Par Christophe Pinheiro
APRIL ART est un groupe allemand que j’ai découvert lors de la sortie du précédent album, ‘Rodeo’. Plusieurs écoutes, une interview et j’ai immédiatement accroché à l’univers du groupe. Le 9 octobre, l’actualité du groupe évolue. Avec ‘RED’, APRIL ART franchit un nouveau cap. Entre énergie rock, mélodies accrocheuses et volonté de rester fidèle à ce qui fait son identité, le groupe livre un album qui ne cherche pas à masquer les difficultés, mais plutôt à les affronter avec une bonne dose d’optimisme. De la conception de ‘RED’ à la manière dont APRIL ART envisage son évolution, Ben et Lisa-Marie reviennent sur un disque qui marque une nouvelle étape pour le groupe.
Crédit photos : Ben Juelg
Lors de notre première interview, autour de ‘Rodeo’, vous m’aviez parlé de cette « positive attitude » (prononcé en allemand), qui semblait assez bien résumer l’état d’esprit d’APRIL ART. Deux ans plus tard, est-ce que vous avez toujours cette même philosophie, ou est-ce que tout ce qui s’est passé depuis a changé votre manière de voir les choses ?
Lisa-Marie : Absolument. Je pense que c’est quelque chose de très personnel, qui nous accompagne toute notre vie. Pour nous, il est toujours important de transmettre des ondes positives. Cela n’a pas changé. C’est toujours la même attitude que sur ‘Rodeo’. C’est notre façon d’être.
‘Rodeo’ a marqué un tournant pour vous, notamment en termes de visibilité et de concerts. Comment cette expérience a-t-elle influencé l’écriture de ‘Red’ ? Est-ce un album qui n’aurait pas pu exister sans tout ce qui s’est passé ces deux dernières années ?
Lisa-Marie : Oui, bien sûr. Dans le processus d’écriture, nous pensons toujours aux moments de vie que nous voulons créer. C’est un élément important de notre façon de composer. Nos expériences personnelles se retrouvent évidemment dans les paroles.
Ben : Notre expérience musicale en tant que groupe influence également la manière dont nous construisons les morceaux. Nous avons joué énormément de chansons de ‘Rodeo’ en live et nous avons analysé les parties qui fonctionnaient bien et celles qui fonctionnaient moins bien. Les éléments qui fonctionnaient particulièrement bien, nous avons essayé d’en faire davantage. Les concerts nous donnent aussi beaucoup d’énergie positive pour retourner ensuite au processus d’écriture. Lorsque vous êtes en studio pendant très longtemps, vous avez besoin de sortir, de jouer les morceaux avec le public. Puis vous revenez avec de nouvelles batteries, de nouvelles idées.
Le titre ‘Red’ m’intrigue. Le rouge peut représenter énormément de choses : la passion, la colère, l’énergie, le danger, mais aussi l’amour. Au-delà de cette couleur que vous portez tout le temps, que représente-t-elle pour APRIL ART ?
Lisa-Marie : Je dirais que le rouge est plus qu’une simple couleur pour nous. Il est présent dans tout ce que nous faisons. Nous sommes en rouge sur scène et mes cheveux sont vraiment rouges. Le rouge est toujours autour de nous. Nous nous sentons très proches de cette couleur, mais aussi de toutes les choses que tu viens de citer. Nous sommes également très proches de nos chansons. Tout cela correspondait parfaitement. Nous nous sommes donc dit qu’il n’y avait pas de meilleur nom que ‘Red’.
“Panic Stations” a été le premier morceau à nous faire découvrir cette nouvelle ère. Qu’est-ce qui vous a donné envie de commencer à faire découvrir l’album avec ce titre ? Personnellement, je trouve le morceau excellent, notamment avec cette fin particulièrement énergique.
