Par Christophe Pinheiro
Après plus de trente ans de carrière, Dez Fafara n’a rien perdu de cette flamme qui l’anime depuis ses débuts. À l’occasion de la sortie de ‘Strike And Kill’, le nouveau chapitre de DEVILDRIVER, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec un artiste toujours aussi passionné, humble et animé par une seule obsession : rester fidèle à sa vision.
Découvrez la genèse d’un album pensé comme si c’était à la fois le premier et le dernier de la carrière du groupe. Entre influences punk, groove américain, authenticité et amour de la scène, Dez Fafara nous livre une véritable profession de foi artistique, sans langue de bois et avec une sincérité désarmante.
Crédit photos : Stephanie Cabral
Avant toute chose, merci de nous accorder un peu de ton temps. J’ai écouté ‘Strike And Kill’ sept fois avant cette interview et, honnêtement, je trouve cet album incroyablement direct. Il prend l’auditeur à la gorge et ne le lâche plus. Selon toi, qu’est-ce qui le distingue des précédents albums de DEVILDRIVER ?
Merci, ça me touche énormément. Quand on termine un album, on ne sait jamais comment il sera accueilli. Entendre ce genre de retour est très gratifiant, surtout après tout le travail investi dans ce disque. Ce qui distingue ‘Strike And Kill’, c’est avant tout notre état d’esprit. Si tu regardes nos derniers albums, je pense que certains morceaux étaient parfois écrits davantage pour les musiciens eux-mêmes que pour DEVILDRIVER. Cette fois, j’ai demandé à tout le monde de regarder le logo avant d’écrire. « Write for the logo. » Écrivez pour DEVILDRIVER, pas pour satisfaire vos influences personnelles. J’ai également donné une consigne très particulière : composez comme si c’était à la fois le premier album du groupe… et le dernier que vous aurez l’occasion d’enregistrer. J’ai abordé les paroles avec exactement la même philosophie. Après plus de trente ans de carrière, peu d’artistes se posent encore cette question. Moi, je voulais retrouver cette urgence créative. Le retour de mon bassiste d’origine a énormément compté. Gabe a également apporté un regard neuf à la production. Tout le monde partageait la même envie : créer un album féroce, viscéral et authentique.
En l’écoutant, j’ai immédiatement retrouvé l’énergie de vos débuts. Sans chercher à copier le passé, j’ai eu l’impression de retrouver l’esprit du premier DEVILDRIVER. C’était une volonté ?
Pas du tout. Et c’est justement ce qui me plaît. Nous ne nous sommes jamais dit : « Faisons un album qui ressemble aux premiers DEVILDRIVER. » Si nous avions essayé de reproduire cette époque, les fans l’auraient immédiatement ressenti. On ne peut pas recréer artificiellement cette énergie. En revanche, je leur ai demandé de composer comme si tout recommençait aujourd’hui. Naturellement, certains morceaux ont retrouvé cette couleur propre aux premiers albums. Quand j’ai entendu “Dead In The Water”, je me suis immédiatement dit qu’il aurait parfaitement pu figurer sur notre premier disque. Ce n’était pas calculé. C’est simplement le résultat d’une écriture honnête. Aujourd’hui, j’entends beaucoup de groupes privilégier des refrains très propres, très mélodiques, presque formatés. Ce n’est pas ma vision de la musique. Je viens du punk rock, du psychobilly, du gothique. Mes influences ne viennent presque pas du heavy metal. Je voulais retrouver cette énergie brute, presque instinctive. Quelque chose de féroce, de dangereux. Une musique qui surprend encore l’auditeur.
Cette influence punk rock dont tu parles, est-ce qu’elle explique également l’esthétique de la pochette de l’album ?
Oui, absolument. Habituellement, nous mettons simplement notre logo ou un élément graphique sur nos pochettes. C’est ce que nous avons fait pendant longtemps. Mais ce disque était différent. Il représentait quelque chose de très spécial pour moi. L’écriture s’est faite très rapidement et j’avais envie d’une pochette qui rappelle l’énergie des albums punk rock des années 80 ou 90. Nous avons travaillé avec un excellent artiste, Monkey Art, et je voulais créer quelque chose de vraiment agressif. L’idée était que les badges présents sur la veste correspondent aux titres des chansons, à quelques exceptions près. Certains messages sont destinés à des personnes précises. Elles sauront se reconnaître. Je voulais également intégrer les hyènes dans cette identité visuelle. J’adore regarder les documentaires animaliers, et les hyènes m’ont toujours fasciné. Elles chassent en meute, elles prennent soin les unes des autres, elles protègent leur groupe. Elles sont extrêmement intelligentes. Et après avoir tué, elles rient. C’est une image qui correspond parfaitement à l’esprit de l’album : frapper et tuer. D’ailleurs, cette illustration est arrivée très tôt dans le processus. Je l’avais déjà alors que je n’avais que deux démos. Elle m’a aidé à définir la direction musicale, mon approche vocale et même l’écriture des paroles.
