Bonjour ! Comment vas-tu ?
Andreas : Ça va et toi ?
Ça va super, merci beaucoup, et merci aussi de prendre un peu de temps pour cette interview !
Andreas : Avec plaisir !
On est là pour parler du nouvel opus du groupe, « One Of Us« , qui sort en mai. Le septième du groupe en 17 ans d’existence.
Andreas : Oui ! En réalité, on a commencé en 2005, mais peu de personnes le savent. On avait sorti des démos à cette époque, mais c’était bien avant YouTube ou les plateformes de streaming. Notre premier album est sorti en 2009.
Ça doit toujours être quelque chose de sortir un album ?
Andreas : Oui ! Ça fait depuis peu qu’on peut vivre de la musique. Ma partie préférée est toujours d’écrire des morceaux, et c’est toujours trop cool de voir comment quelque chose que tu as créé se transforme. Mais j’espère que les retours seront bons sur cet album.
C’est tout ce que je vous souhaite en tout cas !
Vous avez une certaine manière de créer de vraies histoires dans vos morceaux, c’est encore plus frappant dans ce nouvel album. Comment est-ce que votre manière d’écrire a changé ou évolué à travers les années ?
Andreas : Quand j’étais jeune, je me demandais toujours comment les artistes faisaient tout ça. J’admirais beaucoup de groupes comme Stained ou The Used, un peu pendant la période emo au final [Rires]. J’ai essayé de faire pareil, et j’ai réussi. Maintenant, ça fait tellement longtemps qu’on travaille sur tout ça avec le groupe. Pour chaque album, tu perfectionnes ta manière d’approcher les titres. C’est toujours un peu compliqué pour moi, parce que je commence toujours les chansons à l’envers. Par exemple, un auteur-compositeur va faire des top line, puis écrire un bon refrain pour s’assurer que les dynamiques sont correctes. Personnellement, je travaille d’abord sur le ressenti, donc ça prend beaucoup de temps. Surtout que j’ai pas mal de règles ou certains mots que je ne peux pas dire. Par exemple, je n’aime pas les rimes continues comme ‘thing‘ et ‘sing‘. Je préfère les rimes défectueuses. Maintenant que je suis plus vieux, je ne parle pas directement de ce dont je veux parler. J’écris autour de l’idée sans traiter cette idée de manière simple. La personne qui écoute peut plus facilement s’identifier ou comprendre les choses dont je parle à sa manière. Plus je vieillis et plus je me complique la tâche. On a une grosse partie des voix qui sont déjà enregistrées, mais je dois mettre des mots dessus. Parfois, ces voix sont tellement bien que je n’arrive pas à les toucher, ou à les faire rimer. Ça peut me donner vraiment du fil à retordre, parfois, ce sont les meilleures paroles que je n’ai jamais écrites.
C’est un vrai processus créatif à part entière.
Andreas : En toute honnêteté, je mets beaucoup trop d’énergie dans tout ça [Rires]. Toutes les personnes qui travaillent avec moi, savent que ce n’est pas tout le temps une partie de plaisir.
Tu es très perfectionniste sur ce sujet.
Andreas : Je veux surtout que ce soit formulé à ma façon. Si je n’ai pas l’espace pour, ou si je ne ressens pas la musique comme je suis censé le faire, je creuse très loin pour trouver les bons mots. Parfois j’ai besoin que mes collègues viennent se poser avec moi pour me donner une idée, parce que j’en ai tellement en tête que c’est compliqué de choisir. C’est très important pour moi, et ça me fait plaisir de savoir que des personnes aiment ma manière d’écrire.
Pour continuer sur votre manière de composer, « One Of Us » a été écrit quand vous étiez en tournée. J’ai lu quelque chose qui m’a frappé : ‘En tournée, on a rencontré beaucoup de personnes perdues et seules, toutes recherchaient à disparaître le temps de quelques heures à un concert de rock’. Je pense qu’on est beaucoup à se retrouver dans ces mots, mais je trouve que c’est une belle manière de montrer votre attachement à votre communauté. Cet album est donc directement dédié à vos fans ?