Ben : Merci beaucoup ! Pour nous, c’était un morceau très frais et moderne pour APRIL ART. Nous avons pensé que ce serait une bonne manière de commencer cette nouvelle ère. Il est un peu différent des morceaux que nous avions sortis auparavant. Nous avons donc pensé que ce serait un bon premier single.
Vous aviez également sorti “Santa Is a Bitch”, qui est devenu “Karma Is a Bitch”. Aviez-vous déjà terminé l’album lorsque cette version de Noël est sortie ?
Lisa-Marie : Non, pas l’album entier. Nous avons commencé à écrire l’album au début de l’année 2025. Nous avions déjà beaucoup de chansons lorsque “Santa Is a Bitch” est sorti, mais l’album n’était pas encore terminé. C’était une idée vraiment spontanée que nous avons eue dans le tour bus, pendant notre dernière tournée, Burn the Whole Tour, en 2025. Nous faisions simplement des choses amusantes, nous lancions des idées et nous pensions que ce serait une bonne idée de transformer “Karma Is a Bitch” en “Santa Is a Bitch”. J’ai écrit les paroles directement dans le tour bus. Je crois que nous avons enregistré le morceau quelques jours plus tard, puis ajouté les cloches de Noël et quelques autres éléments. Ensuite, nous avons envoyé le morceau à notre label en disant : « Voilà, nous avons une chanson de Noël. »
Ben : Ils nous ont répondu : « Quoi ?! Nous n’avons jamais entendu parler de cette idée ! »
Lisa-Marie : Nous leur avons expliqué que l’idée nous était venue quelques jours auparavant et que nous avions simplement décidé de la terminer et de la leur envoyer. C’était vraiment spontané et surtout très amusant.
Vous avez ensuite sorti “Big Bubble Bullshit”, qui possède une énergie beaucoup plus directe, presque provocatrice. Qu’est-ce qui vous énerve suffisamment aujourd’hui pour écrire une chanson comme celle-ci ?
Lisa-Marie : Je pense que nous avons tous connu des personnes dans nos vies qui pensent être meilleures que les autres, qui parlent de haut aux autres. J’ai eu une personne comme ça dans ma vie et, plutôt que de commencer un conflit, je pense qu’il vaut mieux transformer cette énergie intérieure en chanson. C’est de là qu’est venue l’idée de “Big Bubble Bullshit”. Nous jouions avec les paroles et cette expression est apparue. C’était simplement une bonne chanson pour mettre toute ma colère dedans.
Il y a justement quelque chose d’intéressant sur ‘Red’. Derrière les gros riffs et les refrains très fédérateurs, il y a également des morceaux beaucoup plus personnels et introspectifs. Est-ce important pour vous de conserver cette dimension ?
Lisa-Marie : Oui, bien sûr. C’est vraiment important d’avoir des chansons personnelles sur l’album. J’ai traversé une période très difficile ces deux dernières années. Pour moi, la musique est aussi une forme de thérapie. Et comme nous sommes très proches les uns des autres dans le groupe, ils ont tous traversé cette période avec moi. Ils savaient toujours où j’en étais dans cette situation. Nous sommes toujours ensemble et nous traversons ces moments ensemble. Cette connexion très forte fait aussi partie des paroles et du processus d’écriture. Je pense que c’est la raison pour laquelle nous avons ces morceaux aussi forts.
Et j’imagine que dans ces moments-là, APRIL ART n’est plus simplement un groupe. Vous êtes de vrais amis, presque une famille.
Lisa-Marie : Absolument. Oui, toujours. Nous sommes une famille. Nous passons tellement de temps ensemble. Nous célébrons nos sorties, nous faisons des barbecues, nous commandons des pizzas, nous buvons un verre en écoutant les nouveaux morceaux et nous faisons la fête. Mais nous pleurons aussi ensemble lorsque nous traversons des moments difficiles. C’est vraiment important pour nous. Le fait que nous soyons tous les quatre impliqués dans l’écriture et que nous créions les chansons ensemble représente également une très grande partie de ce que nous sommes
Mon morceau préféré sur l’album est “Good Guy”, qui est extrêmement catchy. J’ai également l’impression que Lisa-Marie adresse quelques messages directement à la gent masculine dans les paroles. Qu’est-ce qu’un « good guy » exactement ?
