*Ça rejoint ce que tu disais sur la douleur et le fait de créer du lien autour de ça. Parce qu’en concert, tu vois à quel point les émotions se reflètent sur le visage des fans. C’est aussi le but ultime, et une réponse plausible à la question de cet album.
Niko : Totalement. Quelque chose qui est assez drôle et fou, et qu’on a réalisé il n’y a pas si longtemps, c’est que notre précédent album s’appelle “EXIT EMOTIONS”. À ce moment-là, on fuyait certaines choses et émotions, on voulait simplement mettre le volume à fond pour tout oublier. Tandis que “Painstream”, en étant l’opposé, est une réponse à ce précédent album. Si on n’avait pas trouvé le mot ‘painstream’ comme titre, on aurait sûrement appelé ce nouvel album ‘Face Reality’ ou ‘Let It All Out’. Il n’est plus l’heure de trouver un moyen d’échapper nos émotions, on en a marre de faire ça. Il est l’heure de confronter nos émotions et nos douleurs, mais faisons-le ensemble.
*C’est assez drôle parce que, hier, j’ai fait une interview pour un album qui parle aussi du fait de confronter et de domestiquer ses démons intérieurs. Et c’est assez marrant que tu fasses écho à ça. C’est d’autant plus important aujourd’hui, parce que comme on disait avec cette idée de mainstream, on est tellement habitué à voir de la souffrance et de la violence tous les jours devant les écrans. Que ce soit sur les réseaux sociaux, ou à la télé, on est devenu si habitué que c’est normal. C’est un peu effrayant de constater à quel point on en devient apathique face à tout ça. Ça donne presque envie de faire une pause de tout ça, de tout couper, un peu comme ce que vous avez fait au final.
Niko : Je suis entièrement d’accord avec toi !
* On touche à la fin de cette interview, est-ce que tu souhaites partager un message en particulier ou un mot de la fin ?
Niko : Une fois que c’est sorti, allez écouter “Painstream”. C’est le bon moment pour écouter nos anciens morceaux, et surtout, prenez vos tickets pour nous soutenir en concert. On a très hâte de tous et toutes vous voir. Ce sera une très belle réunion.
* Super, merci encore d’avoir pris le temps pour cette interview ! Et à bientôt !
Niko : Avec plaisir, merci à toi ! Salut !
Dans ce nouvel album, BLIND CHANNEL n’embellit pas l’état actuel du monde. Au fil des titres, la peur d’un futur catastrophique se fait ressentir. Pourtant, pour le groupe, ce n’est pas une forme de faiblesse, mais une source d’unité. Des instrumentales épiques rythment notre écoute dans des nappes sonores électro qu’on reconnaît au groupe. L’univers du quatuor est parfaitement mis en valeur entre une batterie insatiable et des screams énervés. Les timbres de voix oscillent entre chants clairs et growls, comme dans ‘‘Me Versus Me’’ qui est purement explosive. En passant de la peur, à la rédemption ou encore au dégoût des horreurs commises par les humains dans ‘‘Types of Killing’’, une vision du monde est dépeinte sans artifice. C’est d’ailleurs le titre qui résume le mieux l’album et les messages qu’ils souhaitent diffuser. « Painstream » est une donc une ode à la douleur qui devient une force pour guérir.
Album : Painstream
Date de sortie : 30 octobre 2026
Label : Century Media Records
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