HELL IS NOTHING – This Thing We Call Silence
Label : Klonosphere
L’album s’ouvre sur une intro courte mais immersive, qui agit comme un sas de décompression avant l’impact. Puis arrive ce premier riff, lourd, massif, presque écrasant, de “What Is This Thing We Call Silence”, qui pose immédiatement les bases. Les guitares évoluent ensuite vers quelque chose de plus progressif, hypnotique, presque obsessionnel, pendant que le chant navigue entre une rage contenue et des envolées plus oniriques.
On retrouve des mélodies qui évoquent clairement l’univers de Deftones, mêlées à des rythmiques saccadées, nerveuses et mécaniques qui ne sont pas sans rappeler Meshuggah. Ce contraste constant donne naissance à un metalcore progressif riche, nuancé, qui évite les clichés et ose prendre des chemins moins évidents. L’ensemble respire une forme d’introspection brute, une solitude tendue, presque à fleur de peau, qui donne à l’album une vraie identité émotionnelle.
“Lost in the World” frappe comme une urgence, une montée en pression qui ne laisse pas vraiment de répit, comme si tout pouvait basculer à chaque instant.
Gros coup de cœur pour “Pale Disease”, qui incarne parfaitement l’ADN du projet : une tension permanente entre des passages ultra-rapides, abrasifs, presque chaotiques, et des moments plus aérés, suspendus, où tout semble flotter. Ce jeu de contrastes résonne comme un fil conducteur tout au long de l’album, renforçant cette sensation d’équilibre fragile entre violence et lâcher-prise.
Par Rebecca Luxea