Lisa-Marie : Un « good guy », c’est quelqu’un qui te traite avec respect. Et le respect, c’est tout. À l’origine, l’idée était assez drôle. Est-ce que tu connais les Rugrats ? (Les Razmoket en France) C’étaient des personnages de dessin animé à la télévision, avec ces petits bébés. Lors d’une session d’écriture, je portais un t-shirt des Rugrats sur lequel était écrit « Good Guy » au-dessus du personnage. Nous étions en train de plaisanter et Julian m’a dit : « Je pense que tu ne peux pas écrire une chanson sur un good guy. » J’ai répondu : « OK. Challenge accepté. » Et c’est comme ça que la chanson a commencé. Je pensais aussi à mon petit ami et à toutes les choses qui se passent autour des hommes et du patriarcat. Pour moi, c’est une façon différente de voir les choses, parce qu’il existe de vrais « good guys ». J’en ai trois autour de moi. Ils savent traiter les femmes avec respect. Je voulais montrer cette perspective.
Ben, tu es toujours très impliqué dans la réalisation des vidéos du groupe. Lorsqu’un morceau commence à prendre forme pendant le processus d’écriture, est-ce que tu commences déjà à visualiser ce que pourrait être son clip ?
Ben : Parfois. Cela dépend vraiment du morceau. Il m’arrive d’avoir les premières idées dès que j’entends le refrain pour la première fois. Mais il y a aussi des vidéos pour lesquelles je m’assois simplement avec la chanson terminée, puis je cherche des idées, je regarde d’autres vidéos et je m’en inspire. C’est donc très différent à chaque fois. J’essaie toujours de placer la vidéo dans la bonne atmosphère, afin qu’elle soutienne le message de la chanson et son énergie.
Lisa-Marie, tu vas mieux depuis le tournage du clip de “Bulletproof” ?
Lisa-Marie : Oui, je vais très bien ! L’idée derrière cette vidéo était justement que la chanson donne énormément de force, malgré ses paroles assez difficiles. Nous voulions montrer une personne que quelqu’un essaie de tuer, mais qui est à l’épreuve des balles. Personne ne peut la tuer et elle continue toujours à sourire. Nous connaissons tous ces moments dans la vie où nous nous disons : « Putain, qu’est-ce qui peut encore arriver ? » On peut abandonner, tomber et se dire : « C’est fini. » Ou alors on peut dire : « Allez, donne-moi tout ce que tu as. Je suis prête. » Et voilà où j’en suis. C’est quelque chose que nous voulions transmettre avec “Bulletproof”.
Vous donnez l’image d’un groupe très positif, mais chaque album apporte aussi son lot de doutes. Quel a été le moment le plus difficile pendant la création de ‘Red’ ?
Ben : Je dirais que le plus difficile a été de trouver du temps pour les sessions d’écriture. Nous avons beaucoup tourné et joué dans des festivals l’année dernière. Nous devions donc trouver ces petits créneaux pendant lesquels nous pouvions tous nous retrouver pour écrire. Nous avons également travaillé avec différents producteurs. Nous sommes allés à Berlin, à Hambourg et nous avons aussi fait plusieurs sessions via Zoom. C’était probablement la partie la plus compliquée : réussir à nous retrouver. Nous n’aimons pas écrire chacun de notre côté pour ensuite envoyer nos idées via Dropbox ou par e-mail. Nous voulons être ensemble, tous les quatre, avec un ou deux producteurs, et créer les morceaux ensemble. À un moment, en janvier, nous avons réalisé qu’il ne nous restait plus que trois semaines pour terminer le processus d’écriture. Il ne restait alors que quelques chansons sur lesquelles nous devions encore travailler. Et “Bulletproof” n’existait même pas à ce moment-là ! C’est un morceau qui a été écrit très rapidement. Heureusement, ça s’est bien passé. Mais finalement, ‘Red’ est vraiment sorti de nous de manière naturelle. Nous avons passé de bons moments à l’écrire. Chaque fois que nous avions une session, les idées arrivaient naturellement. Nous n’avons pas connu de catastrophe ou quoi que ce soit de ce genre.