Musicalement, ce qui m’a particulièrement marqué sur cet album, c’est la puissance de la section rythmique. Le groove est omniprésent et donne une véritable impulsion aux morceaux. Est-ce que cet aspect était une priorité dès le début de la composition ?
Absolument. Je pense que les musiciens sont souvent prisonniers des étiquettes que les fans leur donnent. Certains groupes sont associés au black metal, d’autres au metal progressif… Nous, nous avons commencé à être appelés “groove metal”. Je me souviens de la première fois où j’ai vu cette expression. J’ai demandé à ma femme : “C’est quoi ce bordel, le groove metal ?” (rires). Elle m’a répondu : “Laisse-les faire, ils essaient simplement de vous définir.” Avec le temps, nos fans ont commencé à parler de “dark groove” et je trouve que cette expression nous correspond davantage. Parce que j’aime autant écouter BAUHAUS ou BLACK SABBATH que du metal plus classique. J’ai toujours eu un côté très sombre dans mes influences. Si tu écoutes “Summoning Shadows” ou “In The Moonlight”, tu peux entendre cette dimension gothique. Le début de “Summoning Shadows” pourrait presque rappeler BAUHAUS avant de devenir extrêmement lourd. Mais il y a aussi cette approche punk rock : aller droit au but. Pour cet album, j’ai dit aux musiciens : “Si ça ne groove pas, ne l’écrivez pas.” Je ne voulais pas simplement des riffs lourds et répétitifs. Je voulais quelque chose qui fasse bouger les gens. Il fallait conserver cette identité DEVILDRIVER, cette énergie américaine. Je ne dis pas ça pour opposer les scènes européennes et américaines, mais il y a une différence dans l’approche du groove. Je voulais que cet album ait cette sensation : quelque chose qui avance, qui frappe, qui possède une vraie dynamique. Habituellement, j’attends d’avoir dix ou douze chansons avant de commencer à écrire. J’ai besoin de voir la maison avant de décorer l’intérieur. Mais cette fois, après seulement trois morceaux, je me suis dit : “Putain, il se passe quelque chose ici.” Je n’avais jamais commencé un album aussi rapidement. Même pas le premier DEVILDRIVER. Il y avait une véritable synchronicité autour de ce disque.
En ce qui concerne les paroles, un thème revient régulièrement sur cet album : la trahison. On ressent beaucoup de colère dans les textes, mais aussi quelque chose de très humain. Les relations humaines sont-elles une source d’inspiration importante dans ton écriture ?
Oui, absolument. J’ai traversé beaucoup d’épreuves dans ma vie. J’ai eu une enfance très difficile. Je suis parti de chez moi très jeune, je suis arrivé à Hollywood, j’ai connu la rue, j’ai dormi sous des ponts, j’ai volé de la nourriture pour survivre et je me suis même retrouvé en prison. J’ai compris très tôt que le monde pouvait être un endroit difficile. Les gens peuvent prétendre être loyaux, mais parfois ils sont prêts à vous tourner le dos au moment où vous avez le plus besoin d’eux. Il m’est arrivé quelque chose de très marquant. J’étais aux urgences de l’hôpital et une personne que je considérais comme un ami de longue date a simplement disparu de ma vie à ce moment-là. Elle n’est jamais venue prendre de mes nouvelles. Elle a coupé les ponts. Je me suis demandé : “Qu’est-ce qui vient de se passer ?” Mais avec le temps, j’ai compris une chose : le karma finit toujours par rattraper les gens. C’est ce genre d’expériences qui nourrit mon écriture. J’aime parler des relations humaines, de la façon dont les personnes se traitent entre elles. Je veux écrire des choses dans lesquelles les gens peuvent se reconnaître. La plus belle chose qu’un fan puisse me dire, c’est : “J’étais dans une période très difficile et ta musique ou tes paroles m’ont aidé à tenir.” Si je peux toucher ne serait-ce qu’une seule personne avec ma musique, alors j’ai accompli ma mission. C’est pour ça que j’aime écrire sur ces sujets. Parce que les gens peuvent écouter une chanson et penser : “J’ai déjà vécu ça. J’ai déjà ressenti cette douleur.”