Andreas : Le morceau « One Of Us« , en tout cas, à été écrit pour toutes les personnes qui viennent à nos concerts. Finalement, ce sont eux qui font un concert pour nous. On a très vite compris ça, et quand on a commencé à écrire sur la foule qui était devant nous presque tous les soirs, on était sur la scène d’un festival. On allait aussi bientôt commencer une tournée, et il y avait beaucoup de dates. On avait besoin d’un morceau pendant lequel la foule pourrait faire un pogo, parce qu’il y en a plein à nos concerts, et on adore ça ! Ce titre est dédié à toutes les personnes qui viennent nous voir sur scène. Mais il aborde aussi d’autres thèmes autour de ça. Quand tu fais une tournée, il y a plein de choses qui se passent autour de cette tournée. Il y a des guerres qui commencent, des problèmes qui se créent ici et là, tandis que toi, tu es dans un tour bus. Tu enchaînes les concerts, tu fais des kilomètres et des kilomètres, tu décharges, tu montes, tu chantes, tu démontes et tu retournes dans le tour bus. Ça fait un petit moment que je suis chez moi, je regarde les informations tous les jours, il y a un contraste. Toutes ces idées ont été prises sur la route, et on les a perfectionnées une fois de retour chez nous.
Dans « Don’t B E L O N G« , on ressent vraiment cet élan de motivation pour aider les personnes qui sont bloquées à un certain moment dans leur vie. Le passage où tu chantes ‘Destroy the old you before it destroys you’ est aussi poignant que l’instrumental. D’autant plus que le jeu de mots entre ‘Don’t belong’ et ‘Don’t be long’ est très fort aussi.
Andreas : Je parle énormément de mes sentiments, surtout en live. Je ne dirais pas que je suis le plus fun, notre bassiste l’est, parfois il est sur scène avec un gros chapeau rose [Rires]. Il sait faire le show, tandis que je préfère être un peu plus sérieux, ce qui créé une bonne dynamique. Je parle beaucoup de la santé mentale des hommes, notamment de ceux qui viennent nous voir, et c’est l’un des thèmes de ce morceau. Ça parle aussi de ma propre santé mentale, je suis sobre depuis plusieurs années, et j’ai connu beaucoup de moments très difficiles, et j’ai demandé de l’aide pour guérir. J’ai de la chance d’être très bien entouré au quotidien, et maintenant je vais mieux. Mais je veux continuer de parler de ça et de ce que je ressens. Toutes les chansons n’ont pas besoin d’être heavy pour te donner l’impression que tu es le plus fort. J’ai mis tout mon cœur dans ce morceau.
C’est aussi un sujet très important. Je trouve qu’ici, en France, la santé mentale des hommes n’est pas un sujet qui est beaucoup évoqué, alors que c’est tout aussi important que n’importe quel autre sujet. J’en parle assez souvent avec mon copain, et quand bien même on parle souvent de santé mentale, ce qui est très bien, on ne met pas automatiquement les hommes sur le devant, alors que tout le monde peut en souffrir. Est-ce qu’écrire dessus te permet aussi de montrer à tous ces hommes qu’il faut en parler dès que ça ne va pas, tout comme leur montrer qu’ils ne sont pas seuls ?