Lisa-Marie : Je me souviens que pour ‘Rodeo’, nous avions beaucoup moins de temps. Nous devions écrire très rapidement, sortir certains morceaux alors que nous étions encore en train d’écrire les autres et continuer à jouer en live. Notre label nous avait demandé de terminer l’album six semaines plus tôt que prévu. C’était donc très stressant.
Ben : Pour ‘Red’, nous avions beaucoup mieux planifié les choses et nous avons passé de très bons moments à l’écrire.
Les fans connaissent déjà quatre des dix morceaux de l’album. J’imagine que vous êtes impatients de leur faire découvrir toutes les autres compositions. Je suis de la génération X et j’aime découvrir un album comme un ensemble au moment de sa sortie. C’est évidemment différent aujourd’hui. Les groupes sont parfois obligés de sortir énormément de singles avant la sortie du disque. Comment vivez-vous cette évolution de la manière dont les groupes présentent aujourd’hui leur musique ?
Ben : Les temps ont changé, évidemment, et avec eux la manière dont les groupes sortent leur musique. Nous avons essayé de trouver un équilibre. Nous voulions sortir quelques singles, mais aussi conserver la magie de la sortie d’un album, lorsque tu découvres de nouvelles chansons et que tu peux trouver ton propre morceau préféré. Dans le monde du streaming, si tu ne sors pas un single et que tu publies simplement un album, tu n’as pas le même impact. Tu ne peux pas présenter chaque chanson séparément, ni vraiment la promouvoir. Je peux donc comprendre pourquoi certains groupes choisissent cette méthode. Mais nous avons décidé de trouver un juste milieu.
Lisa-Marie : Sur ‘Rodeo’, nous avions sorti beaucoup moins de morceaux avant l’album.
Ben : Cette fois, nous avons voulu faire quelque chose de différent : environ la moitié de l’album sera connue avant sa sortie et l’autre moitié sera complètement nouvelle. Nous voulons retrouver cette sensation de découvrir un album. Je pense que lorsque tu découvres ces nouvelles chansons sans avoir de vidéo ou de grosse promotion autour d’elles, tu peux tomber amoureux d’une manière différente. C’est simplement toi et la chanson. Tu écoutes. Et il y a quelque chose de magique là-dedans. C’est pour cette raison que nous avons choisi cette formule.
Votre musique prend vraiment toute son ampleur sur scène. Lorsque vous écrivez aujourd’hui, est-ce que vous imaginez déjà les morceaux devant plusieurs centaines ou plusieurs milliers de personnes, ou est-ce que la chanson doit d’abord fonctionner indépendamment du live ?
Ben : Nous pensons toujours à nos concerts lorsque nous écrivons. Nous nous demandons comment telle ou telle partie va fonctionner sur scène. Dans le passé, nous avons parfois pensé qu’une chanson serait extrêmement puissante en live et finalement, elle ne fonctionnait pas aussi bien que prévu. Et parfois, c’est exactement l’inverse : nous n’étions pas particulièrement enthousiastes en studio, puis le public est devenu complètement fou lorsque nous l’avons jouée en concert. Nous essayons donc de nous souvenir de ces expériences et de la manière dont certains passages fonctionnaient, afin de les intégrer dans notre nouvelle façon d’écrire. Pour cet album, nous avons également fait quelques sessions où nous avons simplement joué ensemble dans la salle de répétition. Nous nous mettions dans la position d’être sur scène et nous essayions de créer les tempos et les parties qui fonctionnent particulièrement bien en concert. Tout ce que nous vivons sur scène influence donc beaucoup notre écriture. Nous réfléchissons aussi à ce dont notre set live a besoin : quelle sensation nous voulons créer, quelle émotion, quelle atmosphère… Cela fait partie du processus d’écriture.