Et honnêtement, c’est quelque chose qui ressort de l’album. Il y a une vraie sincérité dans les paroles.
Merci. Honnêtement, c’est probablement le mot le plus important. Il faut être honnête. Dire la vérité. Rester humble et reconnaissant. Cela fait trente ans que je suis dans ce milieu et je ne supporte pas l’ego. J’ai rencontré beaucoup de musiciens qui se comportaient comme s’ils étaient des dieux alors qu’au final, nous ne sommes que des êtres humains qui avons la chance de faire de la musique. J’ai vu des groupes être au sommet pendant quelques années et disparaître ensuite. Un jour, tu es sur les plus grandes scènes du monde, et quelques années plus tard, tu peux te retrouver à travailler dans un magasin ou un restaurant. Tout peut disparaître très rapidement. C’est pour ça que j’essaie toujours de rester humble et reconnaissant. Les fans peuvent arrêter d’écouter ta musique, les professionnels peuvent arrêter de travailler avec toi… rien n’est acquis. Il faut prendre soin des personnes qui t’entourent et faire attention à la manière dont tu traites les autres. Je pense que mon éducation italienne, l’importance de la famille, mais aussi ma façon de voir la spiritualité, influencent beaucoup cette manière d’écrire. Je ne peux pas tricher avec moi-même. Si je ressens de la colère envers quelqu’un, je peux écrire une chanson à ce sujet. Si je ressens de l’amour, je peux également l’exprimer. “In The Moonlight”, par exemple, est une chanson dédiée à ma femme. Mais elle parle aussi de l’énergie féminine en général. J’ai toujours beaucoup travaillé avec des femmes et je trouve qu’elles possèdent une force incroyable. Elles sont des guerrières, mais pas dans le sens de la destruction. Elles donnent la vie. Cette chanson est un hommage à ma femme, mais aussi à toutes les femmes qui écoutent DEVILDRIVER. Et il y en a beaucoup. C’est quelque chose dont je suis très fier.
Ma chanson préférée de l’album est probablement “All Bets Are Off”. J’adore ce titre. Quelle est l’histoire derrière cette chanson ?
Cette chanson me définit parfaitement. Dans la vie, si tu fais les choses à moitié, si tu ne t’investis pas complètement, tu n’obtiendras jamais les résultats que tu recherches. “All Bets Are Off”, c’est cette idée de tout miser, de tout donner. Imagine que toi, moi et quatre autres personnes sommes au bord d’un lac, en haut d’une falaise, et que nous discutons de la hauteur du saut. Si je décide de sauter, tu auras déjà entendu le bruit de l’eau avant même de me voir partir. Je serai déjà dans le vide. Je suis comme ça. Je n’ai jamais été quelqu’un qui garde une porte de sortie. Dans la vie, dans les relations, dans la musique, dans tout ce que tu entreprends, il faut parfois y aller sans filet. Si tu donnes 110 % de toi-même, c’est là que les choses arrivent. Je pense à certaines personnes qui m’entouraient et qui avaient toujours besoin d’un plan B. Moi, je n’ai jamais fonctionné comme ça. Je n’ai eu qu’une seule fois un plan B dans ma vie : lorsque j’ai commencé à préparer la suite après COAL CHAMBER. C’est la seule fois. Pour le reste, j’ai toujours avancé sans regarder en arrière. Je baisse la tête et j’avance comme un bulldozer. Un bulldozer ne s’arrête pas. Il pousse la terre devant lui, encore et encore. Puis un jour, tu regardes derrière toi et tu réalises le chemin que tu as parcouru. C’est comme ça que je vis. Je trace ma propre route. Je ne prends pas celle des autres.
Cette philosophie semble également guider ta manière de concevoir la musique. Tu as toujours refusé de suivre les tendances.
Exactement. Si tu suis le troupeau, tu as déjà perdu, surtout dans l’art. J’aime beaucoup la peinture. Imagine qu’un artiste vienne me voir et me dise : “Si tu utilises davantage de rouge, tu vas vendre beaucoup plus de tableaux.” Si je commence à peindre uniquement en rouge parce que les gens me disent que ça va fonctionner, je trahis mon art. Je ne crée plus quelque chose qui vient de moi. Je crée quelque chose pour répondre à une attente. Je n’ai jamais voulu fonctionner comme ça. Dans le metal, on voit beaucoup de groupes qui suivent une formule : des couplets très lourds, puis des refrains énormes, très propres, presque conçus pour la radio. Ce n’est pas ce que je recherche. Je veux quelque chose de viscéral. Je veux quelque chose qui ait une identité. Quand je crée, je préfère proposer quelque chose que les gens n’ont jamais entendu auparavant. C’est comme lorsque quelqu’un vient chez moi et n’a jamais goûté la cuisine italienne. Je ne vais pas simplement lui faire une pizza. Je vais lui faire découvrir quelque chose qu’il ne connaît pas. C’est exactement la même chose avec ma musique. Je veux offrir quelque chose qui surprend.