Andreas : En quelque sorte. J’écris beaucoup sur ce sujet pour ma propre santé mentale, notamment pour formuler certaines choses que j’ai pu vivre. Ça fait tellement longtemps qu’on fait des concerts un peu partout, et parfois les hommes les plus costauds ont besoin d’avoir un homme comme moi, costaud avec des gros tatouages, pour dire que tout va bien. C’est très important pour moi, et je ne m’arrêterai jamais de le faire. Les femmes sont beaucoup plus fortes que nous quand on parle de ce sujet. Elles arrivent à en parler, et à trouver de l’aide. Tandis que pour nous, on le fait de manière différente, peut-être que c’est dû à cause d’un aspect culturel. La plupart des hommes avec qui j’ai échangé sur ça m’ont dit que ça leur faisait du bien d’avoir enfin un homme qui en parle. À beaucoup de concerts, j’ai vu tellement de gars, costauds, transpirants, me faire un câlin pour me dire merci. C’est tellement gratifiant, et quand les jours ne sont pas simples, ça me motive à continuer de faire ce que je fais.
Pour continuer sur ce thème de raconter de vraies histoires en l’espace de quelques minutes, je me devais de parler de « The Wedding« , et surtout de son clip. Je le trouve très bien réalisé et je me demandais comment s’est déroulé le tournage ?
Andreas : C’est mon morceau, je l’adore. Il y a environ un an, on était en Espagne dans un atelier d’écriture avec le groupe et notre producteur. Nos familles nous ont rejoints, et notre batteur s’est marié à ce moment-là. Le soir même du mariage, je leur ai dit qu’on devait écrire un morceau sur le thème du mariage, parce qu’on ne l’avait jamais fait encore. Je suis fanatique des dystopies.
Ce genre est tellement incroyable !
Andreas : Exactement, c’est le meilleur ! Donc je me suis dit, et si on faisait une version dystopique d’un mariage. Si je ne travaillais pas dans la musique, j’aurais été un écrivain de nouvelles. J’adore créer des histoires à partir de choses que j’ai. C’est ma préférée de l’album.
Je te rejoins dessus, elle est géniale ! Tous les morceaux de l’album ont leur propre identité, et ils se suivent d’une certaine manière. J’aime beaucoup l’élaboration de l’album, mais « The Wedding » est vraiment bien !
Andreas : On a réussi à créer l’instrumental assez rapidement. Ça m’a quand même pris un bout de temps pour bien écrire les paroles. Les couplets sont faits de manière assez étrange, surtout au niveau des rimes. Mais c’était incroyable de travailler dessus, et ce sont mes paroles préférées de l’album, même si les construire m’a pris beaucoup de temps.
Est-ce que c’était le morceau le plus difficile à composer ?
Andreas : C’était différent pour cet album, parce que c’est le premier où on ne produit pas un morceau à la fois. On a écrit l’entièreté de l’album avant de l’enregistrer. Les deadlines sont toujours ce qui est le plus compliqué à gérer. Avant, ça l’était encore plus comme on travaillait morceau par morceau, et on voulait vraiment tout mettre dedans avant de pouvoir passer à un autre. Il m’arrive parfois de faire une fixette sur un morceau, et je peux y passer tout mon temps. Je dirais que les chansons les plus simples sont les plus compliquées à écrire. Il y a quelques années, j’ai écrit ‘‘Hayley’s Lullaby’’ pour ma fille, qui figure dans un de nos précédents albums. Ça a été probablement la plus compliquée à écrire parce que je chantais sur quelque chose qui était dans la pièce. Mais chaque titre est complexe.
Il y a un vrai travail derrière la couverture de l’album, notamment avec ce singe. On a l’impression qu’il va participer à une manifestation. J’ai surtout remarqué que c’étaient les mêmes couleurs que dans votre précédent opus. Est-ce que c’était fait exprès ?
Andreas : Complètement ! Notre batteur Eric est le meilleur pour tout ce qui touche aux visuels. Il peut imaginer ce à quoi quelque chose peut ressembler bien avant de le faire ou de le voir. Il crée tout ce qu’il peut voir. Ce rose pétant, c’est notre identité à nous. Pendant nos concerts, on a même des confettis roses.
Ça fait aussi écho aux paroles dans « One Of Us » : ‘Middle fingers up, feed the fire/Gasoline’.
Andreas : Tu veux dire, est-ce que j’ai utilisé le titre d’un ancien morceau dans ces paroles-là ?