Lisa-Marie : Nous sommes avant tout un groupe live. Nous ne sommes pas un groupe de studio qui joue ensuite ses chansons sur scène. Nous sommes un groupe live qui crée des chansons. Nous avons besoin de nouvelles chansons pour la scène.
Vous allez défendre ‘Red’ avec une importante tournée cet automne, notamment aux côtés de DYMYTRY PARADOX. Est-ce que vous considérez cette tournée comme une nouvelle étape dans la carrière d’APRIL ART, une opportunité de franchir encore un cap ? Et surtout : qu’en est-il de la France ? Nous vous attendons !
Ben : Absolument. C’est déjà une étape importante pour nous. Les salles seront plus grandes et la production sera plus importante que tout ce que nous avons fait jusqu’à présent. C’est donc clairement une nouvelle étape. Et bien sûr, nous aimerions beaucoup venir en France.
Lisa-Marie : Nous travaillons dessus. Nous parlons régulièrement avec notre agence de booking et nous lui disons que nous voulons repartir en tournée en Europe. Nous étions en France pour la dernière fois, je crois, en 2022 et nous avons vraiment adoré.
Ben : Nous cherchons encore un groupe que nous pourrions accompagner en tournée. Donc, avec un peu de chance, nous pourrons revenir l’année prochaine. Ce n’est pas encore planifié, mais nous espérons vraiment pouvoir revenir bientôt.
Imaginons que nous reprenions cette interview dans deux ou trois ans. Quel serait le meilleur bilan possible de l’ère ‘Red’ ?
Ben : Nous pourrions définitivement dire que nous avons fait une tournée en France et présenté notre musique et notre live à tous nos fans français.
Lisa-Marie : Et peut-être que nous pourrions également jouer dans un festival français. Ce serait vraiment génial.
Ben : Nous aimerions aussi que ‘Red’ nous permette de tourner davantage en Europe et de jouer dans des salles plus grandes. Ce serait le meilleur bilan possible : beaucoup de concerts, des concerts en solo, beaucoup de dates en Europe et surtout beaucoup de gens heureux.
C’est la fin de l’interview. Le dernier mot est pour vous.
Lisa-Marie : Merci beaucoup de nous avoir reçus. Nous espérons que tous ceux qui écouteront ‘Red’ trouveront quelque chose qui ira directement à leur cœur. Montez le volume et nous nous reverrons très bientôt en France, nous vous le promettons !
Notre Avis :
Derrière les refrains efficaces et les compositions taillées pour le live, il y a surtout quatre musiciens qui partagent une même envie : avancer, profiter du moment et transmettre une énergie positive. Les guitares sont énergiques, les refrains accrocheurs et l’efficacité immédiate, APRIL ART ne cherche pas à cacher les difficultés. Le groupe préfère les transformer en énergie brute. Et ça s’entend. Du direct “Bulletproof” au catchy “Good Guy”, en passant par le mélodique “Hungry For Life”, tous les ingrédients sont réunis pour passer un moment agréable. ‘RED’ est un album moderne, accessible et résolument tourné vers le live. Les morceaux vont droit au but, sans sacrifier les mélodies ni cette petite touche de fraîcheur qui fait la personnalité du groupe. Mais au-delà de la musique, c’est surtout l’état d’esprit qui séduit. APRIL ART avance soudé, avec une vraie complicité et l’envie communicative de prendre les choses du bon côté. Un disque qui ne prétend pas révolutionner le genre, mais qui accomplit quelque chose de beaucoup plus simple : donner envie de monter le son. APRIL ART est un groupe d’amis qui transforme les épreuves en bonne humeur. « RED ALERT », un album qui respire la positivité.