Si le jeune Dez Fafara, celui des débuts de COAL CHAMBER pouvait écouter aujourd’hui ‘Strike And Kill’, qu’est-ce qu’il penserait ?
Il dirait probablement : “Putain, tu aurais dû quitter COAL CHAMBER plus tôt.” (rires) Mais il ne faut pas mal interpréter ça. COAL CHAMBER est le groupe où j’ai appris mon métier. C’est là que je me suis construit en tant qu’artiste. J’aime profondément ce groupe. D’ailleurs, récemment, j’ai joué plusieurs festivals où je jouais avec COAL CHAMBER un jour, puis DEVILDRIVER le lendemain. Mais si le jeune Dez avait entendu ‘Strike And Kill’ à l’époque, je pense qu’il aurait trouvé ça très différent. Il aurait probablement pensé que c’était presque punk dans l’attitude. Il se serait dit : “OK, voilà une direction intéressante. Allons-y.”
En écoutant ‘Strike And Kill’, j’ai immédiatement pensé à la scène. Beaucoup de morceaux semblent taillés pour le live. Est-ce que c’est quelque chose que vous prenez en compte pendant la composition ?
Absolument. Nous en avons beaucoup parlé avec les musiciens. Si un morceau ne peut pas être joué sur scène, alors nous ne l’écrivons pas. Je ne comprends pas l’idée de créer une chanson qui nécessite des bandes préenregistrées ou des éléments impossibles à reproduire en concert. Pour moi, la musique doit rester quelque chose de vivant. Il y a une citation de Pavarotti que j’aime beaucoup. C’était l’un de mes chanteurs préférés. Il disait, en résumé, que lorsque l’on crée quelque chose, il faut toujours penser comme si l’on était déjà devant un public. C’est exactement ma philosophie. Même si une chanson n’est jamais jouée en concert, elle doit être pensée avec cette énergie. Pour ‘Strike And Kill’, je savais dès le départ que je voulais défendre cet album sur scène dans son intégralité. Avant de passer à un nouveau disque, je veux faire quelques concerts aux États-Unis et en Europe où nous jouerons l’album complet, accompagné de certains classiques de DEVILDRIVER. Des morceaux comme “End Of The Line” ou “Clouds Over California”, évidemment. Cet album forme un tout cohérent. Chaque chanson a sa place.
Tu sembles également laisser beaucoup de place aux autres membres du groupe dans les décisions. C’est quelque chose d’important pour toi aujourd’hui ?
Oui, énormément. Certaines personnes pensent que DEVILDRIVER est “le groupe de Dez Fafara”. Mais ce n’est pas du tout la réalité. Je laisse les musiciens prendre énormément de décisions. Ce n’est pas mon spectacle personnel. Pour cet album, je leur ai demandé leur avis sur tout : les morceaux à enregistrer, l’ordre des chansons, les singles, les tournées… Je leur ai dit : “Parmi toutes les chansons que nous avons écrites, lesquelles doivent figurer sur l’album ? Quel ordre fonctionne le mieux ? Quels morceaux doivent être mis en avant ?” Ce sont des décisions de groupe. Et j’en suis très fier. Même concernant la scène, je fais confiance à mon équipe. Par exemple, si quelqu’un me propose une idée visuelle pour les concerts et que je sens que cela correspond à l’esprit DEVILDRIVER, je suis partant. Bien sûr, si quelque chose ne correspond pas à notre identité, je vais le dire. Mais je suis très ouvert aux idées. La seule règle, c’est toujours la même : Si c’est punk rock dans l’esprit, si c’est différent, si ça nous ressemble, alors allons-y. Mais si cela ressemble simplement à ce que font les autres groupes, je ne suis pas intéressé. Je préfère grimper une montagne toute la journée plutôt que d’emprunter le même chemin que tout le monde.
Vous avez une longue histoire avec le public français. Peut-on espérer revoir DEVILDRIVER prochainement en France ?