Oui exactement, c’est ‘‘Fight Fire With Gasoline’’.
Andreas : Oui carrément ! J’essaye toujours de faire quelque chose comme ça dans chacun des albums pour qu’ils soient tous connectés. Dans notre premier album, en 2009, j’ai écrit un titre en lien avec la mort de mon frère, qui remonte à très longtemps. Ça fait partie de ma vie, donc j’essaye de continuer sur des thèmes comme celui-ci, qui résonnent toujours en moi. Il y a beaucoup de références à nos anciens albums dans ‘‘One Of Us’’, c’est aussi comme ça que j’écris les paroles. Je pense toujours à comment les paroles peuvent m’être utiles plus tard, mais aussi, je sais que nos super fans trouveront ces clins d’œil.
Donc, quand tu écris les morceaux, tu penses toujours un peu à leur utilisation sur le moment même pour un projet, tout en ayant la vision du futur ? Tu arrives à avoir cette prise de recul pour trouver ces connexions ?
Andreas : C’est ce que j’essaye de faire à présent. Mais je ne pense pas tant que ça à l’après, mais plutôt à ce que je veux dire pour me libérer d’un poids sur les épaules. Par exemple, ‘‘Intoxicated Haze’’ parle des addictions, et ça m’a bien pourri la vie [Rires]. Je parle notamment de l’alcoolisme, je l’ai écrite quand j’étais en réhab. Je ne savais pas encore comment j’allais toucher les gens avec ce morceau. Quand je parlais de ces gars qui me faisaient des câlins pour me remercier après les concerts, c’est par le biais de ce genre de morceaux. Parfois, quand je lis les commentaires sous certains de nos titres sur YouTube, il y a des personnes qui racontent des histoires très personnelles en commentaires qui font écho à tout ça. D’autres morceaux sont plus abstraits on va dire, et il est plus simple pour les gens de faire leur propre interprétation. Mais les chansons comme ‘‘Intoxicated Haze’’ sont très spécifiques.
C’est peut-être un de mes morceaux préférés du groupe. On ressent la puissance et la force que tu mets dans les chansons, et elles sont toujours très poignantes.
Andreas : Merci !
On ressent diverses inspirations quand on écoute ses morceaux. « One Of Us », celui qui démarre l’album, m’a fait penser à Electric Callboy, avec qui d’ailleurs vous avez fait une tournée. Plus largement, j’ai ressenti des sonorités similaires du I Prevail ou du While She Sleeps. Est-ce que certains groupes vous ont inspiré ?
Andreas : On a tous différentes inspirations. Electric Callboy est évidemment génial, et notre bassiste les adore, surtout ce style de musique. Donc oui, ce n’est pas un si grand choc s’il y a des sonorités similaires. Notre guitariste est plus fan de la scène metal et metalcore. Personnellement, je n’écoute pas vraiment de musique. J’ai tellement travaillé sur des morceaux que j’ai besoin de calme. J’écoute plus des podcasts, ou des personnes âgées à la radio [Rires].
C’est une source d’inspiration comme une autre !
Andreas : Oui ! Après j’ai une playlist avec une trentaine de mes morceaux rock préférés, une autre qui n’est pas du rock, et une dernière qui est plus chill. Si je les écoute trop je vais me lasser, et je ne veux pas que ça arrive. Je préfère écouter les playlists de mes enfants.
En écoutant aussi vos précédents albums, je trouve que ce nouvel opus frappe un peu plus fort, et je le trouve plus homogène. On comprend directement votre style et votre identité peut-être plus rock alternatif et moderne metal si je peux dire ça comme ça. Je me demandais comment vous travailliez sur la composition des titres en tant que groupe ?