Je l’espère vraiment. J’espère que le Hellfest nous fera une belle proposition, parce qu’aujourd’hui les tournées sont devenues extrêmement coûteuses. Les bus de tournée, les équipes techniques, les hôtels, le carburant, les billets d’avion… tout a énormément augmenté. Si les conditions ne sont pas bonnes, il devient très difficile de partir sur les routes. Mais j’aimerais vraiment revenir. J’aimerais jouer au Hellfest, évidemment, mais j’aimerais aussi faire une petite salle. J’adore Colmar. J’ai des amis là-bas, notamment des motards que je connais depuis longtemps. Cette ville a une atmosphère particulière, surtout la nuit. J’aime profondément la France. La France, le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Australie sont des endroits qui ont toujours été importants pour DEVILDRIVER. Ce sont des pays qui nous ont accueillis depuis le début. Je me souviens de mes premiers concerts en France. C’était incroyable. Il faut prendre soin des endroits qui vous ont donné de l’amour. Et la France a toujours été l’un de ces endroits pour moi.
Malheureusement, nous arrivons à la fin de cette interview. Le dernier mot est pour toi. Que souhaiterais-tu dire aux lecteurs de Vecteur Magazine et aux fans de DEVILDRIVER ?
Je veux simplement dire merci. Je me réveille chaque jour avec beaucoup de gratitude et d’humilité, en sachant qu’il y a encore des personnes qui écoutent ma musique, qui viennent aux concerts et qui continuent de suivre mon parcours. Si vous avez acheté un album, un t-shirt, si vous êtes venus à un concert, si vous m’avez envoyé un message ou simplement soutenu DEVILDRIVER au fil des années : merci. Je suis extrêmement reconnaissant d’avoir encore cette carrière aujourd’hui. Je vous préviendrai quand les choses commenceront à ralentir, parce que je ne veux pas continuer uniquement par habitude. Je veux continuer tant que j’ai quelque chose à apporter. Je ne sais pas quand cela arrivera. Peut-être demain, peut-être dans cinq ans, peut-être dans dix ans. Mais pour l’instant, il y a encore beaucoup de choses à venir.
Merci beaucoup Dez pour ce moment. C’était un véritable plaisir d’échanger avec toi. Encore une fois, félicitations pour ce nouvel album.
Merci beaucoup. Tu sais, l’album est terminé depuis plus d’un an maintenant. Quand un artiste travaille seul chez lui, avec les rideaux fermés, il ne sait jamais vraiment comment les gens vont réagir avant que le disque sorte. C’est pour ça que ces échanges sont importants. J’ai demandé à ma femme si je pouvais sortir un album sans faire d’interviews… elle s’est moquée de moi. (rires) Mais finalement, ce que je retiens de ces conversations, c’est le retour des personnes qui découvrent le disque. Entendre quelqu’un dire : “J’adore cet album” ou “Ce disque signifie quelque chose pour moi”, c’est ce qui donne du sens à tout le travail accompli. En tant qu’artiste, on crée parfois seul dans son coin. Puis l’album sort et il commence à vivre à travers les autres. J’ai vraiment hâte que les fans découvrent ‘Strike And Kill’ dans son intégralité. S’ils cherchent quelque chose de différent, quelque chose qui sort du cadre habituel du metal, je pense qu’ils trouveront quelque chose avec DEVILDRIVER. Merci beaucoup, mec.
Notre Avis :
Après plus de vingt ans de carrière, DEVILDRIVER aurait pu choisir de continuer sur le chemin qu’il s’était tracé. Et pourtant, le groupe américain nous prend à contre pied avec un ‘Strike And Kill’ direct, sans compromis, presque primitif. Dès “Dig Your Own Grave”, le ton est donné. Pas d’artifices, que de l’essentiel. La rythmique est impeccable, les riffs acérés et Dez Fafara au sommet de son art. Tout au long de cet album, chaque titre développe sa propre identité, mais un point commun les relie : la cohérence. Du premier au dernier titre, cet album harangue son auditoire. Chaque titre est parfaitement taillé pour la scène. Je n’ai aucun mal à imaginer un titre comme “In The Moonlight” et son intro planante et sombre exploser et mettre un pit à genoux. Si la thématique générale tourne autour de la trahison et du sentiment qu’elle concède, c’est une colère adulte mais difficile à contrôler qui anime ce nouvel opus. Avec ‘Strike And Kill’, DEVILDRIVER ne cherche pas à revivre son passé. Le groupe retrouve plutôt une énergie originelle sans jamais tomber dans la nostalgie. C’est un album direct, sincère et profondément humain, à l’image de son frontman : sans compromis.