Andreas : On ne sait pas vraiment nous-mêmes [Rires]. Pour cet album, les onze morceaux qui sont dessus sont les chansons sur lesquelles on s’est mis d’accord pour les rassembler. Par exemple, j’ai peut-être ajouté un côté plus pop si je peux dire. J’ai un style très particulier quand j’écris. Comme je disais, on a tous nos propres affinités musicales au sein du groupe, notre batteur est très rock. Notre producteur, qui fait partie du groupe, a tout mis à part nous accompagner en tournée. Il est plus autour de la J-Pop, et a une très bonne manière de travailler sur les morceaux. On n’a pas de plan, on discute beaucoup et on essaye que chacun d’entre nous ait son morceau. Depuis qu’on fait de la musique à temps plein, il y a bien plus que simplement écrire et composer des morceaux, puis les jouer sur scène. Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Comme j’ai dit, notre batteur est fort pour les visuels, mais c’est aussi un très bon entrepreneur. Il fait en sorte qu’on soit toujours structuré et organisé. Tout le monde l’aime en tant que personne, et beaucoup de personnes travaillent avec lui aussi. D’un autre côté, notre guitariste et moi, on passe beaucoup de temps avec notre producteur. Tout le monde contribue toujours au moins à un morceau, même si c’est un changement de dernière minute. Ou même si on se dispute toujours un moment ou un autre [Rires]. Ce n’est pas si négatif parce que ça fait partie de qui nous sommes. Si l’un d’entre nous avait le monopole, ce ne serait pas Self Deception.
Vous avez une belle liste de festivals dans toute l’Europe cette année, et vous devez avoir hâte de jouer toutes ces nouvelles chansons sur scène ! Comme ces morceaux ont été conçus pour être joués en live, comment est-ce que vous travaillez sur votre scénographie ?
Andreas : On est en train de travailler dessus actuellement. Que ce soient les lumières, les visuels ou la structure du concert, comme les petits moments de prises de paroles entre les morceaux. Tout doit être lié. Beaucoup de nos idées se font au fur et à mesure, on sait comment jouer avec les lumières ou les transitions, mais c’est plus comment on fait la symbiose de tout ça. Avant même la fin de la tournée, on peut le faire dans notre sommeil. On cherche aussi à faire quelque chose de nouveau et d’extra.
Avez-vous déjà trouvé cette nouveauté ?
Andreas : Oui, mais je ne peux pas en parler [Rires].
Je m’en doute !
Andreas : On travaille surtout sur les visuels, et le rendre plus cool.
Un dernier mot pour la fin ?
Andreas : J’espère que cet album marchera aussi bien que les précédents. Et s’il y a des accros aux rimes ou des auteurs-compositeurs, allez écouter ça, et faites-moi un retour !
De très belles paroles ! Encore merci à toi d’avoir pris ce temps et bravo pour ce nouvel album !
Andreas : Merci beaucoup, c’était avec plaisir.
Merci et à bientôt !
Andreas : À bientôt !
‘‘One OF Us’’, morceau éponyme, ouvre l’album de manière électrique. Un rythme puissant et rapide qui nous entraîne et ne nous lâche pas une seconde. Les refrains sont toujours marquants à leur manière, et l’air reste facilement en tête. ‘‘DON’T B E L O N G’’ a un côté émotionnel, qui révèle le pouvoir du groupe à nous emporter où il le souhaite. Cette touche de douceur est de courte durée, car les gros riffs reprennent de plus belle dans ‘‘DEATH OF ME’’. ‘‘BREAK’’ est surprenant : différents tempos s’enchaînent, et pourtant tout entre en symbiose parfaitement. Pendant toute l’écoute, on a l’impression d’être pris dans un circle pit qui n’en finit jamais, et dans le bon sens. C’est d’autant plus frappant sur ‘‘BLAME’’.
En clair, SELF DECEPTION prouve à ses fans qu’ils ont tous et toutes leur place au sein de leur communauté, et que leurs concerts sont le meilleur remède contre tous les maux.
Album : One Of Us
Date de sortie : 15 mai 2026
Label : Napalm Records
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